Soutenance Claire Fonticelli

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Thèse de doctorat en sciences du paysage

Laboratoire de recherche en projet de paysage (LAREP), laboratoire de recherche de l’école nationale supérieure de paysage de Versailles-Marseille (ENSP) / École doctorale n°581 Agriculture, alimentation, biologie, environnement et santé (ABIES) / Financement R2DS).

CONSTRUIRE DES IMMEUBLES AU ROYAUME DES MAISONS
La densification des bourgs périurbains franciliens par le logement collectif : modalités, intérêts et limites.

Jury :

M. Eric Charmes, directeur de recherches, ENTPE Rapporteur
M. Xavier Desjardins, professeur, Sorbonne Université Examinateur
M. Jean-Claude Driant, professeur, École d’urbanisme de Paris (Université Paris Est) Examinateur
Mme Marie-Christine Jaillet, directrice de recherches CNRS, Université de Toulouse Examinatrice
Mme Lucile Mettetal, chargée d’études à l’institut d’aménagement et d’urbanisme d’Ile-de-France Membre invitée
Mme Monique Poulot, professeur, Université Paris Nanterre Rapporteur
M. Patrick Moquay, professeur, ENSP, directeur de thèse Directeur de thèse
La thèse sera soutenue publiquement le 27 novembre 2018 à 14h au 19 avenue du Maine 75015 Paris amphithéâtre B208 (2ème étage, couloir B).

Résumé : ­

Alors que le périurbain est souvent vu comme le royaume du logement individuel, le parc de logement des communes périurbaines se diversifie en Ile-de-France. Le logement collectif y représente 40% des opérations de construction de logement (Sit@del 2009-2013).
Ces logements – souvent des opérations modestes comprenant en moyenne une vingtaine de logements – permettent de diversifier le parc existant pour réaliser des logements locatifs ou plus petits. Ils permettraient alors de répondre aux besoins des jeunes ménages, des familles monoparentales ou des personnes âgées qui n’ont pas nécessairement les moyens ou l’envie d’habiter dans du logement individuel. Ce serait une opportunité de de renforcer la maturation périurbaine (Berger, 2014), tout en de dynamisant la commune et en favorisant la transition démographique, souvent souhaitée par les élus.
Pourtant, la densification est loin d’être évidente sur ces communes : les difficultés à densifier sont importantes. Le coût direct de la densification pour la collectivité est le plus souvent très élevé, et le marché laissé libre ne produirait – sauf exceptions – que des maisons individuelles. L’argent public devient ainsi indispensable pour construire du collectif en densification dans ces communes : il est largement subventionné. Le manque d’acteurs pour réaliser ces opérations est également un frein, que ce soit en termes d’ingénierie pour aider à réaliser la construction qu’en termes d’opérateurs ou de promoteurs. Si ce parc de logement se construit, le plus souvent, c’est parce que l’imbrication réglementaire et législative propre à l’Ile de France l’impose, souvent à l’encontre des volontés des maires.
Alors, sur ces bourgs périurbains, la plupart des constructions revêtent un style standardisé : les immeubles de petit collectif utilisent le plus souvent des formes architecturales dites de « néo-village » qui imitent l’architecture traditionnelle des bourgs sans hésiter à la détourner. L’architecture des centres-bourgs se doit être la plus consensuelle possible pour ne pas rajouter des crispations complémentaires pour les habitants. Elle se traduit par des façades sur rue, peu rythmées, qui interdisent les balcons et les terrasses auxquelles les habitants aspirent. Or, dans ces communes où habiter dans une maison est la norme, et où le rêve d’un jardin est important, ces appartements peinent à répondre aux aspirations de leurs habitants.
En cela, la densification révèle un côté irréconciliable entre les attentes des habitants et celles des élus. L’investissement important que la densification demande pour se réaliser – aussi bien en termes de risque politique que d’argent public – en comparaison à la satisfaction en demi-teinte par laquelle elle se traduit, une fois achevée, questionne la pertinence des politiques de densification sur les territoires périurbains.

Le Grand Pari(s) d'Alphand

 

Le Grand Pari(s) d’Alphand

Création et transmission d’un paysage urbain

Sous la direction de :
Michel Audouy, Jean-Pierre Le Dantec, Yann Nussaume, Chiara Santini
Édition de La Villette,  Paris, 2018

 

