…du LAREP

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Le LAREP est le Laboratoire de recherche de l’École nationale supérieure de paysage de Versailles-Marseille
Il regroupe les enseignants-chercheurs ou ingénieurs de recherche de l’ENSP et les doctorants du laboratoire
Le LAREP sur le site de l’ENSP

 

Les contributeurs de Topia :

Roland Vidal, administrateur

Auréline Doreau, pages “Paysage et énergie”

Cécile Mattoug, pages “Séminaires du LAREP” et “Journées doctorales”

Pierre Donadieu, page “Guide des rues de Versailles”

 

Enseignants-chercheurs :

Sophie Bonin

Patrick Moquay

Alexis Pernet

Yves Petit-Berghem

 

Doctorants :

Clémence Bardaine

Brice Dacheux

Eugénie Denarnaud

Claire Fonticelli

Roberta Pistoni

Louis-Philippe Rousselle-Brosseau

Saloua Toumi

 

Roland Vidal

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Ingénieur de recherche
Enseignant

Thématiques professionnelles et/ou de recherche
Relations entre la ville, l’agriculture et le paysage

Enseignements dispensés
Agriurbanisme et projet de territoire

Autres activités professionnelles et/ou responsabilités hors ENSP
Animateur du collectif d’enseignement et de recherche en agriurbanisme et projet de territoire (CERAPT)
Co-encadrant, avec Luc Vilan, de l’atelier “La métropole oubliée” à l’École d’architecture de Versailles
Responsable de l’Unité d’enseignement “Paysage, théories et pratiques” du Master AETPF à AgroParisTech

Mini CV
Roland Vidal est docteur de l’ENGREF en Sciences de l’environnement et ingénieur de recherche à l’Ecole nationale supérieure du paysage de Versailles. Son enseignement dans cette école, ainsi que dans de nombreux autres établissements, porte sur les relations entre la ville, l’agriculture et le paysage, thématique qui est également au centre de ses activités de recherche. Celles-ci se veulent opérationnelles et se font en collaboration avec des architectes, des paysagistes et des agronomes, avec lesquels il a fondé le Collectif d’enseignement et de recherche en agriurbanisme et projet de territoire. Le CERAPT (voir agriurbanisme.fr) s’est donné comme objectif la formation des compétences nécessaires à l’aménagement des zones d’interface entre la ville et l’agriculture. Parallèlement, il participe au groupe de réflexion « Nature urbaine en projet », qui travaille notamment sur les relations entre ville, nature et agriculture.

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Publications (page web)

Site Internet

Patrick Moquay

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Professeur en sciences humaines et sociales
Délégué scientifique de l’ENSP, directeur du LAREP, responsable du département Sciences humaines et sociales
Habilitation à diriger des recherches (HDR)

Thématiques professionnelles et/ou de recherche
Articulation entre projet de territoire et projet de paysage
Dilemmes du développement durable (échelle locale) et mobilisation des arguments paysagers
Politiques publiques locales et gouvernance des biens environnementaux (paysage, eau, milieux naturels, forêt…)
Recompositions territoriales

Enseignements dispensés
Démarches patrimoniales de gestion des paysages (master 2 TDPP)
Politiques paysagères et dispositifs locaux de protection de la nature et des paysage (DEP2, Atlas)
Eléments de méthodes des sciences sociales (DEP2 Atlas, DEP3 mémoire)
Politiques, gouvernance, prospective (DEP3)

Autres activités professionnelles et/ou responsabilités hors ENSP
Membre du conseil scientifique du Conservatoire du littoral
Membre du conseil scientifique du comité de bassin Seine-Normandie
Membre de l’équipe projet du programme de recherche-action Paysages, territoires, transitions (PTT) du ministère chargé de l’environnement

