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Les mots de l’agriurbanisme – Mode d’emploi

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Le glossaire «les mots de l’agriurbanisme» est réalisé dans le cadre des travaux menés au sein du collectif «Formes agricoles et formes urbaines» animé par Terres en Villes.

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© Roland Vidal 2016

Commentaires et mode d’emploi –  Accès direct à la bibliographie

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A

Agriculteur : Défini comme « personne pratiquant une des activités de l’agriculture » (Robert), l’agriculteur peut prendre des formes aussi diversifiées que l’agriculture  elle-même. Pour autant, la profession telle qu’elle est définie par l’INSEE correspond à un statut social permettant de bénéficier de services spécifiques en termes de protection sociale, d’accès à des prêts bancaires, ou même de droits à construire puisque l’exploitation agricole dépend du code rural et non du code de l’urbanisme. En cas de  diversification  ou de  pluriactivité, l’agriculteur est tenu de garantir que son activité première reste bien l’agriculture, à défaut de quoi il risque de perdre son statut et les avantages qui y sont associés. C’est dans ce cadre réglementaire, qui s’exprime selon les cas en surface exploitée, en heures de travail ou en part de chiffre d’affaire, que doivent s’envisager les possibilités de diversifications en milieu périurbain.
Voir Code rural et de la pêche maritime, 2012 (consultable sur legifrance.gouv.fr)

Agriculture : Définie d’abord comme la « culture du sol » à des fins alimentaires, l’agriculture inclut également l’élevage, à des fins alimentaires ou non, ainsi que des productions végétales à destination industrielle, notamment textiles ou énergétiques. Le sens du mot peut aussi être compris d’une façon beaucoup plus large comme le « processus par lequel les hommes aménagent leurs écosystèmes pour satisfaire les besoins de leurs sociétés » (Marc Dufumier), et inclure ainsi la foresterie, l’aquaculture ou même les espaces verts.
Du point de vue qui intéresse sa relation à la ville, l’agriculture gagne à être définie comme une activité économique pratiquée par une profession spécifique, celle de l’agriculteur, et se distinguer ainsi du  jardinage  ou de l’agriculture de plaisance, activités qui peuvent être proches dans leur forme mais restent éloignées d’un point de vue socio-économique.
Lorsqu’on parle d’agriculture urbaine  et que l’on s’intéresse au rôle que celle-ci peut jouer dans les projets de territoires à l’échelle des régions urbaines, il importe de distinguer ces différents sens que peut revêtir le mot agriculture afin de bien en identifier les acteurs, leurs stratégies, et les conditions dans lesquelles doivent être pensés les partenariats entre monde urbain et monde rural.

Agriculture biologique : Système de culture  caractérisé par le refus d’emploi des intrants de synthèse (engrais et pesticides) et des OGM (Fleury, 2002). Egalement appelée, selon les pays, agriculture « organique » ou « écologique », l’agriculture biologique fait l’objet d’une labellisation en France depuis 1985 (label AB). L’Union Européenne décerne également un  label  depuis 2009 dans l’objectif, comme pour les  appellations d’origine protégées, d’harmoniser les réglementations. Considérant que les cahiers des charges correspondant ne sont pas assez exigeants (notamment celui du label européen, plus souple que celui du label français) certains organismes privés décernent leurs propres labels (Demeter,  Nature et Progrès,  Bio-Cohérence).
Au-delà du simple respect d’un cahier des charges et d’un label principalement destiné à orienter les consommateurs, les tenants de l’agriculture biologique mettent en avant son rôle dans la préservation de l’environnement, la santé humaine, et la durabilité de la production agricole. Ses détracteurs contestent son efficacité notamment du fait de ses faibles rendements qui nécessitent, pour une production égale, une surface agricole plus importante : selon les résultats publiés par FranceAgriMer, le rendement moyen du blé biologique en France a été, en 2010, de 32 quintaux/ha contre 71 pour l’ensemble de la production française (FranceAgriMer, 2011,  FranceAgriMer-Arvalis, 2010). Du point de vue de l’efficience énergétique (rapport entre calories produites et énergie totale dépensée, intrants compris), l’étude Ecophyto montre que l’agriculture biologique n’est pas plus efficace que l’agriculture conventionnelle, et bien moins que l’agriculture intégrée  (Ecophyto, 2010). Mais ce qui est valable pour la culture du blé en France ne l’est pas nécessairement pour toutes les cultures ni pour tous les pays, comme le montre, par exemple, une étude américaine rapportée par la  FNAB  (2011). D’une manière générale, il est difficile de s’y retrouver dans la profusion d’informations qui circulent sur le sujet et où les prises de position partisanes (dans un sens comme dans l’autre) sont bien plus nombreuses que les postures scientifiques objectives. On retiendra la récente méta-analyse publiée en 2012 par la revue  Nature, selon laquelle la productivité mondiale du blé biologique ne serait que de 34% inférieure à celle de l’agriculture conventionnelle (Gilbert, 2012). C’est à peu près le même écart qui différencie, en France, le maïs bio du maïs conventionnel (FranceAgriMer,  2010  et  2011b). Par ailleurs, et même si leur rôle dans l’alimentation mondiale est moindre, l’agriculture biologique peut donner de très bons résultats dans d’autres formes de productions que les céréales (légumineuses et cultures fourragères notamment).
L
a question qui reste posée est de savoir quelle place devra occuper l’agriculture biologique dans la réponse aux besoins alimentaires mondiaux, dont la  FAO  estime qu’ils augmenteront d’au moins 70% dans les trente années à venir : 5% de la  SAU, comme en France aujourd’hui (c’est-à-dire un peu plus que la moyenne mondiale), 20%, comme le préconise le Grenelle de l’Environnement, ou 100% comme le suggèrent certains auteurs (Dufumier, 2012 ;  Caplat, 2012) ?.
Pour la  FAO, et contrairement à une rumeur qui circule largement dans la presse et sur Internet (voir par exemple  Moricourt 2007  sur  Rue89), si l’agriculture biologique est susceptible d’améliorer la productivité de certains pays sans rendre les agriculteurs dépendants du marché mondial des intrants, son potentiel « n’est pas suffisant, loin s’en faut, pour nourrir le monde » (FAO, 2007). Un des paramètres importants, pour que le « tout bio » devienne possible et donc accessible à tous, serait l’évolution des pratiques alimentaires. En l’état actuel de la demande mondiale, la part croissante des produits d’origine animale dans la consommation nécessite une productivité accrue peu compatible avec les limites que se donne l’agriculture biologique (Attrup, 2010). L’humanité saura-t-elle inverser la tendance, ou le bio ne sera-t-il qu’un prétexte pour un paysage de luxe et un mode alimentaire réservé à ceux qui ont les moyens de le produire… ou de l’importer ? (à propos du marché mondial du bio, lire l’article de Philippe Baqué).
Du point de vue des pratiques agricoles, et surtout des agriculteurs qui sont nombreux à juxtaposer plusieurs systèmes de culture, les oppositions sont beaucoup moins tranchées que ce que laissent entendre les prises de positions partisanes émanant principalement du monde citadin. Il en est de même du côté de la recherche agronomique pour laquelle les techniques modernes qui ont permis à l’agriculture biologique de progresser sont applicables à tous les  systèmes de culture, et notamment à ceux que l’on qualifie de « raisonnés », « intégrés » ou « écologiquement intensifs » (Griffon, 2006). Ce qui est certain, c’est que la question des relations entre agriculture et environnement doit d’abord être prise en charge par les agriculteurs eux-mêmes (Griffon, 2007) et qu’elle doit être traitée en prenant en compte les différences importantes qui font la diversité des agricultures du monde (Mazoyer, Roudart, 2002;  Griffon, 2003).
Pour en savoir plus, lire l’ouvrage des éditions Quae :  Le tout bio est-il possible?.

Agriculture de conservation : Forme d’agriculture durable, souvent considérée comme synonyme d’agriculture écologiquement intensive (par exemple sur Wikipédia), l’agriculture de conservation se donne pour principal objectif la préservation de la fertilité des sols en limitant au minimum le travail du sol. La culture sans labour est ainsi largement préconisée en AC, ce qui la différencie de l’agriculture biologique (Fleury et al., 2011). Pour ce faire, et pour assurer une couverture permanente du sol sans risquer une prolifération des mauvaises herbes, l’AC s’autorise un emploi contrôlé d’herbicides ainsi que les plantes génétiquement modifiées. L’objectif est de maintenir une agriculture productive tout en limitant l’érosion des sols, de préserver au mieux la matière organique, et d’améliorer la biodiversité en favorisant, notamment, le développement des vers de terre (Jossi et al., 2011).
Portail de l’agriculture de conservation 

Agriculture de plaisance : Expression souvent retenue pour traduire l’anglais « hobby farming » désignant une agriculture pratiquée comme un loisir et non dans l’objectif d’une production économique. L’expression a été construite par analogie avec la navigation de plaisance, ainsi désignée par oppositions à la pêche ou à la navigation commerciale. L’agriculture de plaisance n’exclut pour autant pas la production de denrées alimentaires. Celle-ci peut en partie compenser les frais engagés, mais ne constitue jamais le revenu principal de celui qui la pratique.
On peut aussi parler d’agriculture de loisir ou d’agriculture d’agrément.

Agriculture de précision : Mode de production agricole utilisant les technologies modernes pour moduler les apports d’intrant et le travail du sol en tenant compte de l’état physiologique des cultures et surtout de l’hétérogénéité des parcelles (INRA, 1999). L’agriculture de précision s’appuie sur la télédétection satellitaire (GPS), l’informatisation des engins agricoles et la précision des outils utilisés (de l’ordre du centimètre). La mise en œuvre de ces nouvelles technologies est à la fois économique, puisqu’elles optimisent les interventions, et écologique, puisqu’elles permettent d’éviter les surdosages de pesticides ou d’engrais.
L
’agriculture de précision peut être appliquée à tous les systèmes de culture, mais l’investissement nécessaire en matériel et en acquisition de compétences la réserve le plus souvent aux exploitations de grande dimension.

Agriculture durable : Expression désignant « un mode de production agricole économiquement viable, socialement équitable, et qui ne nuit ni à l’environnement ni à la santé » (Ministère de l’écologie). En fait, l’agriculture durable est l’application à l’agriculture des principes du développement durable. Le réseau « Agriculture durable » rassemble aujourd’hui 3000 agriculteurs, bio ou non-bio, qui partagent leurs expériences et proposent des mesures agri-environnementales concrètes.
Voir le site du Réseau Agriculture Durable.

Agriculture écologiquement intensive : Expression proposée par Michel Griffon pour « évoquer la nécessité, pour le futur, que l’agriculture française, comme d’autres agricultures à l’échelle mondiale, soit capable de faire face aux importants besoins productifs qui se profilent, et soit compatible avec la santé humaine et celle des écosystèmes » (AEI, 2009). L’agriculture écologiquement intensive concerne autant les agricultures hautement productives des pays développés que les agricultures familiales des pays pauvres. Elle s’inspire à la fois des agricultures dites intégrée, de conservationraisonnée ou de précision, et de l’agroforesterie ou de l’agriculture biologique, mais sans refuser l’utilisation « subsidiaire et en cas de nécessité » des intrants de synthèse. Elle prône aussi un débat dépassionné sur les OGM afin de permettre une recherche scientifique objective qui permettrait de cerner le rôle qu’ils pourront jouer dans une agriculture durable indépendante des intérêts des firmes privées (Griffon, 2008).
Site de l’Association pour une agriculture écologiquement intensive.