Invitation à l’exploration d’une œuvre ayant façonné le paysage du Paris moderne, cet ouvrage propose un hommage critique à Adolphe Alphand (1817-1891). Ingénieur des ponts et chaussées ayant débuté sa carrière à Bordeaux, il y est remarqué par Georges-Eugène Haussmann qui, peu après sa nomination par Napoléon III comme préfet de la Seine, le place à la tête du service des Promenades et Plantations parisiennes.
Féru de progrès et de rationalisme, Alphand conçoit et réalise, avec ses équipes – constituées de jardiniers-paysagistes, d’architectes et d’ingénieurs de talent -, un système d’espaces verdoyants allant des plantations d’alignement jusqu’à l’aménagement paysager des bois de Boulogne et de Vincennes, en passant par celui des squares et des parcs intérieurs. Après la disgrâce d’Haussmann et la fin du Second Empire, Alphand continue à régner sur l’ensemble des Travaux de Paris et dirige l’organisation de l’Exposition universelle de 1889, qui a légué la tour Eiffel. On lui doit également le monumental ouvrage Les Promenades de Paris, annonciateur d’une discipline nouvelle : l’urbanisme paysager.
Tirée d’un oubli immérité, la figure de ce grand commis de l’État, dont l’œuvre a connu un rayonnement mondial, était le sujet du colloque international « Le Grand Pari(s) d’Alphand », dont les contributions sont ici rassemblées. La sélection de textes qui conclut ce volume vise à prolonger l’analyse de l’œuvre d’Alphand par des extraits des Promenades de Paris, avec ses traités techniques et de l’art des jardins, de témoignages mais aussi de textes de grands auteurs de son temps.

Avec les contributions de :
Cedissia ABOUT, Michel AUDOUY, Henri BAVA, Jean-Pierre BÉRIAC, Philippe CLERGEAU, Stéphanie DE COURTOIS, Rosa DE MARCO, John Dixon HUNT, Pierre DONADIEU, Catherine FRANCESCHI-ZAHARIA, Adrien GEY, Christophe GIROT, Laurent HODEBERT, Michel HÖSSLER, Bernard LANDAU, Jean-Marc L’ANTON, Jean-Pierre LE DANTEC, Bertrand LEMOINE, Isabelle LEVÊQUE, Luisa LIMIDO, Guilherme MAZZA DOUARDO, Alexandre MOATTI, Yann NUSSAUME, Michel PÉNA, Pierre PINON, Chiara SANTINI, Gideon FINK SHAPIRO, Catherine SZANTO.

La guerre des métaux rares

Guillaume Pitron : La guerre des métaux rares. La face cachée de la transition énergétique et numérique. Préface d’Hubert Védrine. Édition Les liens qui libèrent, 2018.

Note de lecture de Roland Vidal

Praséodyme, lanthane, indium, beryllium, néodyme, niobium…
Le premier mérite de l’ouvrage de Guillaume Pitron est de nous familiariser avec ces noms, pour la plupart inconnus, dont on risque pourtant de parler de plus en plus dans les années qui viennent. On en parlera parce qu’ils seront de plus en plus l’enjeu de conflits commerciaux et industriels, parce qu’ils seront l’objet de cette nouvelle « guerre des métaux » qu’évoque l’auteur.

Mais on peut aussi se demander de quels paysages ces « métaux rares » sont les acteurs. Et, là, la réponse dépend de quel coté de la chaîne de production l’on se trouve. Car derrière ces conflits qui s’esquissent aujourd’hui se dessine une fracture paysagère et environnementale qui commence tout juste à sortir du cadre néo-colonial dans lequel elle s’était installée.

D’un côté de la chaîne de production, donc, on trouve ces fameux paysages de la transition énergétique, avec panneaux photovoltaïques sur les toits des habitations, éoliennes à l’horizon et véhicules électriques dans les rues. Des paysages dont on débat, dans nos démocraties de plus en plus participatives, mais pour des raisons d’ordre esthétique bien plus qu’environnemental.

De l’autre côté, c’est-à-dire à l’autre bout du monde, ce sont les paysages de la « face cachée » de cette même transition énergétique. Cachée à nos yeux… pas aux yeux de ceux qui y habitent encore et tentent d’y survivre.

À Ganzhou, par exemple, la ville natale de Gao Xingjian (Nobel de littérature 2000), où des « montagnes de déchets toxiques » se dispersent au point d’obstruer les affluents du fleuve bleu, « des hommes et des femmes, nez et bouche recouverts de simples masques, travaillent dans une atmosphère saturée de particules noircies et d’émanations acides » (page 42).

À Baotou, principale ville de Mongolie-Intérieure et première région productrice de terres rares au monde, les rejets toxiques et la radio-activité1 ont fait fuir la plupart des habitants de leurs lieux de vie qu’ils appellent maintenant les « villages du cancer ».

Et aussi dans d’autres parties du monde, comme l’Indonésie, l’Amérique latine ou l’Afrique.

Là, tout comme en Chine, les nappes phréatiques sont infestées par toute sorte de rejets toxiques. L’eau potable manque2, les terres empoisonnées aux métaux lourds deviennent incultes et même les pluies deviennent acides. 