Mini CV
Politologue de formation, Patrick Moquay est professeur à l’ENSP Versailles. Tout au long de son parcours, il a allié préoccupations académiques et goût pour l’action. Maître de conférences à l’ENGREF Clermont-Ferrand de 1997 à 2006, Patrick Moquay y a créé en 2000 l’équipe de recherche Politiques publiques et développement des territoires (POP’TER). Il a collaboré à divers projets sur le paysage en Auvergne (centre du paysage de Lavoûte-Chillac, observatoire photographique des territoires du Massif Central), avant d’animer l’équipe de recherche « Paysages et fonctions non marchandes des espaces ruraux » du Cemagref (aujourd’hui IRSTEA) à Bordeaux. Élu en 2008 maire de Saint-Pierre d’Oléron et président de la communauté de communes de l’île d’Oléron, il a interrompu sa carrière pour se consacrer à l’exercice de ses mandats locaux, avant d’intégrer l’ENSP en septembre 2014. Ses travaux portent sur la gouvernance des territoires et l’élaboration collective de projets relatifs aux aménités naturelles (paysage, environnement…).

Yves Petit-Berghem

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Professeur en Écologie
Habilitation à diriger des recherches (HDR)

Géographe de formation, Yves Petit-Berghem a exercé plus de 20 ans dans plusieurs universités françaises (Lille, Arras, Caen) avant d’être recruté Professeur en septembre 2014 à l’École nationale supérieure de paysage de Versailles. Il participe à la formation conduisant au Diplôme d’Etat de Paysagiste (DEP) en mobilisant une pédagogie propre à la conception par le « projet de paysage ». Les cours abordent en particulier les savoirs théoriques et les méthodologies spécifiques d’une écologie intégrative adossée aux fondamentaux du projet de paysage. Parallèlement, il assure la formation des doctorants de l’école doctorale ABIES qui accueille également les mastérisants de la spécialité de master « Théories et Démarches du Projet de Paysage » (M2 TDPP) de l’Université Paris-Saclay. Yves Petit-Berghem est membre du laboratoire de recherche en paysage (LAREP) et développe ses activités de recherches dans l’axe 1 du laboratoire consacré aux « Savoirs et pratiques du projet de paysage ». Les travaux réalisés ces dernières années se sont inscrits dans le champ des sciences du paysage et de l’environnement. Autour d’objets géographiques variés (les littoraux, les forêts, les écosystèmes urbains), les recherches ont mobilisé savoirs et savoir-faire et se sont adossées à des parcours de formation puisant dans les sciences humaines et sociales, dans les sciences de la vie et de la terre et dans les sciences pour l’ingénieur. Résolument appliquées, elles ont été orientées en direction des acteurs en charge de l’aménagement et de la gestion opérationnelle des territoires.

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Alexis Pernet

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Maître de conférences en sciences humaines

Thématiques professionnelles et/ou de recherche
Alexis Pernet a construit sa pratique professionnelle et sa pratique de recherche de façon croisée – voire volontairement confondues. En abordant des missions d’évaluation et de prospective sur les politiques publiques de paysage, il a été confronté à la nécessité de porter un éclairage d’ordre épistémologique sur les outils manipulés par les paysagistes – approche qu’il a approfondie au travers de sa thèse sur la notion de grand paysage. Attentif à la dimension de l’expérience du paysage, il a développé, à l’intérieur d’équipes pluridisciplinaires, des outils de médiation et de projet ouverts à la participation du public. Ses recherches portent notamment sur la représentation de ces processus de projet, à la fois dans une optique d’ouverture (accessibilité, implication) et sous un angle réflexif. Pratique assidue du dessin et exploration des formes de relation écrite du projet de paysage font le lien entre pratique professionnelle, de recherche et d’enseignement.

Mini CV
Paysagiste DPLG (ENSP Versailles, 2000), DEA Jardins-Paysage-Territoires (2005), Docteur en géographie (2011. Titre de la thèse : Le grand paysage en projet, entre trajectoires institutionnelles et territoires vécus ; l’expérience de l’atelier des paysages en vallée de l’Ance, PNR Livradois-Forez, Auvergne. Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, UMR Géographie-Cités, équipe EhGO, sous la direction de Frédéric Pousin). Maître assistant associé à l’École nationale supérieure d’architecture de Clermont-Ferrand (de 2009 à 2013) et responsable de formation à AgroParisTech (de 2004 à 2010). Membre du comité de rédaction de la revue Les Carnets du paysage, du réseau d’enseignement et de recherche Espace rural & Projet spatial.