Agriculture forestière : Système de production temporaire alternant une ou deux années de culture et une friche de longue durée permettant le renouvellement de la fertilité (Mazoyer, Roudart, 2002). Le principe de ce système, qui fut l’une des toutes premières formes de l’agriculture au Néolithique, est d’utiliser la capacité des arbres à puiser dans la roche mère les éléments minéraux exportés par les cultures et de reconstituer ainsi la fertilité des sols. La période de friche qui alterne avec les cultures peut durer de 10 à 50 ans et ne doit pas être considérée comme un abandon mais comme une période de régénération en grande partie contrôlée par les agriculteurs. À l’issue de cette période, la végétation est abattue et brûlée (abattis-brûlis / slash and burn) ou compostée sur place (abattis-compost / slash and mulch). L’agriculture forestière est encore pratiquée dans certaines régions tropicales du monde (Amazonie, Indonésie, Nouvelle-Guinée…) où elle sert de refuge à un patrimoine génétique irremplaçable (Bahuchet, 1999). En milieu tempéré, elle a été remplacée dès l’Antiquité par la jachère, qui en est une sorte d’amélioration.
L
e principe fertilisant de l’agriculture forestière est repris aujourd’hui sous la forme moderne de l’agroforesterie.

Agriculture intégrée : Système de production associant des techniques proches de celles de l’agriculture biologique à un recours minimal aux traitements phytosanitaires et aux intrants de synthèse, dans l’objectif de combiner au mieux productivité agricole et protection de l’environnement. A l’inverse de l’agriculture biologique, l’agriculture intégrée ne donne lieu à aucun label et les denrées produites ne sont pas différenciées sur les marchés.
Le terme « intégré » est emprunté à l’expression « lutte intégrée » ou « protection intégrée » (Lucas, 2007), qui désigne un mode de contrôle phytosanitaire privilégiant la lutte biologique et n’utilisant les traitements chimiques qu’en dernier recours. C’est un peu le même principe qui est appliqué en agriculture intégrée, mais pour tous les aspects de la production agricole.
Les expériences conduites par l’INRA depuis 1998 ont démontré la meilleure efficacité de ce type d’agriculture du point de vue de la durabilité économique et environnementale, et surtout de l’efficience énergétique, par rapport aux autres systèmes de culture (Ecophyto, 2010). La baisse de productivité, par rapport à l’agriculture conventionnelle, est inférieure à 10% et se trouve compensée par l’économie faite sur les intrants. Les denrées produites sont ainsi concurrentielles sans avoir recours à un marché préférentiel. L’agriculture intégrée apparaît donc, pour l’INRA, comme une solution applicable à l’ensemble de l’agriculture française, aux côtés de l’agriculture biologique, pour atteindre l’objectif de réduction de 50% de la consommation de pesticides (Vert, 2010).
Voir « Agriculture intégrée » sur le site Campagnes et Environnement. 

Agriculture périurbaine : Agriculture située géographiquement en périphérie d’une ville. Sa définition exacte dépend essentiellement du sens que l’on donne au mot « périurbain ». Ce dernier, selon les définitions de l’INSEE, représenterait aujourd’hui une surface telle qu’elle concernerait environ le tiers de l’agriculture française et 44% des exploitations (Gilles, 2002). Les principales contraintes que rencontre l’agriculture en situation périurbaine sont la pression foncière et les risques de fragmentation et d’enclavement. En contrepartie, de plus en plus de collectivités soucieuses de maîtriser l’étalement urbain tentent de préserver leur agriculture en favorisant les initiatives visant à rapprocher le monde citadin du monde agricole (Trocherie, 2003).
Voir agriculture urbaine.

Agriculture raisonnée : Système de culture spécifiquement français réglementé par un cahier des charges et visant à réduire l’impact de l’agriculture sur l’environnement, à maîtriser les risques sanitaires et à garantir le bien-être animal. Contrairement à l’agriculture biologique, l’agriculture raisonnée n’est pas placée sous le contrôle de l’INAQ (ex-INAO) mais directement sous celui des Ministères de l’agriculture et de l’environnement (décret du 25 avril 2002) qui en confient le contrôle à des organismes certificateurs. Sa promotion est assurée par le Forum de l’Agriculture Raisonnée Respectueuse de l’Environnement (FARRE).
L’agriculture raisonnée a été reconnue au niveau 2 (voir certification progressive en trois niveaux) par la Commission nationale de la certification environnementale (CNCE). Elle préconise un usage modéré des pesticides et surtout un contrôle plus strict des rejets dans les nappes phréatiques, sans nuire à la productivité des exploitations.
Deux formes de critiques sont ordinairement adressées à l’agriculture raisonnée :
– Par les écologistes, qui lui reprochent de ne pas remettre en cause le productivisme de l’agriculture conventionnelle (en autorisant les OGM, notamment), et qui reproche au FARRE de compter plusieurs fabricants de pesticides parmi ses membres.
– Par les chercheurs en agronomie, et notamment ceux de l’INRA, qui préfèrent axer leurs recherches sur l’agriculture intégrée, concept mondialement reconnu (integrated farming).
Par ailleurs, le cahier des charges de l’agriculture raisonnée, outre qu’il reprend bon nombre de règles qui sont imposées par la loi à tous les agriculteurs, ne comporte pas d’indications précises permettant aux agriculteurs d’orienter leur système de production vers des pratiques plus durables (en agissant par exemple sur la rotation des cultures), ce que préconisent les itinéraires de l’agriculture intégrée élaborés par l’INRA.

Agriculture urbaine : Traduite de l’anglais urban agriculture, l’expression désigne toute pratique agricole se déroulant en milieu urbain ou dans sa proche périphérie. Elle a d’abord désigné une pratique consistant à utiliser les espaces interstitiels de la ville à des fins d’autoconsommation alimentaire dans les pays pauvres. Dans ce cas, son rôle économique revêt une importance de plus en plus grande du fait que la population mondiale est de plus en plus citadine et, pour la FAO, elle représente une composante majeure de la lutte contre la faim dans le monde. La même préoccupation de sécurité alimentaire se retrouve dans certaines villes du nord, notamment américaines, où, cette fois, le rôle de l’agriculture urbaine tient beaucoup plus de la lutte contre la malnutrition (apport de produits frais).
Dans les pays développés, où la part moyenne de l’alimentation dans le budget des ménages est inférieure à 15 % (alimentation à domicile, hors boissons et tabac, Consales, 2009), la même pratique de l’agriculture en ville remplit souvent d’autres fonctions, qui peuvent être sociales (lieux de convivialité), naturalistes (participation à la biodiversité) ou militantes (constitution de systèmes alimentaires alternatifs). Il serait sans doute plus juste de parler ici de jardinage urbain (voir «jardins communautaires»).
Une autre forme d’agriculture, professionnelle cette fois, peut aussi être qualifiée d’urbaine du fait qu’elle entretient des relations spécifiques avec la ville (Fleury, Donadieu, 1997). Elle se différencie de l’agriculture périurbaine, définie ainsi de par sa simple position géographique. L’agriculture urbaine se caractérise alors par les stratégies des exploitants agricoles qui cherchent à compenser les contraintes imposées par la proximité urbaine en développant, a contrario, une diversification de leur activité tirant profit de cette proximité.

Agriculture vivrière : Agriculture destinée à l’autoconsommation et permettant l’autosuffisance alimentaire. Encore répandue dans les pays pauvres d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Sud, cette forme d’agriculture a longtemps été dominante à travers le monde, avant d’être remplacée par l’agriculture commerciale. Cette dernière se caractérise par une productivité plus élevée qui permet à l’agriculteur de vendre ses récoltes sur le marché agro-alimentaire, d’investir dans du matériel plus performant et de nourrir ainsi une population plus nombreuse. Peu efficace, et surtout peu concurrentielle dans un marché de plus en plus globalisé, l’agriculture vivrière a été marginalisée par la plupart des politiques publiques privilégiant les « révolutions vertes ». Mais la modernisation généralisée de l’agriculture mondiale ayant entraîné une baisse considérable de l’agro-biodiversité, des organismes comme la FAO ou le CRDI préconisent la protection des formes d’agricultures vivrières qui subsistent encore aujourd’hui, et qui représentent toujours 20% de l’alimentation mondiale, afin de préserver le potentiel génétique et le patrimoine culturel qu’elles représentent.
Voir l’article du CRDI

Agritourisme, agrotourisme : La définition générale que l’on peut donner de l’agritourisme, « pratique touristique ou de loisir effectuée en milieu agricole », ne rend pas compte de la diversité des pratiques que peut recouvrir le mot ni, d’ailleurs, de la diversité des définitions qui lui sont attribuées selon les pays (Marcotte et al., 2006). Celui-ci peut en effet désigner le fait de résider quelques jours dans un gîte rural, de se déplacer dans une ferme pour y cueillir ou y acheter des denrées produites localement, de pratiquer une activité sportive à la campagne (équitation) ou une activité de découverte (de la nature notamment). Malgré l’emploi de plus en plus courant qui est fait du terme « agritourisme », il serait plus juste dans bien des cas de parler de tourisme rural ou de tourisme à la ferme. L’agritourisme pourrait alors être défini comme activité culturelle dont la finalité première serait de découvrir le monde agricole, suivant le même principe que le tourisme industriel, ou que le pescatourisme développé depuis 2010 sur le Bassin d’Arcachon.
En milieu périurbain, où la demande est potentiellement forte, on pourrait espérer qu’un développement de ce type de tourisme contribuerait à renouer les liens entre le monde citadin et le monde agricole, ce que ne font pas toujours les activités de loisirs souvent proposées sur des « fermes » dont la forme est assez éloignée de la réalité agro-économique contemporaine.