Selon l’endroit d’où on l’observe, la transition énergétique ne produit donc pas les mêmes environnements ni les mêmes paysages. Elle est « une transition pour les classes les plus aisées : elle dépollue les centres villes, plus huppés, pour mieux lester de ses impacts réels les zones plus miséreuses et éloignées des regards » (page 81). C’est en ce sens qu’elle s’inscrit dans la continuité d’un néo-colonialisme qui a toujours exporté les externalités négatives des pays dominants vers les pays dominés.

Car les métaux rares ne le sont pas plus en Amérique ou en Europe qu’en Chine. Ils sont présents un peu partout sur la planète. Ce sont les conditions de leur extraction, très dommageables pour l’environnement, qui font que les régions du monde qui en ont les moyens ont renoncé à les exploiter sur leur territoire. Les États-Unis, qui en avaient encore le leadership mondial il y a une trentaine d’années, ont fini par fermer leurs mines sous la pression des associations écologistes et de l’agence de protection de l’environnement. C’est à ce moment que la Chine, alors moins soucieuse de son environnement, a pris la place qui est la sienne aujourd’hui sur ce marché laissé libre par les Américains.

Mais les choses sont en train de changer. Outre la prise de conscience, tardive mais réelle, des autorités chinoises envers les questions environnementales, les Chinois ne veulent désormais plus exporter leurs terres rares vers des pays qui accaparent l’essentiel de la plus-value réalisée en laissant la pollution sur place.

La Chine, comme d’ailleurs les autres pays exportateurs comme l’Indonésie, continuera ses exploitations minières, mais au service de sa propre transition énergétique plutôt que de la nôtre.

Et la nôtre dépendra de notre capacité à ouvrir des mines de terres rares sur notre propre territoire, ce à quoi s’opposent les mouvements écologistes, désormais conscients des enjeux environnementaux qu’elle recouvre. Sur ce point, Guillaume Pitron pense que nous n’aurons guère le choix :

« La réouverture des mines françaises serait la meilleure décision écologique qui soit. Car la délocalisation de nos industries polluantes a eu un double effet pervers : elle a contribué à maintenir les consommateurs occidentaux dans l’ignorance des véritables coûts écologiques de nos modes de vie, et elle a laissé à des États dépourvus de tout scrupule écologique le champs libre pour extraire les minerais dans des conditions bien pires que si la production avait été maintenue en Occident. » (page 236)

La question des paysages de la transition énergétique est donc amenée à changer de forme. Il ne s’agira plus tellement de réfléchir à l’intégration des éoliennes ou des panneaux solaires dans nos paysages patrimoniaux, mais de s’interroger sur l’impact de ces nouvelles exploitations minières que nous ne pourrons plus ignorer puisque nous les aurons sous les yeux.

Et il sera toujours temps de se pencher sur cette évidence : la moins polluante des énergies sera celle que nous ne consommerons pas.

 


Présentation de l’auteur par l’éditeur :
“Journaliste pour Le Monde Diplomatique, Géo ou National Geographic (il est notamment lauréat de l’édition 2017 du Prix Erik Izraelewicz de l’enquête économique, créé par Le Monde), Guillaume Pitron signe ici son premier ouvrage. La géopolitique des matières premières est un axe majeur de son travail. Il intervient régulièrement auprès du parlement français et de la Commission européenne sur le sujet des métaux rares.”
Voir la 4e de couverture


Guillaume Pitron est également co-auteur, avec Serge Turquier, du documentaire “La sale guerre des terres rares”, diffusé sur France 5 l’année dernière, présenté ici, et visible sur Youtube.
Il a été l’invité de France Culture lors de plusieurs émissions podcastables ici.


1  Les métaux rares ne sont pas radioactifs mais leur extraction nécessite leur séparation d’avec des minerais qui, eux le sont. Dans les lacs toxiques de Baotou, la radioactivité est deux fois plus élevée qu’à Tchernobyl (page 81)

 Du fait de l’exploitation des terres rares qui en consomme des quantités considérables : 200 litres par kilogramme extrait (page 44)

Les agricultures périurbaines – Annexes

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Actes du colloque de 2007
Les agricultures périurbaines : un enjeu pour la ville
ENSP – Université de Nanterre

Annexes

Bilan scientifiqueInstitutions participantesListe des intervenants


 

Bilan scientifique

Un colloque international et multidisciplinaire

Aborder la question des agricultures périurbaines sous l’angle de leurs relations à la ville, envisager comment ces relations peuvent déboucher sur des projets de territoire, ne pouvait se faire sans rassembler pour un débat commun des chercheurs, des enseignants et des praticiens issus de domaines habituellement éloignés les uns des autres.