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Site internet

Sophie bonin

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Maître de conférences
Membre du Conseil d’Administration et du Conseil des enseignants de l’ENSP
Co-responsable de la commission des stages de DEP2
Membre du comité de pilotage de la chaire Paysage Energie

Thématiques professionnelles et/ou de recherche
Paysage fluvial ; grands aménagements et risques sociaux ; esthétique du quotidien et relations entre les notions de paysage, de cadre de vie, et les politiques publiques (objets récents : trames vertes, nature en ville, qualification des paysages périurbains, territoires agri-urbains)

Enseignements dispensés
Participation à la formation des paysagistes DEP (2ème année, UE Atlas et UE Politiques, acteurs et enjeux; 3ème année, Mémoire de recherche)
Responsable du module “Politiques publiques et projet de paysage” dans le Master 2 Théories et Démarches du Projet de Paysage (ENSP)

Autres activités professionnelles et/ou responsabilités hors ENSP
Membre du Conseil Scientifique du programme ITTECOP (Infrastructure Terrestre de Transport, Ecosystème et Paysage) du MEEM, de l’ADEME, du CILB et de la FRB
Co-responsable du projet AGRIGE (Archipels agriurbains, résistances et gouvernances) dans le cadre du PSDR4 (voir www.psdr-agrige.fr)
Participation au programme Didactique du Paysage (financé par le Fonds National de la Recherche Suisse, piloté par Anne Sgard, Universite de Genève) ; membre du comité d’organisation d’un colloque sur le sujet à Genève en octobre 2017

Membre du comité de rédaction de la Revue de géographie alpine/ Journal of Alpine Research
Membre du comité d’organisation des Entretiens du Pradel, septembre 2017, Design territorial et agronomie
Participation au groupe Agroécologie et climat de l’IAVFF
Interventions en Master 1 Espaces Ressources Milieux (AgroParisTech, UE Diagnostic paysager et agroécologique d’exploitation agricole), dans la Dominante d’Approfondissement du cursus d’ingénieur : Ingénierie des Espaces Végétalisés en Ville (AgroParisTech, IE2V, UE Agriculture urbaine)et Master 2 Tourisme et environnement (Université Versailles St Quentin en Yvelines)

Mini CV
Sophie Bonin est maître de conférences à l’ENSP Versailles, après un parcours d’étude et de recherche sur le paysage, orienté surtout par les approches géographiques (matérielles et sociales). Ingénieur agronome et ingénieur civil, après une thèse à Paris I sous la direction d’Yves Luginbühl, son premier poste de maître de conférences a été à l’Institut de géographie alpine, à Grenoble, dans l’UMR PACTE-Territoires. Puis après un détachement au CETE (Centre d’études techniques de l’équipement) de l’Ouest, à Nantes, elle a rejoint l’ENSP en 2009. Ses travaux ont porté sur les paysages fluviaux, la Loire en particulier et ses aménagements, en ville ou par rapport aux grandes infrastructures ; sur les trames vertes, et sur la qualification des paysages périurbains ; et récemment sur les territoires agri-urbains et sur la didactique du paysage. Le fil directeur de ces recherches est la saisie des relations entre les paysages vécus, quotidiens, et les modèles paysagers institutionnalisés.