Agroforesterie : Système de production « associant au sein d’une même parcelle, une production agricole animale et/ou végétale avec un peuplement d’arbres d’espèces forestières à faible densité » (Minagri, 2010). L’intérêt de l’agroforesterie peut être présenté sous un triple aspect, agronomique, environnemental et paysager.
D’un point de vue agronomique, la présence des arbres permet de puiser les ressources minérales dans les couches profondes du sous-sol et de les restituer, directement, par l’intermédiaire de la décomposition du feuillage ou des racines, ou indirectement, par la production et la réintroduction dans le sol de bois raméal fragmenté. En ce sens, elle est une forme moderne de l’agriculture forestière. L’agroforesterie constitue l’une des pistes principales pour compenser la raréfaction prévisible des engrais minéraux et pour protéger les sols agricoles de l’érosion. Elle constitue un élément-clé de l’agriculture durable, et notamment de l’agriculture de conservation (Van Lerberghe, 2012).
D’un point de vue environnemental, l’agroforesterie permet d’améliorer la biodiversité en enrichissant la diversité des habitats, notamment lorsqu’elle est associée à des itinéraires intégrés favorisant les auxiliaires de culture, ce qui a par ailleurs pour effet de permettre une importante réduction de l’usage des pesticides (Canet, Labant, 2009). Elle permet aussi d’améliorer la gestion de l’eau que les arbres puisent dans les réserves profondes du sous-sol pour la restituer dans les couches superficielles. Certains auteurs parlent de « bio-irrigation », d’autres d’« ascenseur hydraulique » (Dupraz, 2009).
D’un point de vue paysager, enfin, les techniques modernes de l’agroforesterie permettent d’imaginer une agriculture qui associerait une bonne productivité alimentaire (et énergétique) à une réponse aux attentes sociétales en matière de paysage. Sous réserve qu’une bonne information du public lui apprenne à distinguer construction des paysages agricoles de demain et nostalgie du bocage, cette réponse pourrait contribuer à dynamiser un agritourisme durable. 
Site de l’Association française d’agroforesterie
Site du World Agroforestry Centre

AOC (appellation d’origine contrôlée) : Label apparu en France dans les années 1920 et destiné à garantir l’origine géographique d’un vin, puis d’autres produits alimentaires (fromages, fruits, etc.). L’AOC est délivrée en France sous le contrôle d’un organisme dépendant du Ministère de l’agriculture, l’INAO  Institut national des appellations d’origine, devenue INAQ). Elle garantit le territoire d’origine du produit, c’est-à-dire le terroir, et aussi les conditions de sa fabrication. La dénomination « AOC » a été adoptée par d’autres pays, comme la Suisse (contrôlée par l’Association des AOC-IGP) ou le Maroc. Des dénominations équivalentes ont été développées dans de nombreux autres pays, comme l’Italie (DOC = Denominazione di origine controllata) ou l’Espagne (DO = Denominación de Origen). Toutes ces dénominations sont harmonisées en Europe sous le sigle «AOP».

AOP (appellation d’origine protégée) : « Désigne la dénomination d’un produit dont la production, la transformation et l’élaboration doivent avoir lieu dans une aire géographique déterminée avec un savoir-faire reconnu et constaté » (définition de la Commission européenne). Cette appellation a été mise en place en 1992 afin d’harmoniser les diverses appellations nationales existant préalablement en Europe (voir AOC). L’AOP implique généralement que les produits labellisés soient issus de cultures ou d’élevage pratiqués dans le terroir correspondant, mais ce n’est pas nécessairement le cas ; l’appellation Roquefort, par exemple, indique simplement que le fromage a été affiné dans les grottes de Roquefort, le lait pouvant provenir d’autres régions (de Corse notamment).

Assolement : Répartition spatiale des cultures au sein d’une exploitation pendant une saison culturale donnée. Bien que l’expression apparaisse impropre, on parle souvent d’assolement biennal ou triennal, alors que la répartition dans le temps relève de la succession culturale et non de l’assolement à proprement parler. Cette confusion des termes traduit une réalité qui a longtemps eu cours dans les territoires céréaliers où les successions étaient toujours les mêmes (voir rotation_culturale) et où la répartition des cultures dans le temps correspondait strictement à leur répartition dans l’espace : dans un assolement triennal, l’ensemble des parcelles affectées à une culture, que l’on nomme « sole », devait nécessairement correspondre au tiers de la surface cultivée (Moriceau, 1994).
L’assolement d’une exploitation agricole d’aujourd’hui est beaucoup plus complexe et variable. Il dépend toujours des critères techniques liés à la succession culturale, mais il doit aussi s’adapter à l’évolution des marchés, au contingentement de certaines cultures, à leur subventionnement, et plus généralement à tous les paramètres du système de production.
L’assolement peut être organisé par un agriculteur au sein de son exploitation, il peut également être raisonné à l’échelle d’un territoire agricole impliquant plusieurs exploitants dans l’objectif, notamment, d’optimiser l’usage du matériel et l’organisation du temps de travail.


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C

Ceinture horticole (ou maraîchère) : Nom généralement donné à l’ensemble des cultures maraîchères et fruitières qui entouraient la plupart des grandes villes européennes, dont Paris, avant que le développement des transports ferroviaires puis routiers entraîne le découplage entre zones de production et zones de consommation. Décrite notamment par  Michel Phliponneau (1956) dans sa thèse portant sur La vie rurale de la banlieue parisienne, la ceinture horticole de Paris a progressivement disparu au cours du XXe siècle. Elle persiste cependant dans de nombreuses villes du monde, notamment lorsque les infrastructures de transport sont insuffisantes. Dans les villes du nord, les quelques surfaces encore en maraîchage ou en production fruitière sont l’objet d’attentions particulières car elles représentent une forme de production agricole très prisée des citadins (Poulot, Rouyrès, 2000), tant pour les paysages agricoles qu’elles représentent que pour les nouvelles formes de circuits courts pour lesquelles elles sont sollicitées. Pour autant, imaginer une reconstitution de la ceinture horticole telle qu’elle existait jusqu’au XIXe siècle semble utopique, notamment du fait que la lisière entre ville et agriculture a pris une proportion considérable avec l’étalement urbain des grandes villes (Vidal, 2011).

Circuits courts alimentaires : On définit ordinairement le circuit court comme un mode de distribution de denrées, alimentaires ou non, établi directement entre le producteur et le consommateur ou comportant au plus un intermédiaire. C’est en tout cas la définition retenue par le Groupe de travail du Ministère de l’agriculture (Minagri, 2009). Cette définition, qui inclut notamment les ventes par Internet ou par correspondance, ne comporte aucune indication sur la distance géographique. Il est donc important, dans le cas d’un projet impliquant l’agriculture locale, de parler plus précisément de « circuit court de proximité » (Aubry, Chiffoleau, 2009).
Si l’intérêt environnemental des circuits courts n’est pas démontré (Schilch et al., 2006 ; DEFRA, 2007), du fait du peu d’efficacité des infrastructures de distribution en comparaison de celles des grands marchés, le rôle qu’ils peuvent jouer est néanmoins très important d’un double point de vue :
– Ils permettent de renforcer les liens entre le monde citadin et le monde agricole, en rétablissant des relations de confiance auprès des consommateurs, notamment ceux inquiétés par les récentes crises sanitaires (vache folle, grippe aviaire, etc.).
– Ils contribuent à la diversification des agriculteurs, notamment en situation périurbaine. Le circuit court ne vient alors pas en remplacement mais en complément des autres modes de distribution (circuits longs). 


 

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D

Diversification : Dans le monde de l’entreprise, la diversification est le fait d’acquérir de nouvelles activités dans l’objectif de réduire les risques, de développer des synergies ou de préparer une réorientation pouvant aller jusqu’à un changement d’activité (reconversion). Pour un agriculteur, la diversification peut être purement agronomique ; elle consiste alors à multiplier les types de production (végétales ou animales) sur la même exploitation, soit pour minimiser les risques (notamment climatiques), soit pour optimiser les conditions agroécologiques de la production. Le choix de nouvelles productions peut aussi être guidé par l’opportunité de nouveaux marchés, notamment en situation périurbaine. Elle peut alors s’accompagner d’une diversification extra-agricole, avec la préparation de produits transformés (secondarisation) ou la vente (tertiarisation).
En plus des différentes formes de vente directe, la proximité urbaine offre une large gamme de diversifications possibles aux agriculteurs, allant de la location de leurs bâtiments (pour le logement, l’industrie, l’artisanat) aux services rendus à des particuliers ou des collectivités (entretien d’espaces verts), en passant par le recyclage des déchets urbains ou l’accueil d’activités de loisir. C’est surtout ce dernier type de service, que l’on regroupe sous le nom d’agritourisme, qui est développé en milieu rural.
Voir les publications du Centre d’Etudes et de Ressources sur la Diversification (CERD)


 

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F

Fairmiles : Expression que l’on peut traduire par « kilomètre équitable ». Le concept de fairmiles a été proposé par des chercheurs anglo-américains (Rai Chi et al., 2009) en remplacement de celui de foodmiles (voir ce mot).

Filières courte(voir circuits courts)

Finage : Dérivé du sens premier du mot « fin » (du latin finis = borne marquant la limite d’un champ), le finage a désigné à partir du Moyen-Âge l’ensemble des terres agricoles exploitées par un village (Rey, 1992). La limite du finage a pu correspondre à celle de la commune ou de la paroisse, du temps où celles-ci étaient isolées les unes des autres et séparées par le milieu forestier ; le finage correspondait alors à l’ensemble des terres défrichées par les habitants du village. Le modèle théorique de von Thünen, expliquant la répartition des cultures en cercles concentriques autour de la ville, peut être considéré comme la représentation d’un finage (Lévy, Lussault, 2003). Mais la taille des villes actuelles, qui fait que le finage théorique d’une ville comme Paris correspondrait à un cercle de 3 à 400 km de diamètre, et le développement des échanges commerciaux, font que le terme s’éloignerait considérablement de son sens initial. Le mot « finage » est parfois utilisé dans le sens de terroir, mot avec lequel il ne doit cependant pas être confondu.

Foodmiles : Parfois traduit par « kilomètres alimentaires », le terme désigne la distance parcourue par une denrée alimentaire entre le lieu de sa production et celui de sa consommation. Le concept a été proposé par le Pr. Tim Lang au début des années 1990, en Angleterre, et a été popularisé par la publication de l’ouvrage d’Angela Paxton The Foodmiles Report, publié en 1994. L’idée de ces chercheurs anglais était de sensibiliser les consommateurs à l’impact environnemental du transport des denrées alimentaires dont les distances parcourues sont de plus en plus longues. C’est cette même idée qui fut à l’origine du mouvement des locavores, né en Californie en 2005.
Plusieurs travaux de recherche, menés principalement en Angleterre et aux Etats-Unis, ont montré depuis que l’impact environnemental des denrées alimentaires dépend de bien d’autres facteurs que le nombre de kilomètres parcourus. Le bon indicateur, du point de vue de la consommation d’énergies fossiles et des émissions de gaz à effet de serre, est bien plus complexe à calculer. Il doit notamment prendre en considération l’impact environnemental de la production, dont les émissions carbone sont bien plus élevées que celle du transport (qui n’en représenterait, en moyenne, que 12%). Un système alimentaire durable devrait donc prendre aussi en compte les conditions agro-climatiques des cultures (les tomates poussent mieux au soleil).
D’autres chercheurs (Rai Chi et al., 2009) ont mis en garde contre des formes déguisées de protectionnisme qui, en utilisant les mêmes arguments que les locavores, risquent de mettre en péril l’économie de certains pays exportateurs. Ils proposent de substituer au concept de foodmiles, trop réducteur à leurs yeux, celui de fairmiles, qui prendrait mieux en compte l’intérêt de tous les habitants de la planète (producteurs et consommateurs).