De ce point de vue, le colloque de Nanterre a largement atteint ses objectifs puisqu’une centaine d’organismes de toute nature (écoles, laboratoires de recherche, agences publiques ou privées, associations, etc.) ont répondu à l’appel (voir annexes). Les disciplines dont étaient issus les participants étaient, elles aussi, très diversifiées (agronomie, architecture, écologie, économie, génie rural, géographie, paysage, sociologie, urbanisme), ainsi que les origines géographiques, puisque 22 pays étaient représentés.

Réparties en trois sessions, les séances plénières ont permis d’une part de comparer les approches et les expériences analysées dans les pays du Nord et du Sud, et d’autre part d’observer comment, à partir des différentes formes de relations entre l’agriculture et la ville, peuvent naître et se développer des projets de territoire. Ces derniers ont été illustrés par des exemples européens (italiens, espagnols, suisses et français), qui ont mis en évidence des différences significatives qui semblent relever autant des spécificités liées aux cadres institutionnels et aux modes de gouvernance qu’à des spécificités géographiques ou agronomiques.

La comparaison Nord-Sud, qui a régulièrement été mise en question lors des débats, a révélé des différences bien plus complexes qu’elles n’y paraissaient au premier abord. S’il se confirme que les priorités alimentaires dominent dans les pays du Sud alors que les considérations d’ordre paysager ou environnemental l’emportent dans les pays du Nord, on observe également un souci croissant pour le cadre de vie dans les premiers et un intérêt de plus en plus prononcé pour une alimentation de proximité dans les seconds. Bien que modulée par des variantes contextuelles qui restent fortes, l’agriculture urbaine apparaît donc de plus en plus comme une discipline originale et spécifique qui peut contribuer à améliorer la gouvernance des territoires, notamment dans les grandes régions urbaines comme celle de l’Ile-de-France.

Un colloque scientifique ouvert aux débats interprofessionnels

Si les 28 communications en séance plénière ont été principalement présentées par des intervenants issus du monde de la recherche et de l’enseignement, les débats et les ateliers ont été largement animés par des acteurs du monde professionnel. Ces rencontres ont permis une confrontation fructueuse entre les aspects théoriques développés par les chercheurs et la réalité concrète de projets en cours, comme ceux de Marne-et-Gondoire ou du Triangle Vert dont les animateurs ont présenté les premiers résultats. Les expériences franciliennes, thème retenu pour l’un des ateliers, ont été particulièrement approfondies, tant du point de vue des fonctions alimentaires de proximité que des nouveaux liens sociaux qui se construisent entre la ville et le monde agricole, ou des projets agriurbains pour lesquels la Région est un terrain pionnier d’expérimentations. Les trois autres ateliers ont porté sur les relations entre l’agriculture et la planification urbaine, le développement local, et les questions de paysage et de patrimoine.

La participation des professionnels du projet d’aménagement, paysagistes, architectes ou urbanistes, a constitué un autre point fort de ce colloque et ajouté à son haut niveau scientifique un caractère inter-professionnel rare dans ce type de manifestation.
Ces diverses communications ont montré que l’agriculture urbaine, pour peu qu’elle poursuive l’effort de dépassement des clivages qui isolent encore trop souvent les disciplines et les professions concernées, promet d’être une thématique d’un intérêt majeur pour le développement durable auquel aspirent aujourd’hui la plupart des régions urbaines, et notamment l’Ile-de-France dans sa volonté d’être la première Eco-région d’Europe. L’avenir de cette thématique nous a semblé d’ailleurs bien assuré, puisqu’en plus des nombreux étudiants présents, 19 doctorants ou post-doctorants ont contribué aux communications, en séance plénière, en atelier ou par le biais de poster.

Les acquis du colloque et les perspectives

Ébauche d’un réseau
Une esquisse de réseau a été constituée à cette occasion. Il comporte actuellement quelque 200 adresses électroniques et permet un échange d’informations régulier entre toutes les personnes intéressées par le sujet. Il constituera un outil important pour l’organisation de nouvelles manifestations scientifiques.

Élargissement des collaborations scientifiques
En Ile-de-France, ce colloque a aussi été le point de départ de nouvelles collaborations ; un « collectif d’enseignement et de recherche en agriurbanisme et projet de territoire » (CERAPT) a été constitué avec l’Ecole d’architecture de Versailles et AgroParisTech. Son objectif est d’amener sur le marché du travail une nouvelle figure professionnelle, l’agriurbaniste, capable de concevoir et de conduire des projets agriurbains de territoire. Ces nouveaux professionnels seront les concepteurs et les animateurs, qui répondront à la demande croissante de la Région de co-construction de projets de territoire répondant à la fois aux attentes citadines en matière d’aménités (paysage, approvisionnement, etc.) et à celles des agriculteurs, soucieux de la viabilité durable de leurs systèmes agricoles par les stratégies d’entreprise qu’ils choisissent. Ce collectif délivrera les compléments de formation nécessaires aux étudiants issus des formations initiales d’agronomes, de paysagistes et d’architectes. Il commencera ce travail d’innovation pédagogique dès 2008-2009 en mutualisant des enseignements ad hoc délivrés par ces institutions.

