Le paysage en douze questions

(Re)construire les paysages des villes et des campagnes ?

Douze textes ont été rédigés en vue d’une publication encyclopédique de l’Académie d’Agriculture de France, sous une forme réduite et partiellement modifiée.

Préalables à l’édition définitive, les douze textes seront publiés sur Topia la plateforme de recherche de l’ENSP en principe chaque mois par série de trois ou quatre jusqu’au début de 2019.

La notion de paysage fait partie des thèmes principaux abordés par la section 7, environnement et territoire, de l’Académie d’Agriculture de France. Car les paysages ruraux, agricoles et forestiers, comme ceux des villes et des villages, sont l’objet de politiques publiques, nationales et européennes, depuis un siècle. Au cours du XXIe siècle et des transitions environnementales importantes qui vont l’affecter, doit-on et peut-on en modifier la production ?

Pour éclairer la situation actuelle, les textes qui suivent exposent de manière synthétique : comment définir la notion de paysage (1), la nature des actions publiques de paysage (2-3-4-5), les démarches scientifiques d’écologie du paysage (7-10), les démarches patrimoniales (6), les questions posées par les paysages agricoles (6-7-8-9) et urbains (10-11) et l’évolution des formations des professionnels du paysage (12).

Cette notion n’est pas indépendante des neuf autres thèmes abordés par ailleurs dans la section 7, notamment territoire, agriculture, biodiversité, eau, service écosystémique, climat et sol. Cette relation est approfondie dans le thème territoire (territoire et paysage, territoire et communs).

Dans chaque texte, le point de vue adopté est soit pluridisciplinaire, soit métadisciplinaire (voir l’avant-propos).

En caractère italique, les deux textes attendus. En rouge, les textes en ligne.

1 – Qu’est-ce-que le paysage ? P. Donadieu

2 – Pourquoi et comment gouverner les paysages ? Y. Luginbühl

3 – Les politiques publiques de paysage : quels enjeux ? P. Moquay (texte à venir)

4 – Un paysage peut-il être démocratique ? Y. Luginbühl

5 – Le paysage : consensus ou controverses ? H. Davodeau

6 – Le paysage : un outil de la conservation des patrimoines ruraux ? P. M. Tricaud

7 – Pourquoi et comment améliorer la biodiversité dans les paysages agricoles ? F. Burel

8 – Pourquoi les agriculteurs devraient-ils s’intéresser à leurs paysages ? P. Donadieu

9 – Les paysages agricoles sont-ils porteurs de vraies ou de fausses nouvelles ? P. Donadieu

10 – Quels rôles des trames vertes et bleues dans les milieux (péri)urbains ? P. Clergeau

11 Le végétal en ville : quels impacts sur le microclimat urbain et sur la qualité de l’air ? Y. Brunet (texte à venir)

12 Comment ont évolué les métiers du paysage ? P. Donadieu

Avant-Propos

Dans ces textes, la notion de paysage relève de deux paradigmes de pensée peu éloignés. L’un relève de la pensée scientifique systémique (non analytique et non linéaire par définition) et du concept écologique universel d’écosystème. Ce dernier inspire, notamment, des analyses fonctionnelles de la biodiversité, des sols et des climats, lesquelles débouchent sur la notion utilitaire de services écosystémiques (approvisionnement, régulation environnementale, services sociaux et culturels).

L’autre paradigme, inspiré en Europe par l’histoire politique et sociale des territoires et les arts visuels, développe une approche pragmatique, souvent holistique et transversale aux actions publiques sectorielles, des relations du vivant humain et non humain avec son milieu. Il s’appuie en particulier sur la définition juridique du paysage donnée par la Convention européenne du paysage de Florence (2000). Celle-ci vise la définition et la mise en place de « politiques de paysage et d’objectifs de qualité paysagère » dans les territoires.

Dans le premier cas, le paysage exprime soit un niveau géographique d’analyse sectorielle (l’écologie des paysages ruraux et urbains, les infrastructures vertes et aquatiques), soit des aménités paysagères ou environnementales du cadre de vie. Dans le second cas, les pouvoirs et les politiques publics (notamment l’État en France), grâce à des outils spécifiques de régulation transversale des paysages (plan, atlas, charte, observatoire …) et aux professionnels du paysage, sont mis en situation de construire empiriquement des relations concertées, évolutives et singulières entre les milieux de vie et les habitants des territoires.

Ces deux paradigmes, fonctionnel/systémique (écologique) et relationnel/pragmatique (paysager), peuvent soit se compléter (consensus territorial), soit s’affronter (controverses sociales et scientifiques), soit susciter l’indifférence ou la méfiance voire le rejet, notamment de certains acteurs du monde professionnel agricole ou des sociétés habitantes.

P. Donadieu 2 octobre 2018

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