Friche : La friche désigne aujourd’hui l’état d’abandon d’une terre agricole et, par extension, de n’importe quel espace délaissé (friche urbaine, friche industrielle). À l’origine, le terme qui s’apparente à l’ancien français « freschir » (= redonner des forces à quelqu’un), désignait une terre fraîchement conquise sur la mer (néerlandais versch) ou sur la forêt pour sa mise en culture, puis une terre que l’on a laissé « se reposer » ou, plus exactement, se régénérer (Rey, 1992). C’est ce dernier sens qui décrit le mieux le rôle de la friche dans les systèmes d’agriculture forestière.
En milieu périurbain, la friche est un état qui caractérise les terres agricoles abandonnées sous l’effet de la pression urbaine. Celle-ci peut rendre les parcelles impropres à l’agriculture suite aux fractionnements ou aux enclavements qu’elle entraîne. Elle peut aussi engendrer des phénomènes de spéculation foncière incitant les propriétaires à abandonner leurs terres dans l’attente d’une meilleure valorisation. Dans tous les cas, les friches sont soumises à des usages le plus souvent jugés indésirables, comme les décharges sauvages, les squats ou toute sorte d’activités illicites. De nombreux programmes sont ainsi mis en place pour les reconquérir et éviter leur dégradation, soit en tant qu’espaces verts, soit en tant qu’espaces dédiés à de nouvelles formes d’agriculture spécialisée, notamment au Canada (Gervais, Jaouich, 1984 ; Chahine, Bryant, 2008).


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H

Horticulture : Du latin hortus (jardin), l’horticulture désigne une forme de l’agriculture proche de la ville et particulièrement intensive (Lacoste, 2003). Elle comporte le maraîchage, l’arboriculture fruitière (mais pas la viticulture) et les cultures ornementales. La proximité à la ville est le facteur commun aux différentes productions regroupées sous ce terme. Elle a donné naissance à la notion de ceinture horticole. L’École nationale supérieure d’horticulture, fondée en 1874, enseignait également l’art des jardins et l’architecture du paysage.

Hydroagriculture : Système de production agricole apparu vers le cinquième millénaire avant notre ère autour des grands cours d’eau du Croissant Fertile (Tigre, Euphrate, Nil) et dans la vallée de l’Indus, puis plus tardivement dans d’autres régions du monde (Asie et Amérique). L’hydroagriculture a succédé à l’agriculture forestière, après que celle-ci ait entraîné une déforestation excessive qui rendait de plus en plus difficiles les cultures pluviales (Mazoyer, Roudart, 1997). Ses premières formes consistaient à cultiver les terres naturellement inondées et fertilisées par les crues des fleuves. Elle fut ensuite l’objet d’importants aménagements hydrauliques permettant d’étendre considérablement les surfaces cultivées, et elle donna naissance aux grandes civilisations hydroagricoles, notamment en Mésopotamie et en Egypte. Sa forme orientale, l’hydroriziculture, joue un rôle déterminant depuis 6000 ans en Asie. D’autres formes ont joué un rôle important dans l’histoire et subsistent encore ponctuellement aujourd’hui, comme les chinampas de Mexico ou les hortillonnages d’Amiens (Clauzel, 2008).


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I

IGP (indication géographique protégée) : « Désigne des produits agricoles et des denrées alimentaires étroitement liés à une zone géographique, dans laquelle se déroule au moins leur production, leur transformation ou leur élaboration » (définition de la Commission européenne). De la même manière que les AOP, les IGP ont été mises en place en 1992 dans le but d’harmoniser les diverses appellations nationales des pays membres de l’Union européenne. En France et concernant les vins, l’IGP remplace depuis 2009 l’ancienne appellation « vin de pays ». Tout comme les AOC, les IGP françaises sont contrôlées par l’INAO.


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J

Jachère : Le sens actuel du terme, « État d’une terre labourable qu’on laisse temporairement reposer… » (Petit Robert), qui est à l’origine des usages métaphoriques du mot, ne correspond pas à ce qu’il désignait historiquement (Morlon, Sigaut, 2008). De l’Antiquité au XIXe siècle, la jachère a été une composante essentielle des systèmes de culture qui ont pris la suite de l’agriculture forestière, dans les climats tempérés suffisamment arrosés pour permettre la culture pluviale des céréales (Mazoyer, Roudart, 1997). Dans ce système, la jachère ne correspondait pas à une année de repos mais, au contraire, à une année d’intense activité où se succédaient de nombreuses pratiques culturales destinées à contrôler les mauvaises herbes et à optimiser la fertilisation des terres. Celle-ci était principalement assurée par le bétail qui pâturait, le jour, sur les prairies ouvertes par la déforestation et était parqué, la nuit, sur les parcelles en jachère.
L’expression « jachère PAC » désigne improprement le gel des terres imposé par la Politique agricole commune entre 1992 et 2009 pour maîtriser les surproductions agricoles, malgré une efficacité qui a souvent été contestée (Sébillotte et al., 1996). Les « jachères PAC », si elles ne sont plus obligatoires, se pratiquent encore aujourd’hui en partenariat avec différents acteurs publics ou privés selon l’objectif attendu (jachère fleurie, jachère cynégétique, jachère faune sauvage, jachère apicole…).
Voir la définition du mot « jachère » par Pierre Morlon et François Sigaut sur le site de l’INRA « Les mots de l’agronomie ».

Jardin : Historiquement, l’espace du jardin se distingue de celui de l’agriculture par ses dimensions et par sa proximité avec la ville ou le village. Dans les toutes premières formes d’agriculture, le jardin (hortus) correspondait à un espace cultivé proche des habitations et dont la fertilisation était assurée par le recyclage des déchets du village (Mazoyer, Roudart, 1997). Il se distinguait des champs (ager), plus éloignés, et dans lesquels on cultivait principalement les céréales. Etymologiquement, le jardin désigne un espace fermé (hortus gardinus = « jardin enclos »).
Initialement productif, le jardin a très rapidement été l’objet d’attentions particulières quant à son aspect esthétique ou symbolique et quant à l’agrément qu’il pouvait apporter aux citadins. Le jardin est ainsi passé « de l’aliment à l’ornement », contribuant à la naissance de la profession d’architecte-paysagiste, avant de s’en séparer au début du XXe siècle (Donadieu, 2012).
Voir : Horticulture

Jardinage : Si le mot désigne d’une façon générale « la culture, l’entretien du jardin » (Robert), on l’emploie surtout aujourd’hui à propos de pratiques non professionnelles que l’on distingue ainsi de l’horticulture ou du maraîchage. Si cette pratique peut revêtir une fonction productive, destinée à l’auto-consommation, elle remplit surtout des fonctions récréatives, culturelles ou sociales, contribuant notamment à la réduction du stress lié à la vie urbaine (Catanzaro, Ekanem, 2004). Elle est aussi un moyen de rapprocher le citadin de la nature, voire de l’initier au paysage (Besse, 2003).
En foresterie, le jardinage désigne un mode d’exploitation d’une futaie hétérogène dans laquelle les arbres sont abattus isolément et non par des coupes à blanc. On parle de « futaie jardinée » (Bastien, 2002).
Voir Jardins communautaires et articles suivants

Jardins communautaires, jardins collectifs, jardins partagés : Jardins généralement urbains et gérés en commun par un groupe de personnes réunies le plus souvent au sein d’une structure associative. Les jardins communautaires sont apparus en Amérique du Nord dans les années 1970, et particulièrement à New-York à la suite du mouvement initié par l’artiste Liz Christie, la Green Guerrila (Donadieu, Fleury, 2003). Ils se répandent en France à partir des années 1990. Les jardins communautaires, souvent appelés « jardins partagés », ont été plébiscités par le Grenelle de l’Environnement, qui recommandait cependant leur ouverture au public (Alduy, Piron, 2008). De fait, l’accès à la plupart de ces jardins est réservé à leurs adhérents et ils ne sont ouverts que très ponctuellement au public. Ceux mis en place par la Mairie de Paris, par exemple, ne sont tenus par la charte « Main verte » à l’ouverture au public que lorsque que l’un des membres est présent, avec un « rythme souhaité » de deux demi-journées par semaine (Mairie de Paris, 2003). De fait, si le public y est admis, c’est sous une surveillance de nature privée et non publique.
Les jardins communautaires se distinguent donc nettement des jardins publics, avec lesquels ils ne doivent pas être confondus. Ils ne sont pour autant pas dénués d’utilité publique, du fait de la fonction récréative ou culturelle que peut remplir la pratique du jardinage, et aussi du fait des fonctions thérapeutiques, pédagogiques ou d’insertion sociale qu’ils peuvent exercer (voir les entrées ci-dessous).

Jardins d’insertion : Jardins généralement associatifs et ayant pour vocation l’insertion sociale de personnes en difficulté. L’objectif de ces jardins est de ramener vers le monde du travail un public qui, pour des raisons diverses, s’en trouve éloigné. Il s’agit donc bien d’une « insertion par l’activité économique » (Guiomar, 2009). Pour ce faire, la pratique du jardinage est encadrée à la fois par des professionnels de l’action sociale et par des professionnels de l’horticulture (le plus souvent du maraîchage). Les produits issus de ces jardins sont auto-consommés ou distribués au sein d’un réseau associatif. En France, 120 de ces jardins sont regroupés au sein du réseau des Jardins de Cocagne. 

Jardins éducatifs(Voir Jardins pédagogiques)

Jardins familiaux : Expression officiellement retenue pour remplacer « jardins ouvriers » à partir de 1952. C’est aussi cette expression qui est utilisée dans le Code rural pour définir d’une façon générique les jardins communautaires, et pour leur conférer un certain nombre de droits qui les rapprochent des terres agricoles, notamment en ce qui concerne les droits de préemption (L143-4, alinéa 5b). C’est surtout l’Abbé Lemire (1853-1928) qui a contribué à promouvoir ce type de jardin, principalement pour permettre aux familles les plus démunies de subvenir à une partie de leurs besoins alimentaires, mais aussi parce qu’ils contribuaient à porter les valeurs morales de la famille ouvrière. Auparavant, des jardins comparables, que Manuel Pluvinage (2003) préfère nommer « jardins industriels », avaient été développés par certains industriels du XIXe siècle dans un contexte paternaliste. Il s’agissait surtout d’accroître la dépendance des ouvriers tout en les éloignant des cabarets. A ce titre, ils furent fortement contestés par Engels en son temps (Dubost, 2005), et le furent de nouveau après la Seconde Guerre Mondiale du fait qu’ils avaient été largement défendus par le Maréchal Pétain.
Qu’ils soient industriels, ouvriers ou familiaux, ces jardins présentaient un intérêt économique certain pour ceux qui les pratiquaient du fait de la part importante que représentait l’alimentation dans le budget des ménages de l’époque. C’est ce qui expliqua leur résurgence durant la Seconde Guerre Mondiale, et inversement leur déclin dans les années qui suivirent, où ils ne résistèrent pas aux expansions urbaines, et où on leur reprocha même leur « esthétique contestable » (Donadieu, Mazas, 2002).