L’objectif de ce collectif est également de contribuer à l’approfondissement des recherches sur le concept de territoire agriurbain. Les partenaires scientifiques seront recherchés en Ile-de-France, au-delà des deux équipes que le présent colloque a réunies. Puisque nous avons constaté que nombre de chercheurs travaillent sur ces thèmes sans réelle coordination, il serait utile qu’émerge un programme régional de recherche en agriculture urbaine et projet agriurbain de territoire. Des coordinations sont également à renforcer à l’international, notamment avec l’Italie, le Canada, la Tunisie et le Mexique, pays avec lesquels des liens existent de longue date.

D’autres collaborations franciliennes se mettent également en place autour de la nouvelle spécialité que proposera, à partir de la rentrée 2009, l’Université de Nanterre dans le cadre de son master « Aménagement et urbanisme ». Un parcours « Développement durable et pratique de l’aménagement dans les espaces urbains et périurbains » sera ainsi mis en place avec la collaboration de l’Ecole d’architecture de Paris Val-de-Seine, d’Agrosparitech et de l’Université de Cergy-Pontoise. L’Ecole du paysage de Versailles et l’IUT de Compiègne sont également sollicités, ainsi que des partenaires du monde professionnel avec l’EPASA, la Ville de Nanterre, l’IAURIF, l’Agence des espaces verts et les PNR franciliens.

Avril 2008

Monique Poulot, André Fleury, Roland Vidal

Télécharger le bilan scientifique


 

Les institutions participantes  ^

45 établissements d’enseignement

AgroParisTech    France
Colegio de Postgraduados en Ciencias Agrícolas (México)    Mexique
Ecole d’Ingénieurs de Purpan    France
Ecole nationale de la nature et du paysage (Blois)    France
Ecole nationale supérieure d’architecture de Versailles (EAV)    France
Ecole nationale supérieure du paysage (Versailles)    France
Ecole Polytechnique de Tours    France
Ecole supérieure d’agronomie (Angers)    France
ENESAD (Dijon)    France
ENFA Toulouse Auzeville    France
Facoltà di Agraria di Perugia     Italie
Faculté d’Architecture de Palerme    Italie
Institut supérieur d’agronomie de Chott-Mariem (Sousse)    Tunisie
ISARA Lyon    France
Katholieke Universiteit Leuven    Belgique
Politechnico Bari    Italie
Politecnica delle Marche    Italie
TECOMAH Chambre de commerce et d’industrie de Paris    France
Universidad Nacional del Sur    Argentine
Universita’ IUAV di Venezia    Italie
Universitat de Girona    Espagne
Université Catholique de Louvain-La-Neuve    Belgique
Université d’Angers    France
Université de Bologne    Italie
Université de Caen Basse-Normandie    France
Université de Cologne    Allemagne
Université de Florence    Italie
Université de Genève    Suisse
Université de Lausanne    Suisse
Université de Liège    Belgique
Université de Milan    Italie
Université de Ngaoundéré    Cameroun
Université de Provence    France
Université de Tours    France
Université Hassan II    Maroc
Université Libre de Bruxelles    Belgique
Université Lille I    France
Université Lumière Lyon II    France
Université McGill (Montréal)    Canada
Université Paris IV Sorbonne    France
Université Paris X Nanterre    France
Université Rennes II    France
Université Ryerson (Toronto)    Canada
Université Technique Nationale d’Athènes (NTUA)    Grèce
Université Toulouse-Le Mirail    France