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Pierre Donadieu

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Professeur émérite
Docteur en géographie (Université Paris 7), diplômé d’études approfondies (master) d’écologie végétale (Université de Montpellier), ingénieur d’agronomie (ENSSAA de Dijon) et ingénieur horticole (ENSH Versailles), membre titulaire de l’Académie d’Agriculture de France, Pierre Donadieu est professeur émérite en sciences du paysage à l’École nationale supérieure de paysage de Versailles-Marseille (ENSP). De 1971 à 1977, il est enseignant-chercheur successivement à Dijon, à l’Institut agronomique d’El Harrach (Algérie), et à l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II de Rabat-Agadir (Maroc). À partir de 1977, il enseigne à l’ENSP. Il y créé le département d’enseignement d’écologie, puis celui de sciences humaines et sociales, les ateliers pédagogiques régionaux de quatrième année, le laboratoire de recherches (LAREP), la formation doctorale et le master Théories et démarches du projet de paysage avec l’Université Paris Panthéon Sorbonne et AgroParis Tech (Université Paris-Saclay). Parallèlement, il participe, avec Bernard Lassus et Augustin Berque, à la création de la formation doctorale « Jardins, paysages, territoires « de l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-La -Villette avec l’École des Hautes études en sciences sociales. Il est professeur invité à l’Université de Sousse (Tunisie) de 2002 à 2011. Ses travaux de chercheur ont concerné successivement la phytoécologie et la bioclimatologie méditerranéenne, le développement agropastoral en Méditerranée, la conservation des zones humides en France, les politiques publiques de paysage en Europe, les agricultures urbaines et les formations des paysagistes dans le monde.

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Quelles gouvernances pour les paysages agricoles ?

D’abord un petit rappel de vocabulaire pour deux mots polysémiques.
Gouvernance : tout mode de décision et d’évaluation, public et/ou privé, qui associe toutes les parties prenantes de ce qui est à décider et à évaluer.
Paysage : Partie de territoire, telle que perçue par les populations, et dont le caractère résulte de l’actions de facteurs naturels et/ou humains, et de leurs interrelations (article 1 de la Convention européenne du paysage de Florence, 2000).

Ces deux définitions signifient que la production des paysages agricoles par les agriculteurs dépend à la fois des conditions naturelles de leurs terroirs (notamment du climat et du sol), des conditions techniques, sociales et économiques des exploitations agricoles, ainsi que de leur cadre politique (la politique agricole commune européenne en particulier). Comme ces paysages sont également ceux des publics qui les perçoivent, ces derniers sont loin d’être indifférents à leur nature.
En résulte l’idée que la liberté de produire des paysages agricoles a des limites. Elle doit tenir compte des jugements de goût et de valeur des habitants des territoires autant que de leurs visiteurs. Depuis environ un siècle en France, il existe en effet des politiques publiques de paysage, qui visent autant la conservation de la nature, des monuments et des sites, que l’accompagnement de la production des paysages ordinaires par les services de l’Etat.
En France, les paysages sont administrés par l’application des codes de l’urbanisme, rural,  du patrimoine et de l’environnement. Comme les paysages agricoles concernent la moitié de la surface du territoire national, et que les modes de production de l’agriculture conventionnelle peuvent être remis en cause pour des raisons de santé publique et environnementale, les restrictions apportées à la liberté des agriculteurs d’entreprendre doivent être éclairées.
De manière plus positive, comment “écologiser” les modes intensifs de production agricole ? Par exemple en diminuant les quantités de pesticides sans diminuer la rentabilité de l’exploitation.
La première méthode, la plus courante, est de légiférer et de faire appliquer les normes prévues par la loi. Ce qui ne suffit pas, si l’on en juge par la persistance des proliférations d’algues vertes sur les rivages bretons, par la pollution chronique de nombreux cours d’eau et nappes phréatiques, due aux pesticides, par le drainage des zones humides, par la destruction des réseaux de haies et la régression continue de la biodiversité dans les espaces agricoles. En bref par la réduction de la diversité des paysages cultivés au profit de modèles intensifs spécialisés dans quelques productions.
En sont en partie responsables les incitations financières de la PAC qui privilégie le premier pilier (soutien aux marchés et aux revenus des agriculteurs), aux dépens du second (environnemental).
Dans ce contexte, l’inflexion des exploitations vers les chemins de l’agroécologie apparaît difficile si les incitations de la PAC ne changent pas radicalement. Les injonctions législatives récentes (lois Grenelles et Biodiversité) ne suffiront pas.