Jardins ouvriers (voir jardins familiaux)

Jardins partagés : Expression couramment employée pour désigner les jardins communautaires. La notion de partage n’a pas le même sens dans tous les types de jardins. Lorsqu’il s’agit des jardins ouvriers ou familiaux, un terrain appartenant à un industriel ou à une municipalité est découpé en parcelles dont chacune est attribuée à un bénéficiaire. Lorsqu’il s’agit des jardins associatifs, notamment ceux issus de la mouvance de la Green Guerrilla, le même terrain est le plus souvent cultivé par l’ensemble des participants qui se partagent aussi les récoltes.
Voir : Jardins communautaires

Jardins pédagogiques : Bien que l’expression recouvre des réalités très différentes selon les pays et les époques, les jardins pédagogiques ont en commun d’associer le jardinage à des objectifs de formation à destination de ceux qui le pratiquent. Les « jardins scolaires », tels que définis par la FAO, ont pour principale fonction d’améliorer l’alimentation des enfants, d’une part en produisant des denrées à leur attention, d’autre part en les initiant à des pratiques alimentaires plus saines, notamment en les incitant à consommer davantage de fruits et légumes (FAO, 2010). En Europe, les jardins pédagogiques, parfois appelés « jardins éducatifs », ont surtout pour objectif l’apprentissage du jardinage, l’observation des cycles biologiques et l’initiation à l’environnement. Mais ils peuvent aussi comporter une initiation à une alimentation saine, un apprentissage des cycles saisonniers ou des pratiques agricoles (La Maison des Paysans, s.d.). Les jardins pédagogiques sont généralement situés en ville et à proximité des écoles, parfois dans les jardins publics. Ils ne doivent pas être confondus avec les fermes pédagogiques.

Jardins publics : Définis comme « espaces verts mis à la disposition des citadins » (Robert), les jardins publics n’apparaissent véritablement qu’avec le Second Empire, et notamment à Paris à l’époque d’Haussmann. Si, dans leur forme, ils existaient préalablement, ils n’avaient pas de caractère public du fait que leur usage, même s’il était parfois assez libre, était réservé à certaines classes sociales privilégiées. Le jardin public est un espace clos, le plus souvent fermé la nuit et placé, le jour, sous la surveillance d’un gardien. Il n’a pas de caractère productif et est destiné à l’agrément, au repos ou à la promenade. Il est, de ce fait, caractérisé par la grande diversité des usages qui peuvent s’y dérouler (Sansot, 2003).

Jardins scolaires (Voir Jardins pédagogiques)

Jardins thérapeutiques : Jardins destinés à accompagner un processus thérapeutique en utilisant les vertus associées à la pratique du jardinage. La « thérapie horticole » (Horticultural therapy) est surtout répandue en Amérique du Nord, en Angleterre ou en Suède, mais elle se pratique aussi en Suisse, comme en atteste le site Internet Vivaterra qui y est consacré, et en France (Le Point, 2010). Les définitions du jardin thérapeutique sont encore assez hétérogènes. Certains y associent la culture de plantes médicinales, d’autres non, certains en limitent les fonctions à l’accompagnement d’un parcours de soin encadré médicalement, d’autres y incluent ce qui relèverait plutôt du jardin d’insertion.


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L

Locavore : Terme créé en 2005 par Jessica Prentice à Berkeley. Le mouvement des Locavores (ou localvores) s’est développé la même année en Californie, notamment à San-Francisco, avant de se répandre dans d’autres pays du monde, comme l’Angleterre ou la France. Le principe des locavores est de ne consommer que des denrées alimentaires ayant parcouru une distance de moins de 100 miles (160 km). 


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M

Maraîchage : Branche de l’horticulture consacrée principalement à la production de légumes (ou de quelques fruits ne relevant pas de l’arboriculture, comme les fraises), et secondairement de plantes aromatiques ou ornementales (fleurs). Comme son nom le rappelle, le maraîchage s’est d’abord développé sur les zones humides (les marais) situées dans ou à proximité des villes et auparavant utilisées uniquement comme pâturage. Pour Michel Phliponneau (1956) la mise en culture des marais parisiens remonterait au XIIe siècle. Mais malgré la haute productivité dont ces cultures ont fait preuve, elles ont progressivement cédé à la pression foncière exercée par la ville et se sont déplacées régulièrement derrière les remparts pour constituer ce que l’on a appelé la ceinture maraîchère. Par la suite, et avec le développement des transports, les productions maraîchères se sont éloignées des villes pour se développer dans des terroirs qui se sont ainsi spécialisés (melon de Cavaillon ou charentais, tomate de Marmande, oignon de Roscoff ou des Cévennes, mâche de Nantes, etc.). Le maraîchage de proximité connaît cependant un renouveau depuis quelques années, notamment depuis l’apparition des AMAP ou des autres formes de « paniers » dont le contenu est principalement constitué de produits maraîchers.


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P

Paysage agricole : S’il est vrai que les premières peintures que l’on a nommées « paysages » représentaient la campagne, c’est-à-dire des territoires façonnés par les agriculteurs, le lien entre paysage et agriculture est pourtant loin d’être évident. Ces premières représentations picturales montraient bien plus la campagne perçue comme une forme de la nature que la réalité du travail des paysans que le regard citadin ne voulait pas voir. Pour Augustin Berque (2008), cette « forclusion du travail de la terre » se perpétue aujourd’hui, « à la faveur de la disparition des paysans », par un acharnement des sociétés citadines à « vouloir préserver les signes de la ruralité » et inversement, à s’opposer « à la prolifération des marques de l’économie moderne ». Si les paysages de la campagne sont donc toujours autant recherchés, les paysages agricoles, c’est-à-dire ceux qui donneraient à voir le fonctionnement de l’agriculture, sont encore à inventer…

Pluriactivité : Exercice, par la même personne, de plusieurs activités professionnelles. Dans le monde agricole français, on parle souvent de la pluriactivité des ménages, lorsque l’un des conjoints exerce une profession non agricole. Pour un agriculteur, la pluriactivité consiste à exercer dans la même année une autre activité professionnelle. Elle est relativement rare du fait de la protection du statut d’agriculteur, et peut préfigurer alors une reconversion qui correspondrait à l’abandon de ce statut.
En revanche, lorsque la seconde activité conserve un lien avec l’agriculture (prestation de services avec le matériel de l’exploitation, hébergement ou restauration dans les locaux de la ferme, etc), il ne s’agit pas de pluriactivité mais de diversification.
Mais la situation peut être très différente dans d’autres pays. En Tunisie, par exemple, de nombreux agriculteurs périurbains exercent une autre profession sans aucune relation avec leur premier métier, employé de banque, instituteur, chauffeur de taxi, etc. (Toumi, Vidal, 2011).


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R

Rotation culturale : Système de succession des cultures qui se reproduit selon un cycle régulier : rotation biennale (jachère – blé), triennale (jachère – blé – céréale de printemps [mars]), quadriennale (jachère – blé – mars – légumineuse). La rotation a longtemps été la règle dans les territoires céréaliers européens tant qu’elle incluait la jachère dans le cycle cultural (Moriceau, 1994). On parle plutôt maintenant de succession culturale.


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S

SAFER : Sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural, les SAFER ont été créées en France en 1960 dans l’objectif initial de favoriser l’économie agricole en en améliorant les structures foncières. Les SAFER sont des sociétés anonymes sans but lucratif et placées sous tutelle des Ministères de l’agriculture et des finances. Elles disposent d’un droit de préemption qui leur permet d’acquérir les terres agricoles mises en vente et d’éviter ainsi qu’elles perdent leur vocation. Leur première mission, issue de la loi d’orientation agricole, était de favoriser la productivité de l’agriculture française. Aujourd’hui, et sans perdre leur mission d’intérêt général, elles favorisent également des orientations environnementales ou paysagères.
Voir : site web des SAFER – Les SAFER dans le Code Rural

SAU, Surface agricole utile : Partie de la surface agricole totale (SAT) effectivement utilisée par les agriculteurs. La SAU ne comprend donc pas les friches ou autres terres abandonnées, mais elle inclut les  jachères, qu’elles soient rotationnelles (voir Rotation culturale) ou pérennes (notamment les terres gelées réglementées par la PAC).
La SAU est un indicateur statistique normalisé par l’Union européenne et permettant notamment de comparer les potentialités agricoles de différents pays. Elle se compose de trois grands types de sols : les terres arables (y compris les prairies temporaires), les prairies permanentes et les cultures pérennes (viticulture, arboriculture). Elle ne comprend pas les cultures forestières.
La SAU mondiale est évaluée à 5 milliards d’hectares (1/3 des terres émergées), la SAU française à près de 30 millions d’hectares (plus de la moitié du territoire).
Voir la définition de l’INSEE

Succession culturale : Manière dont l’agriculteur organise la succession des cultures sur une même parcelle afin d’optimiser la production de chaque culture en fonction de l’histoire de la parcelle, donc des cultures précédentes, et en tenant compte de son usage à venir, donc des cultures suivantes. Les objectifs recherchés relèvent essentiellement du contrôle phytosanitaire et de la gestion de la fertilité : l’alternance de cultures différentes permet de stopper le développement de certains parasites (ou de certaines mauvaises herbes) et permet une meilleure utilisation des ressources minérales du sol. L’introduction de cultures de légumineuses (luzerne, trèfle, poix, etc.), par exemple, est aujourd’hui recommandée en agriculture durable car elle permet de fixer l’azote de l’air et de limiter ainsi les apports en engrais minéraux coûteux en énergie.
Dans son système de production, un agriculteur doit organiser la succession de ses cultures de sorte à optimiser la durabilité de son exploitation en préservant la qualité agronomique de ses sols, mais il doit aussi tenir compte des marchés qui ne permettent pas toujours un écoulement optimal des cultures dites « secondaires » (choisies pour leur utilité agronomique plutôt que pour leur rentabilité). Le choix des successions culturales dépend donc de l’ensemble du système de production (les marchés, mais aussi le temps de travail, la disponibilité du matériel ou de la main d’œuvre, etc.), et est étroitement lié à la manière dont les différentes cultures se répartissent dans l’espace de l’exploitation : c’est ce qu’on appelle l’assolement.

Système agraire : Expression issue de la géographie et utilisée pour décrire les dynamiques économiques et les facteurs techniques qui caractérisent les pratiques agricoles au sein d’une région géographique donnée. Un système agraire est caractérisé par les systèmes de culture mis en œuvre, par l’organisation sociale de la pratique agricole (et notamment les aspects fonciers), par les formes spatiales de l’agriculture (bocage ou openfields, par exemple), par les types de productions dominantes (qui peuvent caractériser les paysages agricoles), mais aussi par les savoir-faire mis en œuvre et par les stratégies des agriculteurs qui peuvent déterminer les évolutions en cours.
Les systèmes agraires sont au cœur des travaux de l’agriculture comparée qui, comme son nom l’indique, compare les différents systèmes agraires dans le monde (discipline enseignée notamment en France par René Dumont à l’Institut national agronomique de Paris, de 1933 à 1974).
Voir : système de culture, système de production

Système de culture : Ensemble de procédés mis en œuvre par un agriculteur pour produire une denrée végétale. Le système de culture dépend d’abord des potentialités agronomiques des parcelles que l’agriculteur met en valeur pour répondre à un marché. Il dépend aussi des compétences et des moyens techniques et financiers qu’il peut mobiliser, ainsi que de ses propres choix, qui peuvent être guidés par ses goûts, par ses engagements idéologiques ou par la pression de son environnement social.
Le système de culture est toujours encadré par une réglementation (notamment sur l’usage des produits phytosanitaires). Celle-ci peut être générale et s’appliquer à toutes les agricultures d’un pays donné (homologation des pesticides), ou adaptée à un cahier des charges particulier (AOC, agriculture biologique, raisonnée ou labellisée).
Si un système de culture est défini pour une espèce végétale donnée, il est toujours déterminé en fonction de l’ensemble du système de production, et notamment des cultures précédentes ou suivantes conduites sur la même parcelle (voir succession culturale).
S’agissant de production animale (viande, lait, œufs), on parle de système d’élevage, pour désigner l’ensemble des procédés mis en œuvre pour produire une denrée animale. On parle aussi de système fourrager.