28 organismes d’étude et de recherche

Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD)    France
Centre de Recherche sur la Culture Japonaise de Rennes    France
Centre de recherche sur les espaces et les sociétés (CRESO, Caen)    France
Centre International des Hautes Etudes Agronomiques de Montpellier (CIHEAM)    France
Centre national de la recherche scientifique (CNRS)    France
Centre national du machinisme agricole, du génie rural, des eaux et des forêts (CEMAGREF)    France
Institut Agronomique Méditerranéen de Montpellier (IAMM)    France
Institut d’estudis territorials (Barcelone)    Espagne
Institut de Recherche Agricole pour le Développement (Yaoundé)    Cameroun
Institut für Ethnologie und Afrika-Studien (IFEAS, Mainz)    Allemagne
Institut National de Cartographie de Yaoundé    Cameroun
Institut national de la recherche agronomique (INRA)    France
Institut sénégalais de recherche agricole (ISRA, Dakar)    Sénégal
Instituut voor Sociale en Economische Geografie (Leuven)    Belgique
Laboratoire de Géographie comparée (GECKO, Nanterre)    France
Laboratoire « Territoire, ville, environnement et société » (TVES, Lille)    France
Laboratoire de recherches et d’études en sciences sociales (LARESS Angers)    France
UMR 5185 ADES (Bordeaux)    France
UMR 6173 CITERES (Tours)    France
UMR 6570 Telemme (Aix-Marseille)    France
UMR 6590 ESO-CESTAN (Nantes)    France
UMR 7145 LOUEST (Paris)    France
UMR 7533 LADYSS (Paris)    France
UMR Agir (INRA, Toulouse)    France
UMR Dynamiques rurales (Toulouse)    France
UMR Innovation (Montpellier)    France
UMR Métafort (Clermont-Ferrand)    France
UMR SAD-APT (INRA, Paris)    France

27 autres institutions, organismes ou associations

Agence d’Urbanisme du Pays d’Aix (AUPA)    France
Agences des Espaces Verts d’Île-de-France    France
AMAP “Rêve de Terre”    France
ARASEA Ile-de-France    France
Assemblée générale des Chambres d’agriculture    France
Association Alternatives Durables pour le Développement (Mbalmayo)    Cameroun
Association des études foncières (ADEF)    France
Bergerie nationale (Rambouillet)    France
CAUE 78    France
Centre National d’Appui au Développement (CNAD, Kinshasa)    Congo (RDC)
Centre national des Arts et Métiers (CNAM, Paris)    France
Chambre d’agriculture de Seine et Marne    France
Chambre Régionale d’Agriculture PACA    France
Chemin Faisant (agence d’urbanisme et paysage, Paris)    France
Communauté d’agglomération de Marne et Gondoire    France
Communauté urbaine de Lyon    France
Diputació de Barcelona    Espagne
Division Forest, Nature and Landscape (DFNL, Leuven)    Belgique
DRIAF Ile-de-France    France
ETC Urban Agriculture / RUAF    Pays-Bas
Fédération nationale des Safer    France
Institut d’aménagement et d’urbanisme de la Région Ile-de-France (IAURIF)    France
Pays du Chalonnais    France
SICA Versailles Ile-de-France    France
Triangle Vert des villes maraîchères du Hurepois    France
Terres en Villes    France
UNESCO-ALECSO    Tunisie

22 pays représentés

Par les intervenants : Allemagne, Argentine, Belgique, Cameroun, Canada, Congo RDC, Espagne, France, Grèce, Italie, Maroc, Mexique, Pays-Bas, Sénégal, Suisse, Tunisie.

Par les autres participants : Algérie, Chine, Liban, Portugal, République Tchèque, Syrie.

Télécharger la liste des institutions


 

Liste des intervenants  ^

 

AMEMIYA

Hiroko

Centre de Recherche sur la Culture Japonaise de Rennes

ANDRIEU

Dominique

UMR6173 CITERES

ANTHOPOULOU

Théodosia

Université Technique Nationale d’Athènes

ARNAL

Clément

Université Lumière Lyon2

AUBRY

Christine

UMR SADAPT

BA

Awa

Doctorante AgroParisTech

BACCONNIER

Sandrine

Université Toulouse-Le Mirail

BAKAYOKO

Issa

Institut für Ethnologie und Afrika-Studien

BANZO

Mayté

UMR 5185 ADES

BEN ATTIA

Ons

ISA-ENSP-ENGREF

BERNARD

Cécile

ENESAD Dijon

BERNETTI

Iacopo

Université de Florence

BHATT

Vikram

Université McGill Montréal

BOISCUILLE

C. de

ENSNP

BONNEFOY

Serge

Terres en Villes

BOPDA

A.

Institut National de Cartographie de Yaoundé

BOSSUET

Luc

INRA SADAPT

BOURAOUI

Moez

ISA Chott-Mariem (Tunisie)

BOURDIN

David

Université de Lausanne

BRANDUINI

Paola

Université de Milan

CALLAU

Sonia

Diputació de Barcelona

CHOUIKI

Mustapha

Université Hassan II

CISSE

Cheikh  Tidiane

Université de Genève

COLANTONIO

Rita

 

COLLIOT

Christèle

Chambre Régionale d’Agriculture PACA

CONSALES

Jean-Noël

Université de Provence

DARLY

Ségolène

INRA SAD-APT

DEL BONIFRO

Roberta

Politecnica delle Marche

DELFOSSE

Claire

Université Lyon2 LER

DUBBELING

Marielle

ETC Urban Agriculture / RUAF

DUFOUR

Annie

ISARA Lyon

DUVERNOY

Isabelle

INRA – UMR Agir

FANFANI

David

Dupt – Université de Florence

FARAH

Leila

Université McGill (Montréal)