La seconde méthode consiste à renoncer à la seule administration descendante (top down) de l’agriculture par l’Etat, surtout si elle est fondée sur des normes non négociées avec le monde agricole concerné, ou si aucune évaluation de l’action publique n’est prévue ou possible.
En revanche, si dans chaque territoire (commune ou groupe de communes), il est possible de réunir des représentants de toutes les parties prenantes de la transformation des paysages (agriculteurs, propriétaires fonciers, acteurs publics, associations locales …), une gouvernance multiacteurs des paysages peut se mettre en place. Elle aura pour objectif de décider en parlant des paysages souhaitables, des modes de production les plus appropriés à la société locale. Les tensions et les conflits seront inévitables. Ils emprunteront des chemins juridiques (mobilisation d’un principe de précaution ou de prévention ?). Ils modifieront surtout la conscience locale des questions environnementales lorsque seront adoptés des indicateurs de processus de transformation des paysages agricoles.
Par exemple : le taux de boisement et de linéaires de haies de la commune, la surface de milieux favorables à la biodiversité ou à la réduction des GES, ou bien le retour de populations animales choisies localement ou encore le nombre d’espèces cultivées dans les assolements. Ces débats poseront également le problème local de la proximité et de la qualité des produits agroalimentaires surtout dans les régions urbaines.
Pour y parvenir, il faudra des professionnels du paysage pour organiser la médiation locale, car les élus ruraux n’en ont pas en général la capacité. Malheureusement, ces professionnels sont rares, et il faudra les former.
Pour approfondir le fond théorique de cette alternative : le pragmatisme démocratique du philosophe américain John Dewey,  l’ouvrage de Joëlle Zask (Introduction à John Dewey, Paris, La Découverte, coll. « Repères », 2015, 128 p.) est conseillé.

N’est-il pas naïf cependant de croire qu’il sera possible pour un médiateur du débat public de faire décider un public local partagé entre des logiques contradictoires, y compris avec des experts ? Pour une entreprise agricole  par exemple de maintenir son revenu en utilisant des pesticides sans polluer l’environnement. Cette incertitude ralentit considérablement la transition agroécologique.

Deux possibilités complémentaires existent pourtant pour  rendre compatible ce qui est contradictoire. L’on se souvient de la démonstration de la métaphore du chat d’Erwin Schrödinger : l’électron peut être simultanément dans deux états distincts de même que le chat dans la boite ou un danger le menace peut être à la fois mort et vivant pour l’observateur, même si c’est contre intuitif.  

De la même manière, l’on pourrait affirmer qu’une production agricole intensive aurait la possibilité d’être à la fois sous deux états : polluante et non polluante.  Mais il faudrait prouver scientifiquement comme Schrödinger l’avait montré avec la mécanique ondulatoire pour l’électron que deux états de l’exploitation agricole sont possibles en même temps : l’état polluant (les pesticides altèrent l’environnement) et l’état non polluant.

Pour y parvenir, il est possible de faire appel aux méthodes sophistiquées de l’agriculture raisonnée et de montrer que moins de pesticides, mieux utilisés, ne compromettent pas les revenus bruts de l’exploitation. Ce qui est constaté statistiquement par une enquête récente (Lechenet et al., Nature Plants, mars 2017) indiquant que “l’on peut réduire de 42 % en moyenne les pesticides sans effets économiques négatifs dans 59 % des  fermes sans label AB enquêtées en France)”.

Généralisons la perception de ces résultats. Pour les uns (des environnementalistes et des habitants exigeants), la diminution des pesticides ne sera pas suffisante (principe de précaution). Il n’en faut aucun ou des produits compatibles avec un label AB.  À leurs yeux, la production reste polluante et dangereuse pour la vie humaine et non humaine.