Système de production : Ensemble des paramètres mis en œuvre par un agriculteur pour combiner ses productions agricoles et ses modes de commercialisation. Le système de production doit intégrer de façon optimale la réponse à plusieurs enjeux : 
– Mettre sur le marché des denrées dont le prix et la qualité répondent aux attentes des consommateurs et/ou des industries de transformation. 
– Assurer un revenu satisfaisant pour l’agriculteur lui-même, pour sa famille et pour ses employés, tout en garantissant l’amortissement financier des investissements réalisés. 
– Assurer la durabilité de l’exploitation afin de préserver le patrimoine que l’agriculteur transmettra à sa descendance, et afin de répondre aux attentes sociales en termes d’environnement, d’alimentation des générations futures ou de bien-être animal. 
En situation périurbaine, les attentes sociales se doublent souvent d’exigences particulières en termes de paysage ou de cadre de vie, tandis que les modes de commercialisation peuvent, a contrario, offrir une diversité utile aux agriculteurs (voir agriculture urbaine, diversification). 
Les agriculture biologique, raisonnée, intégrée, durable ou dite « conventionnelle » correspondent à des systèmes de production différents dans la mesure où elles mettent en œuvre des systèmes de culture spécifiques adaptés à des attentes différenciées. 


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T

Terroir : D’abord défini comme le territoire d’un groupe humain vu sous l’angle de ses qualités agricoles, et parfois confondu avec le finage, le terroir a pris un sens plus précis pour désigner la portion de territoire convenant à la production d’un vin particulier, puis de tout autre denrée agricole. Les limites du terroir ne correspondent alors pas à celle du finage, mais à une portion de sol cultivé présentant des caractéristiques homogènes, tant du point de vue du sol que du climat ou des savoir-faire locaux. C’est généralement leur distribution sur les marchés interrégionaux ou internationaux qui ont donné leur renommée aux « produits de terroir » (vin de Champagne, foie gras du Périgord, etc.). Paradoxalement, de nouveaux produits de terroir apparaissent depuis quelques années dans l’idée de promouvoir une consommation locale (Pain d’Yvelines, Bière de Marcoussis, Produits de Parcs naturels régionaux, etc.). Les produits de terroir les plus classiques peuvent faire l’objet d’une appellation soumise au contrôle des autorités publiques, nationales ou européennes. C’est le cas des AOC, AOP, IGP, qui définissent à la fois une aire géographique et des conditions de culture et de fabrication fixées par un cahier des charges. 

Tourisme rural : Si l’on considère que ce terme inclut aussi la villégiature, le tourisme rural est sans aucun doute la forme de tourisme la plus ancienne puisqu’elle remonte à l’Antiquité (Dewailly, Flament, 2000). Mais la pratique que l’on nomme ainsi aujourd’hui diffère quelque peu de la villegiatura romaine et correspond plutôt à toute forme de séjour passé « à la campagne », c’est-à-dire dans des paysages à dominante agricole. Elle représente, pour un pays comme la France, la forme la plus importante de l’activité touristique après le littoral (ou même avant selon certains auteurs, voir Cazes, 1993). L’expression « tourisme rural » (ou « tourisme en milieu rural »), regroupe des activités assez différentes, que l’on peut nommer « écotourisme », lorsque l’observation et le respect de la nature sont dominantes, « tourisme vert », lorsqu’on recherche surtout des paysages naturels, ou « agritourisme » lorsque le séjour se passe dans une ferme (Dewailly, Flament, 2000). Dans tous les cas, ce type de tourisme est susceptible de constituer une forme de diversification pour les agriculteurs, comme le met en avant le Ministère de l’agriculture.


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V

Vente directe : Concernant l’agroalimentaire, l’expression « vente directe » désigne le fait, pour un agriculteur, de vendre ses produits aux consommateurs sans passer par un intermédiaire. Elle peut s’opérer de diverses manières, la plus traditionnelle étant la vente par le producteur lui-même de ses produits sur les marchés forains.  Elle peut aussi se faire « à la ferme », c’est alors le consommateur qui prend en charge le déplacement, ou par correspondance (ou Internet), mais elle nécessite alors la contribution d’un transporteur. La vente directe est un cas particulier de circuit court alimentaire. 

Von Thünen (modèle de) : Modèle auréolaire (Brunet et al. 1993) d’organisation de l’espace agricole autour de la ville, proposé en 1826 par l’économiste allemand Johann Heinrich von Thünen. Dans un espace supposé homogène et isolé, von Thünen propose, dans ce schéma purement théorique, de répartir les zones de productions agricoles en fonction de l’optimisation des conditions de travail et de transport. Les productions maraîchères ou laitières, difficiles à déplacer et demandant un important travail quotidien, sont placées immédiatement autour de la ville (ceinture horticole), tandis que les cultures céréalières ou les autres formes d’élevage sont situées à plus grande distance. 

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BIBLIOGRAPHIE

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Page personnelle de Clémence Bardaine

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Agroforesterie et projet local

Étude des dynamiques d’acteurs favorables à l’introduction de l’arbre champêtre dans les grandes cultures franciliennes

Clémence Bardaine

 

Résumé

Aujourd’hui, l’agriculture doit réconcilier productivité, utilisation soutenable des ressources énergétiques, limites environnementales et santé. L’agroforesterie peut être une alternative durable face aux changements globaux à l’œuvre. Pourtant certains freins socio-techniques limitent son développement. L‘entrée territoriale peut s’avérer pertinente pour amorcer un « déverrouillage » et favoriser l’émergence de systèmes agroforestiers au sein des paysages ouverts de grandes cultures du Bassin Parisien. Le projet local1 est un facteur déterminant de son développement, parce qu’il favorise la soutenabilité sociale, environnementale et économique du territoire. Cette ingénierie agroforestière multi-acteurs est à construire en Île-de-France car les pratiques pionnières très minoritaires se fondent actuellement sur des engagements individuels. A travers une enquête, il s’agit d’abord d’évaluer la diffusion des pratiques et l’acceptation de cette innovation auprès des agriculteurs et des différents acteurs locaux, afin d’identifier les freins et les leviers d’action. Puis de construire des scénarios de développement à différentes échelles de temps et d’espace. Ensuite, il convient d’examiner les conditions du développement selon ces différents scénarios (modes de gouvernance et d’accompagnement).

La méthodologie mobilisée se base sur des modèles théoriques de sociologie de l’innovation par l’approche systémique et les outils d’analyse qualitative.

Les résultats attendus comportent : une synthèse des freins (techniques, sociaux, économiques) et des leviers d’actions (démarches collectives, organisations territoriales) ; un diagnostic partagé sur les projets agroforestiers intégrés dans ces territoires ruraux ; les différents scénarios de développement local de l’agroforesterie et des filières. Ces outils pourront appuyer un aménagement participatif qui servira de référence pour diffuser la procédure auprès d’autres territoires intéressés.


Mots clés : Agroécologie ; agroforesterie ; projet local ; filières ; prospective ; paysage ; grandes cultures


1 ; Magnaghi A, (2000). Le projet local, Edition, Mardaga, p 35

Page personnelle de Saloua Toumi

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Redynamiser l’agriculture urbaine tunisoise

Circuits courts de commercialisation et recyclage des eaux urbaines dans la Plaine de la Soukra

Thèse sous la direction de  Pierre Donadieu, Roland Vidal et Moez Bouraoui

Saloua Toumi

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Curriculum vitæ – Publications


 

Résumé

 

Si l’agriculture urbaine concerne aujourd’hui de nombreuses métropoles et villes secondaires, et occupe une part grandissante dans la recherche scientifique, les médias et les politiques d’aménagement, en revanche ses formes, ses enjeux et ses logiques agro-économiques et socio- spatiales sont différents d’un contexte à l’autre.

Dans les pays du Sud, cette agriculture se développe depuis des décennies sur des petites superficies dans les interstices de la ville et autour de celles-ci, afin de subvenir aux besoins alimentaires des populations migrant vers les grandes villes. Et si cette pratique intéresse encore peu les pouvoir publics locaux, elle a tout de même suscité l’intérêt de nombreux chercheurs et de certains organismes d’aide au développement comme le FAO, le CRDI ou le RUAF qui financent divers projets afin de la soutenir. Source vivrière pour les population les plus pauvres des métropoles, elle permet de lutter contre les inégalités alimentaires. Mais elle représente aussi une ressource économique importante puisqu’elle approvisionne, dans certains cas, jusqu’à 100% des produits frais consommés dans les villes (Moustier, 2003).

Dans les pays du Nord, par contre, l’agriculture urbaine n’assure pas uniquement une fonction nourricière et n’est pas majoritairement portée par les populations les plus démunies. Jardins potagers associatifs, potagers privatifs sur les toitures des bâtiments urbains, jardins potagers pédagogiques ou parcelles agricoles dans les interstices de la ville ou de sa périphérie, l’agriculture urbaine se présente sous plusieurs formes et répond à des enjeux divers. D’un côté, elle prend progressivement place dans les villes pour répondre à une demande citadine de nature, de l’autre, elle est également considérée comme «un outil de planification» susceptible de freiner le phénomène de l’étalement urbain qui menace les terres agricoles jouxtant les villes. Définie comme composante de nouveaux territoires, l’agriculture urbaine est alors prise en compte dans les politiques d’aménagements. C’est ainsi qu’on a vu émerger dans les périphéries parisiennes, par exemple, des projets visant à la maintenir, voire à l’inventer.

Un pays émergent comme la Tunisie échappe largement à cette dichotomie Nord/Sud, même si diverses situations la rapprochent d’un côté ou de l’autre. Si, par exemple, ses stratégies agraires sont éloignés de celles des pays du Sud, le problème récurrent de manque d’eau représente par contre un élément commun majeur qui compromet le fonctionnement des agricultures et leur avenir, et pour lequel l’agriculture urbaine tunisoise a expérimenté quelques solutions. Le problème de périurbanisation tunisien est en revanche assez proche du contexte français. Et même si les contextes économiques et socio-politiques ne sont pas similaires dans les deux régions, les conséquences sont proches sur le plan socio-spatial et environnemental. Et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous nous interrogerons sur l’utilité et les limites de l’expérience francilienne en agriculture urbaine pour le Grand-Tunis.

Mais tout d’abord, comment peut-on la définir? Comment se présente cette agriculture urbaine, encore mal reconnue, qui revêt des dimensions aussi bien économiques qu’environnementales ?