FERRARIO

Viviana

Universita’ IUAV di Venezia

FOFIRI NZOSSIE

Eric Joël

Université de Ngaoundéré (Cameroun)

FORTIER

Rémi

Chambre d’Agriculture de Seine et Marne

FRAZDI

Emmanuelle

Marne et Gondoire

FROMAGEOT

Audrey

UMR Metafort

GABILLEAU

Typhaine

LARESS ESA Angers

GALLI

Andrea

 

GUEDJE

Nicole Marie

Institut de Recherche Agricole pour le Développement Yaoundé

GUERRINGER

Alain

UMR Métafort

HAMMAMI

Saïda

ISA Chott-Mariem / INA-PG

HAMPARTZOUMIAN

Hélène

Bergerie nationale

HANICOTTE

Violaine

ESA Angers

HIROKO

Amemiya

Centre de Recherche sur la Culture Japonaise de Rennes

HOUMAN

Boubaker

UNESCO (Tunisie)

JARRIGE

Françoise

UMR Supagro – Inra – Cirad

JOIRIS

Véronique

Université Libre de Bruxelles

JOLY

Nathalie

ENESAD Dijon

JOUVE

Anne-Marie

IAMM/CIHEAM

KÉBIR

Leila

UMR SADAPT

LARDON

Sylvie

UMR Métafort Clermont-Ferrand

LAURENS

Lucette

UMR Innovation Montpellier

LE GUEN

Roger

LARESS ESA Angers

LEJOLY

Jean

Université Libre de Bruxelles

LERETRIF

Jeanne

LARESS ESA Angers

LO PICCOLO

Francesco

Faculté d’Architecture de Palerme

LORDA

María-Amalia

Universidad Nacional del Sur (Argentine)

LOUDIYI

Salma

UMR Métafort Clermont-Ferrand

MACCAGLIA

Fabrizio

UMR LOUEST

MARCHEGGIANI

Ernesto

Politecnica delle Marche

MARGETIC

Christine

UMR 6590 ESO – CESTAN

MAROTTA

Paola

Faculté d’Architecture de Palerme

MARRACCINI

Elisa

UMR Métafort

MININI

Maria-Valeria

Dep. ICAR   Politecnico Bari

MELOT

Romain

INRA SAD-APT

MONACCI

F.

Dupt – Université de Florence

MONBUREAU

Barbara

Paysagiste D.P.L.G.

MONDY

B.

UMR Dynamiques rurales (UTM ENSAT ENFA)

MONLLOR RICO

Neus

Universitat de Girona (Espagne)

NAVARRO-GARZA

Hermilio

Colegio de Postgraduados en Ciencias Agrícolas (México)

NDAME

Joseph Pierre

Université de Ngaoundéré (Cameroun)

NGUEGANG ASAA

Prosper

Université Libre de Bruxelles

NIKOLAÏDOU

Sofia

Université Technique Nationale d’Athènes (NTUA)

NOUGAREDES

Brigitte

UMR Supagro – Inra – Cirad

OLIVARES-RODRIGUEZ

Felipe

Colegio de Postgraduados en Ciencias Agrícolas (México)

OLIVIER

Valérie

UMR Dynamiques rurales (UTM ENSAT ENFA)

PARADIS

Sylvie

Ecole d’Ingénieurs de Purpan

PARROT

Laurent

CIRAD département Amis/département Flhor

PASQUIER

C.

UMR SADAPT

PAÜL CARRIL

Valerià

Institut d’estudis territorials (Barcelone)

PELTIER

Christian

LADYSS Paris 1

PEREZ-OLVERA

Ma. Antonia

Colegio de Postgraduados en Ciencias Agrícolas (México)

PERRIN

Coline

UMR Telemme 6570 Aix-Marseille

PILLEBOUE

Jean

Dynamiques rurales  U.T.M.

PLANCHAT-HERY

Claire

UMR Métafort Clermont-Ferrand

POLI

Daniela

Dupt – Université de Florence

QUIBLIER

Gérard

Chambre Régionale d’Agriculture PACA

RAYMOND

Richard

UMR Métafort Clermont-Ferrand

RENARD

Jean

UMR 6590 ESO – CESTAN

RIBAS PALOM

Anna

Universitat de Girona (Espagne)

ROCA TORRENT

Anna

Universitat de Girona (Espagne)

ROUGET

Nicolas

GECKO Nanterre

RUBINO

Adalgisa

Dupt – Université de Florence

RUEGG

Jean

IPTEH-Université de Lausanne

SABATIER

Bruno

UMR Innovation Montpellier

SALAMAÑA SERRA

Isabel

Universitat de Girona (Espagne)