Pour les autres (les agriculteurs concernés par exemple), les normes environnementales locales prescrites (la qualité de l’eau des nappes de surface par exemple)  sont respectées et la production n’est pas polluante et dangereuse pour la santé humaine à leurs yeux. Ils dégagent leur responsabilité en cas de plaintes en la reportant sur les services de l’Etat qui définissent les normes.

De fait, les deux états contradictoires des exploitations agricoles (à la fois polluant et non polluant) se superposent, comme les états des électrons de Shrödinger. On pourrait penser que l’histoire de l’agriculture française sort ainsi de la trajectoire linéaire de la rationalisation qui respecte le principe de non contradiction : l’état non polluant souhaité doit éliminer l’état polluant. Ainsi interprété, le réel qui était simplifié devient multiple et avec lui l’incertitude réapparaît comme actrice légitime de la décision publique.

Le choix de la gouvernance paysagère s’en trouve alors modifié. Soit les décisions s’appuient sur des paysages agricoles univoques dépendant seulement des marchés et d’injonctions de l’Etat (leur sens est seulement économique comme aujourd’hui), soit sur des paysages plurivoques, multifonctionnels et multiusages (leurs sens -économique, écologique, social, culturel – seraient multiples, même en étant contradictoires dans la réalité). Dans ce dernier cas, celui des chemins agroécologiques à prendre, pourraient émerger de manière dialectique de véritables communs paysagers, construits collectivement dans les territoires. Lire de P. Donadieu, Paysages en communs, pour une éthique des mondes vécus, Presses Universitaires de Valenciennes, 2014)

 

Pierre Donadieu, 24 mars 2017

L’incertitude est inévitable, mais ce n’est pas une mauvaise nouvelle …

Dans un monde incertain, l’essentiel n’est-il pas de faire face aux événements ? C’est-à-dire ” à ce qui échappe à la prévision, et arrive de lui-même tel un fait accompli qui m’affecte au plus près” (Jean-Luc Marion, Philosophie Magazine, n° 108, p. 69). L’événement est effectif avant d’être rationnel ou explicable. Il s’impose émotionnellement et irrévocablement.
Les attentats du “11 septembre” en 2001 furent un événement majeur pour le monde entier. Comme ceux de Charlie Hebdo, du Bataclan et de Nice en 2015 et 2016. Mais d’autres faits, moins tragiques, relèvent de la même qualification.
La tempête de 1999 qui ravagea les forêts et les parcs français ; la canicule de 2003 ; la tempête Xynthia de 2010 ou l’épizootie qui amena, en 2016, à l’extermination des canards d’élevage, ont frappé de stupeur les opinons publiques. Ce n’est qu’ensuite que ces événements ont été plus ou bien expliqués.
Le réchauffement climatique va probablement apporter son lot de conséquences dramatiques sur la vie des habitants de la planète. Les uns ne sont pas prévisibles comme les inondations, les sécheresses et les tempêtes, ni même évidemment imputables aux dérèglements climatiques. Ce sont de véritables événements au sens philosophique. Il faut les “encaisser” avant de les accepter.
Les autres sont réels, explicables, mais peu perceptibles : les migrations climatiques des populations humaines, végétales et animales, le dégel du permafrost, la fonte des banquises, la montée lente du niveau des océans ne sont pas des événements, mais des faits qui n’impressionnent pas. L’on peut même en douter.
L’événement climatique m’interpelle. Il appelle une réaction de ma part. Vais je m’engager pour la cause écologique et militer pour la réduction des émissions de GES, ou rester indifférent, voire m’inscrire dans le déni ? C’est le dilemme qu’engendre l’événement.
Peut-on et doit-on alors s’armer de règles claires pour résister aux événements, notamment climatiques ? Le philosophe J.-L. Marion suggère de se munir de “principes”. L’on pense au principe d’incertitude : le monde est incertain et il est illusoire de vouloir le maîtriser ou le prévoir. Savoir cela pour soi ne prémunit pas contre les tragédies, mais indique qu’il est préférable de s’engager pour la réduction des GES plutôt que de ne rien faire et de se résigner en imitant les autruches !
Pierre Donadieu, 23 mars 2017.