L’agriculture du Grand Tunis, située sur la plaine la plus fertile de la Tunisie, se trouve progressivement insérée dans le tissu urbain et subit les effets d’un étalement proportionnellement comparable à celui de la région parisienne. Bien qu’elle ait connu ces dernières décennies des mutations profondes dans son fonctionnement technique et humain, et dans ses relations avec la ville, les pouvoirs publics ne s’intéressent guère au processus d’enclavement qu’elle subit. La prise en compte de cette agriculture reste absente des schémas directeurs, et par conséquent des règlements d’urbanisme, qui privilégient les enjeux strictement urbains, en dépit même des lois existantes sur la protection des terres agricoles (Jouves et Padilla, 2007). Pourtant, la concurrence sur les ressources en sol et en eau est de plus en plus importante au fur et à mesure que la population urbaine augmente et que les activités économiques se développent et se diversifient. De fait, et face aux diverses difficultés techniques, agro-économiques et spatiales qu’ils rencontrent, plusieurs agriculteurs sont contraints à l’abandon et à la mise en friche d’une partie ou de la totalité de leurs parcelles, désormais mieux valorisées par la ville. Pourtant, l’agriculture urbaine tunisoise pourrait, en plus de sa vocation alimentaire (maraîchère et arboricole) non négligeable, jouer un double rôle environnemental et paysager qui contribuerait à l’amélioration du cadre de vie des citadins dans le Grand Tunis, jusqu’à aujourd’hui négligé. Cette négligence est d’autant plus dommageable que, contrairement aux villes européennes du Nord, l’agriculture tunisoise bénéficie, en plus des conditions ago-économiques et climatiques favorables à la culture de produits frais, de réseaux de distribution locaux suffisamment efficaces en leur état actuel pour ne pas avoir besoin d’être réinventés. Privée de réglementation, alors que les formes urbaines deviennent de plus en plus composites, l’agriculture urbaine tunisoise reste menacée non seulement par une urbanisation anarchique, mais aussi par les enjeux liés à la plus-value foncière. Pourtant, elle pourrait être une composante majeure de la construction urbaine (Bouraoui, 2000), surtout que bon nombre d’agriculteurs arrivent, malgré les différentes contraintes, à maintenir leur terres en s’adaptant aux conditions urbaines et à tirer profit de certaines de celles-ci. Les parcelles agricoles accueillent de plus en plus des activités urbaines et deviennent «un lieu de la ville», comme c’est le cas de nombreuses terres de la Plaine de La Soukra.

Ainsi, nous émettons l’hypothèse que la reconnaissance et la valorisation socio-économique de l’agriculture urbaine tunisoise nécessite d’abord la compréhension de sa dynamique agro-économique et socio-spatiale.

Cette valorisation pourrait s’inspirer de l’expérience francilienne en matière d’aménagement spatial et jouer un double rôle environnemental et paysager qui contribuerait à l’amélioration du cadre de vie des citadins. Encore faudrait-il inventer les politiques d’aménagement qui permettent sa pérennité.

 

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Page personnelle de Claire Fonticelli

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Bibliographie

communication IDEP 2016

Thèse sous la direction de Patrick Moquay

Débutée en 2015

Sujet de thèse

De la densité rejetée à la densité souhaitée : la densification par l’habitat collectif peut-elle être qualitative et bien vécue ?
Le cas de l’habitat collectif et intermédiaire dans les centres-bourgs périurbains francilien.

La périurbanisation est un phénomène majeur qui a caractérisé l’évolution du peuplement de notre pays et les formes de son développement urbain ces dernières décennies (Roux et Vanier 2008). Ce vaste mouvement de périurbanisation, qui touche de façon diverses l’ensemble des pays occidentaux (Caruso 2002), s’est notamment traduit par des formes urbaines très consommatrices d’espace.

S’il a été dans un premier temps perçu sous un aspect assez favorable, aussi bien par la puissance publique (Mayoux 1979) que par les chercheurs (Bauer et Roux 1976, Dubois-Taine et Chalas 1998), l’étalement urbain et l’espace qu’il produit, le périurbain, restent néanmoins très controversés depuis l’emblématique ouvrage, La ville insoutenable (Bonnin et al. 2006). D’autres publications ont ensuite repris cette critique de l’étalement urbain (par exemple,  La tentation du bitume, où s’arrêtera l’étalement urbain ?  (Hamelin et Razemon 2012) jusqu’au livre extrêmement critique Le cauchemar pavillonnaire (Debry 2012), les médias culturels français reprenant cette vision (de Jarcy et Rémy 2010). Si, et de plus en plus, ces critiques sont mêlées de des voix discordantes, qui défendent ce mode de vie spécifique comme le souligne l’article d’Eric Charmes, « Les périurbains sont-ils anti-urbains ? » (Charmes 2007b), ou Marie-Christine Jaillet «L’espace périurbain : un univers pour les classes moyennes» (Jaillet 2004),  le périurbain demeure largement controversé. 

Pour autant, l’étalement urbain, qui se poursuit actuellement en dehors des limites de l’Ile de France, est de plus en plus contraint règlementairement, et un ensemble d’acteurs – chercheurs, responsables de l’urbanisme à l’échelle nationale, régionale et départementale – s’accordent sur les méfaits (environnementaux, sociaux, économiques) de l’étalement urbain (Reux 2015), et, sans tomber dans une critique systématique et stérile de ces espaces, s’attachent, au contraire à trouver une alternative à l’étalement urbain. L’objectif public est aujourd’hui à la réhabilitation de ces espaces, comme le soulignent les prises de position de l’actuelle ministre du logement (Pinel 2015). Cette réhabilitation passe notamment par la recherche d’un modèle alternatif à l’étalement urbain, et a conduit la pensée urbanistique à prôner un retour à des formes urbaines plus denses. La densification s’est ainsi vue progressivement érigée en objectif de politique publique (Anastasia Touati 2010). Par elle, il serait possible de faire vivre davantage de population au sein d’un même espace, et donc de préserver les espaces agricoles et naturels. Encore faut-il que les stratégies de densification soient acceptées par les résidents.

En effet, travailler sur la densification dans les ensembles urbains préalablement constitués permet de satisfaire les besoins en logements sans pour autant consommer des terres agricoles (Le Foll et Miet 2013). C’est également un moyen de répondre aux communes pratiquant la rétention foncière ou le malthusianisme foncier (Charmes 2007a). Ce phénomène consiste pour les communes périurbaines constituées à ne pas continuer leur urbanisation sous prétexte de préservation des espaces agricoles et du cadre de vie, ce qui favorise la dispersion périurbaine et le Leapfrog (Mills 1981). Densifier est alors le moyen de remédier au besoin qu’ont ces communes d’accueillir de l’habitat, sans pour autant consommer des terres agricoles. Partant de ce constat, le programme de recherche BIMBY (Build In My Backyard), ciblant spécifiquement les quartiers pavillonnaires, a ainsi conduit à des expérimentations sur la densification de ces espaces.

Au problème intrinsèque de l’étalement urbain s’ajoute celui des types urbains produits : 90% du périurbain est effectivement constitué de maisons individuelles. Si celles-ci sont souvent idéalisées dans les représentations et plébiscitées par les français (ce que soulignent régulièrement de nombreux sondages, par exemple, le sondage Ipsos-Orpi de 2013,  révèle que 79% des français aspirent à une maison individuelle[1]), elles ne sont pour autant pas adaptées à tous mais essentiellement au modèle couple avec enfant et ne répondent donc pas aux besoins de l’ensemble de la population, comme le souligne dès 1966 l’ouvrage Les pavillonnaires : étude psychosociologique d’un mode d’habitat (Haumont 1966).

D’autres types de logements permettraient ainsi de développer davantage de mixité aussi bien sociale que  générationnelle – en offrant des types d’habitats adaptés aux personnes âgées, ainsi que des surfaces convenant aux personnes seules. L’habitat collectif ou intermédiaire apparaît alors comme une solution.

Avec l’habitat collectif, la densité urbaine est par ailleurs historiquement présente dans les bourgs périurbains (Bordes-Pages et al. 1995), que ce soit par des villages rues, aux maisons de ville mitoyennes accolées, ou bien par des formes de petit collectif assez denses, bien que peu hauts (Fouchier 1998). Cette culture de la densité qui caractérisait les villages a été perdue depuis les années 50, le modèle de la maison isolée sur la parcelle s’imposant peu à peu, alors que l’habitat collectif se résumait de plus en plus aux grands ensembles. L’ère de l’habitat sur rue était alors terminée (De Portzamparc 2005).

Mais si ces formes étaient autrefois présentes dans ces contextes urbains, la densification – par l’habitat collectif, qui plus est – cristallise les oppositions des habitants (Fouchier 1995). La densification concentre en effet les oppositions citoyennes (phénomène NIMBY) (Trom 1999), tout comme le collectif, rapidement associé aux « HLM » et autres logements sociaux qui sont des contre-modèles pour ces populations périurbaines (Berger 2004). A l’inverse, la figure du bourg, du village périurbain, se fait plus rassurante (Charmes 2011). Le développement des bourgs et de formes de centralité de périurbain est par ailleurs identifié dans différents scénarii prospectifs comme une solution alternative à l’étalement urbain (Ghorra-Gobin 2006 et Wiel M 2000), alors que dans certains de ces bourgs, le commerce de proximité se dynamise (Aragau 2007).

Mais aujourd’hui, du fait des obligations de compacités et de construction auxquelles sont confrontées les communes, et alors que se multiplient à la fois les pressions sur les élus locaux pour qu’ils limitent la consommation foncière (ALUR 2014), tout en construisant de l’habitat, notamment social (Loi SRU, 2000), certaines de ces communes se densifient pour répondre à ce double objectif, que ce soit par la réhabilitation d’habitat ancien (fermes divisées, maisons de ville divisée, surélévation), ou bien par de la construction sur des dents creuses et en démolition reconstruction (Didier-Fèvre et al. 2014)

Problématique :                               

Ainsi, si la densification est souvent mal vécue par les habitants, elle est –presque- toujours encouragée par les professionnels. Mais à quelles conditions ? Est-il possible de dépasser cette contradiction et de réconcilier les habitants avec la densification ? C’est la question que la thèse devra explorer, sur la base d’études de cas d’habitat collectif au sein des centres-bourgs périurbains : de la densité rejetée à la densité souhaitée, dans quelles conditions la densification peut-elle être vertueuse et bien vécue ?

Le choix de termes à dimension morale pour formuler la question de recherche est bien évidemment volontaire et assumé : il s’agit à la fois de questionner la portée normative de l’impératif de densification et de souligner la dimension qualitative du phénomène de rejet ou d’acceptation de celle-ci. Au-delà des caractéristiques matérielles et objectives de la densification, la réaction des habitants mobilise avant tout des appréciations esthétiques (dont des considérations paysagères et de qualité de vie) et des jugements moraux (le bien et le mal), bref des représentations socialement construites.

La densification, qui est ici comprise comme l’augmentation de la densité résidentielle sur un espace donné, sera étudiée sur les bourgs périurbains, c’est-à-dire les ensemble historiquement constitués rassemblant, dans le périurbain francilien, des fonctions de centralité sans pour autant être des villes. Il s’agira essentiellement des anciens noyaux villageois. Cette définition sera affinée au cours de la thèse. 

Dans ce contexte, l’étude de l’habitat collectif, ainsi que l’habitat intermédiaire prend ainsi tout son sens, et il s’agira de brosser son portrait. Peu étudié dans le cadre du périurbain où la plupart des études monographiques portent sur l’habitat individuel, l’habitat collectif périurbain mérite cependant qu’on s’y attarde afin de déterminer qui y habite et dans quelles conditions de logement (subit, choisi).