Biblio Jardins

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Bibliothèques de référence
pour la recherche sur les jardins et espaces publics parisiens

 

Bibliothèques municipales de la Mairie de Paris

Bibliothèques spécialisées de la Mairie de Paris (en particulier les bibliothèques Forney et de l’Hôtel de Ville)

Centre de documentation de l’École nationale supérieure de paysage de Versailles (ENSP)

Bibliothèque de l’Institut national d’histoire de l’art (INHA)

Bibliothèque nationale de France (BNF)

 

Bibliothèques numériques et bases de données iconographiques

Gallica. Bibliothèque numérique de la BNF ( livres, manuscrits, cartes, photos, presse etc.)

Gallica art des jardins

Agence photographique de la Réunion des musées nationaux (plans, tableaux, dessins, gravures, photos etc.)

Bibliothèque numérique de l’Institut national d’histoire de l’art (INHA) (textes imprimés et manuscrits, dessins, plans, gravures etc.)

Bibliothèque René Pechère . Multimédiathèque des Jardins (textes, images, plans)

Images de jardins. Direction des documentations du Musée du Vivant et du CIRE (DDMC), AgroParisTech (gravures, tableaux, dessins, photos, plans etc.)

La Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine (bases de données, photos)

 

Références bibliographiques

ALLAIN Y.-M., CHRISTIANY J., L’art des jardins en Europe. De l’évolution des idées et de savoir-faire, Citadelles & Mazenod, Paris, 2006.

ALPHAND Adolphe (1817-1891), Les Promenades de Paris, 2 vol., Paris, J. Rothschild, 1867-1873, (en ligne).

BÉNETIÈRE M. H., Jardin, vocabulaire typologique et technique , dir. par M. Chatenet, M. Mosser Ed. du Patrimoine, Paris, 2000.

CHOAY F., « Haussmann et le système des espaces verts parisiens », Revue de l’art, 1975, 29, p. 83-99.

CONSTANS M. (dir.), Jardiner à Paris au temps des rois, Paris, Action artistique de la ville de Paris, 2003.

LEVEQUE I., PICON A., Le Parc des Buttes Chaumont. Etude historique, 2 vol., Mairie de Paris, Paris, 2007 (disponible au Centre de documentation de l’ENSP).

LIMIDO L., L’Art des jardins sous le Second Empire. Jean-Pierre Barillet-Deschamps (1824-1873), Champ Vallon, Seyssel, 2002.

JARRASSE Dominique, Grammaire des jardins parisiens. De l’héritage des rois aux créations contemporaines, Paris, Parigramme, 2007.

MOSSER M., TEYSSOT G. (dir.), Histoire des jardins : de la Renaissance à nos jours, Flammarion, Paris, 1991.

PINON P., Altas du Paris haussmannien. La Ville en héritage du Second Empire à nos jours, Paris, Parigramme, 2002.

SANTINI C., « Haussmann et Alphand : la construction de l’identité paysagère de Paris. Savoirs et savoir faire du projet de paysage à l’époque de Napoléon III », in C. Chomarat-Ruiz (dir.), Paysages en projet, Presses universitaires de Valenciennes, Valenciennes, 2016, p. 17-54.

SANTINI C., « Promenades plantées et espaces verts : un regard historique sur la nature en ville de Paris », in Déméter, Paris, Club Déméter, 2012, p. 211-226 (en ligne).

SANTINI C., « Les promenades de Paris de C. A. Alphand. Communiquer le projet de paysage à l’époque de Napoléon III », in Projets de paysage, VI, (20 juillet 2011), (en ligne).

TEXIER S. (sous la dir. de), Les parcs et les jardins dans l’urbanisme parisien. XIXe-XXe siècles, Paris, Action Artistique de la Ville de Paris, 2001.