Le travail de recherche ne pourra s’affranchir d’un travail approfondi sur les formes urbaines – collectif, intermédiaire, voire individuel dense – permettant la densité urbaine.

Quelles formes prend alors la densification des centres-bourgs périurbains franciliens? Comment densifier par de l’habitat collectif sans pour autant générer des oppositions de la part des populations en place ?

Hypothèses :

Hypothèse 1: la densification douce en centre-bourg périurbain est un mode de production de logement qui répond aux enjeux actuels de durabilité et d’économie d’espace.

Hypothèse 2 : la densification par l’habitat collectif et intermédiaire en centre-bourg est d’autant mieux acceptée et suscite d’autant moins de rejet que cette construction imite et recréé les architectures traditionnelles des bourgs.

Hypothèse 3 :  la propension à la densification est extrêmement variable d’une commune à l’autre, selon les préférences des systèmes d’acteurs impliqués (élus et ingénieries locales).  L’implication des élus et ingénieries locales pour favoriser ou défavoriser la densification varie fortement d’une commune à une autre, et elle peut se manifester aussi bien à la défaveur qu’à la faveur de la dynamique de construction, faisant apparaître un gradient entre les bourgs périurbains, du plus malthusien au plus bâtisseur. La construction dans les bourgs-centres fait intervenir des acteurs spécifiques avec un ancrage local important (petits promoteurs locaux, bailleurs sociaux départementaux où filiales locales des grands groupes). Ce sont souvent les promoteurs qui sont à l’initiative de la densification dans les bourgs périurbains, les ingénieries locales étant souvent en retrait et n’assumant pas la densification comme un enjeu de leurs politiques, ou ne se saisissant pas de projets d’intérêt communal.

Méthode :

La méthode d’analyse se décline en trois temps. Dans un premier temps, elle reposera sur une connaissance globale de la densification par l’habitat collectif dans ce milieu. Puis, à travers une analyse basée sur une dizaine de sites, la méthode tâchera de dégager les tenants et les aboutissants de la production de logement collectif. Enfin, elle permettra une analyse sur la réception de l’habitat collectif et intermédiaire en centre-bourg.

1- Etat de l’art de l’offre d’habitat collectif et intermédiaire dans les centres-bourgs périurbains

  • analyse de l’offre des principaux constructeurs d’habitat collectif en Ile de France (promoteurs mais également bailleurs sociaux), afin d’analyser dans le contexte de notre étude – les centres-bourgs périurbains – la nature de l’offre produite. Elle s’appuiera sur une enquête téléphonique réalisée auprès de l’ensemble des bourgs périurbains franciliens.
  • Après avoir dégagé les principales caractéristiques du marché immobilier public et privé dans les centres-bourgs périurbains, les caractéristiques des immeubles construits ainsi que le type d’architecture dont ils s’inspirent seront identifiés afin de définir une typologie de la construction d’habitat collectif et intermédiaire. Elle soulignera les types d’habitats dominants, en fonction de critères immobiliers (SHAB, nombre de logement, nombre d’étage…), et architecturaux (matériaux, couleur de la façade, type de toiture, type d’architecture dont il est inspiré).
  • Afin d’avoir une connaissance plus générale du marché de la production d’habitat collectif et intermédiaire, des entretiens avec des acteurs identifiés de la construction seront menés sur ces thématiques (promoteurs réalisant du collectif de bourg, maître d’œuvre ayant des références dans ces secteurs…). 

2-  Analyse de cas : la production d’habitat collectif en centre-bourg

  • Une dizaine de réalisations, issue de la typologie précédente sera étudiée de façon plus approfondie. Elles devront être variées (architecture pastichante ou plus contemporaine ; logement social ou promotion privée, contexte de la commune …) afin de permettre une lecture diversifiée du contexte de la construction de l’habitat collectif en centre-bourg périurbain.
  • Une analyse des sites et des contextes de l’étude sera menée. Il s’agira de connaître les tenants et aboutissants des opérations de densification afin de dégager quelles sont les conditions ayant influencé leur construction (projet de la commune, plan local d‘urbanisme, système d’acteurs en place, exigences architecturales).
  • Sur ces sites, des entretiens avec les porteurs du projet (élus, cadres techniques, promoteurs, maître d’œuvre) seront également menés. Il s’agira d’entretiens exploratoires, portant sur les éléments factuels et les motivations officielles… Parmi les personnes ciblées pour ces entretiens, on peut penser aux chargés d’études responsables de ces densifications, aux maîtres d’ouvrages, aux responsables politiques locaux (élus à l’urbanisme), ainsi qu’aux maîtres d’œuvre. Ces entretiens devront mettre l’accent sur le choix des formes architecturales, au regard des questions de densité et de production de logement.

3- La réception de la densification par les habitants:

  • Trois sites parmi les dix précédents seront alors choisis et une série d’entretiens qualitatifs auprès d’habitants du bourg, de la rue de l’immeuble et de l’immeuble sera menée, afin d’analyser les éléments d’appréciation énoncés par les habitants.
  • La thèse tachera de mettre en avant des projets où cette densification a été bien acceptée pendant le projet, ou a fait l’objet d’une acceptation ultérieure, afin de comprendre les tenants et les aboutissants des positions des habitants. Les démarches mises en place pour accompagner la densification, notamment en matière d’information ou de participation, seront analysées et les conditions de leur efficacité seront questionnées.
  • En complément de ces enquêtes auprès de responsables locaux et d’habitants, des formes d’objectivation des aménités du quartier seront recherchées. Ainsi, la qualité du cadre de vie selon des critères paysagers et architecturaux sera également caractérisée et des données relatives aux prix de l’immobilier chercheront à établir les variations relatives d’attractivité des quartiers étudiés. Au total, il s’agira d’analyser les impacts de la densification sur le cadre de vie, que ce soit en matière de qualité architecturale, paysagère et de mixité sociale et fonctionnelle des quartiers.

 

 

Page personnelle de Roberta Pistoni

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PhD Subject

Association: LAREP – ENSP Versailles-Marseille (France) and Landscape Architecture Group – WageningenUR (Netherlands).

Application of « energy-conscious design » principles in planning and design: new sustainable energy landscapes.

The PhD proposal relates to the ongoing discourse on energy transition, starting from the consideration that the energy transition generates a landscape transition too (Nadaï and Horst 2010), thanks to the long-lasting relationship between energy management and spatial organization (De Pascali 2008). The landscape is considered, according to the European Landscape Convention, as « cadre de vie », as perceived and conceived by the people and whose character is the result of the action and interaction of natural and/or human factors (Council of Europe 2000). The concept of landscape also refers to a design category – landscape design and planning – that can have a central role in the transition processes, supporting decision making and knowledge synthesis (Nassauer 2012), thanks to the landscape’s visible and invisible cultural and societal components.

Different « energy-conscious concepts » have been developed over the past years to advance a more careful thought about the linear functioning of ‘take-make-waste’ of our society. We selected urban metabolism, circular economy, cradle to cradle and territorial ecology, to find out and analyze their operational principles with relevance for project strategies, that in this research I refer to as « energy-conscious design », referring to the conscious handling of natural resources, energy and materials and the utilization of infrastructure, technology or other systems and strategies to build a spatial/landscape project, considering production, supply, consumption, transformation and disposal of resources.

The research aims is to examine to what extent an « energy conscious design » is a conscious landscape design. Therefore the subject inquired are projects implementing an « energy conscious design » in the framework of the energy transition and  to analyze how landscape is shaped and transformed. The skills and roles of landscape architecture (as discipline) and landscape design (as activity) in project teams and energy-space nexus in public policy are questioned too.

The research considers case studies in France and in the Netherlands, nations that have in their political agenda strategies in order to transit from fossil fuels towards renewable and carbon-free sources. Furthermore, the two nations have an important and long lasting tradition in landscape architecture, but with different role and involvement in energy transition process. The comparison between countries can put in perspective the processes and the issues of energy transition in relation to space and landscape.

Method

The overall research is conducted as research on design (Brink and Bruns 2014), combining project analysis and practitioners discourse. It’s divided in three parts.

  1. Literature survey

The literature study is carried out on three subjects:

  • « energy conscious concept »: urban metabolism, circular economy, cradle to cradle, territorial ecology
  • energy landscape planning and designing
  • Setting of landscape architecture and energy transition policy in France and the Netherlands.

2. Projects analysis

To analyze French and Dutch energy landscape shaping projects, developed on the basis of this « energy-conscious design », three to four embedded cases in France (TEPOS) and two to three embedded cases in the Netherlands will be selected.

3. Practitioners enquiries

The enquiries about practitioners in France and in the Netherlands, it’s conducted through three methods.

  • Online questionnaires survey to professional association as French landscape architects, members of the Federation Française du Paysage (FFP) and at the « Netherlands Association for Garden and Landscape Architecture » (NVTL).
  • Design competitions and calls for expression of interests relating to energy-spatial related projects. The subject of this part of the study isn’t the resulted project, but to see if there is an increase of the number of spatial-energy projects during the years and to analyze which actors are implied and at what scale.
  • Semi structured enquiries with the landscape architects, working in the team project of the selected embedded cases in France and in the Netherlands. This part is positioned the part about practice, to underline the sub-questions about of landscape architects role.

References:

Barles Sabine (2008), « Comprendre et maîtriser le métabolisme urbain et l’empreinte environnementale des villes », Responsabilité et environnement, n° 52, octobre, pp. 21-26.

Brink van den Adri, Bruns Diedrich (2014), « Strategies for Enhancing Landscape Architecture Research », Landscape Research, n° 39, pp. 7-20.

Buclet Nicolas (2011), Écologie industrielle et territoriale: stratégies locales pour un développement durable, Presses universitaires du Septentrion, Villeneuve d’Ascq.

Council of Europe (2000), European Landscape convention, Florence.

De Pascali Paolo (2008), Città ed energia: la valenza energetica dell’organizzazione insediativa, Franco Angeli, Milano.

McDonough William, Braungart Michael (2002), Cradle to cradle: remaking the way we make things, North Point Press a division of Farrar, Straus and Giroux, New York

Nadai Alain, Van Der Horst Dan (2010), “Landscapes of energies”, Landscape Research, n° 35 (2), pp. 143-155.

Nassauer Joan Iverson (2012), “Landscape as medium and method for synthesis in urban ecological design”, Landscape Urban Planning, n° 106, p. 221-229.

Sijmons Dirk (eds.) (2014), Landscape and energy. Designing transition, nai010 publishers, Rotterdam.

Stremke Sven, Van Den Dobbelsteen Andy (eds.) (2013), Sustainable energy landscape. Designing, Planning and development, CRC Press.

Vandevyvere Han,  Stremke Sven (2012), “Urban Planning for a Renewable Energy Future: Methodological Challenges and Opportunities from a Design Perspective.” Sustainability, n° 4(6), pp. 1309-1328.

Related website:

Landscape Architecture Group – Wageningen University

 

Bibliothèque jardins

Petite bibliothèque numérique de l’art des jardins

Par Chiara Santini

 

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BOYCEAU DE LA BARAUDIERE Jacques (v. 1562- V. 1634), Traité du jardinage, selon les raisons de la nature et de l’art, Paris, M. Vanlochom, 1638 (lien à l’ouvrage).

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