SALOMON CAVIN

Joëlle

Université de Lausanne

SANGIORGI

Franco

Université de milan

SANVITO

Daphne

 

SCAZZOSI

Lionella

Université de Milan

SCHILLECI

Filippo

Faculté d’Architecture de Palerme

SCHWEIGER

Jean-Baptiste

Marne et Gondoire

SEINGIER

Anne

Agricultrice

SEINGIER

Pascal

Agriculteur

SERRANO

José

Ecole Polytechnique de Tours

SERVAIN-COURANT

Sylvie

Université de Tours – UMR6173 CITERES

SOULARD

Christophe

UMR Supagro – Inra – Cirad

STREITH

Michel

CNRS / Laboratoire LADYSS

TASSINARI

Patrizia

Université de Bologne

THAREAU

Bertille

LARESS ESA Angers

TORRE

André

INRA SAD-APT

TROGNON

Laurent

UMR Métafort Clermont-Ferrand

TRUCHET

Stéphanie

UMR Métafort Clermont-Ferrand

VERDELLI

Laura

UMR6173 CITERES

VIANEY

Gisèle

INRA – IAMM

VINCQ

J-L

UMR Dynamiques rurales (UTM ENSAT ENFA)

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Les agricultures périurbaines – Appel

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Les agricultures périurbaines : un enjeu pour la ville

Vers des projets de territoire

Appel à contribution

Le laboratoire GECKO de l’Université de Paris X-Nanterre et l’École Nationale Supérieure du Paysage (partenaire de l’UMR SADAPT – INRA-INAPG) organisent un colloque sur les agricultures périurbaines. Il se tiendra à l’Université de Nanterre du 10 au 12 Octobre 2007 (deux journées de colloque et une journée de terrain). La publication des actes de ce colloque est prévue.

Comité scientifique : Moez Bouraoui (Institut National d’Agronomie, Sousse), Christopher Bryant (U. de Montréal), Pierre Donadieu (ENSP), Jean-Paul Charvet (U. Nanterre), Claudine Durbiano (U. Aix en Provence), André Fleury (ENSP), Yves Hanin (U. de Louvain-la-Neuve), Joe Nasr (U. Ryerson, Toronto), Monique Poulot (U. Nanterre), Dietrich Soyez (U. de Cologne), Christian Thibault (IAURIF), Roland Vidal (ENSP)

Comité d’organisation : Monique Poulot (U. Nanterre), André Fleury (ENSP), Roland Vidal (ENSP).


Les nouveaux modes d’habiter et l’automobilité grandissante des sociétés ont profondément transformé la forme de la ville, de la ville dense à la ville éclatée. Cet étalement urbain (urban sprawl) a donné naissance à un espace original, hybride, qui présente des aspects de marge ou d’entre-deux, avec des caractères simultanément urbains et ruraux : cet espace dit périurbain se caractérise par la prédominance d’espaces ouverts, notamment agricoles qui, de simples réserves pour l’urbanisation dans les années d’après-guerre, sont devenus des éléments essentiels du cadre de vie des habitants de la ville élargie. La forte attirance pour les aménités rurales (les produits, mais aussi le besoin de “ nature ”, d’espace, de liberté…) se traduit par une reconnaissance de la pertinence de l’agriculture au sein du système urbain dont elle contribue à améliorer la qualité de vie ; dorénavant perçue comme une activité aux fonctions multiples, ne répondant plus aux seuls impératifs de production de denrées agricoles, l’agriculture se voit restaurée dans sa relation avec la ville. Dans cette nouvelle configuration, les espaces agricoles du périurbain sont de plus en plus considérés comme des partenaires des nouvelles formes urbaines et des territoires organisés par la ville –surtout quand la notion de “ ville durable ” veut désormais fonder la plupart des pratiques de ceux qui construisent la ville. Dans cette reconfiguration, l’agriculture, qui a su au cours de son histoire intégrer à son fonctionnement de nombreuses innovations technologiques – comme le chemin de fer ou la réfrigération – aussi bien que les recompositions spatiales qu’elles ont induites, est amenée aujourd’hui à s’adapter à de nouvelles mutations.

Ce colloque propose de rassembler les expériences conduites aussi bien sur le plan théorique par des chercheurs de différents horizons que sur le plan pratique par les acteurs de projets impliquant l’agriculture dans ses relations à la ville. Les nouvelles imbrications en construction entre villes et campagnes requièrent des formules originales intégrant des logiques longtemps considérées comme contradictoires : urbaine et agricole, environnementale et économique. Loin des seules pratiques de zonages décrétées avec un strict partage spatial des activités, elles s’apparentent à des démarches souples associant les différents acteurs autour d’un projet de territoire qui inclut le maintien et la promotion d’une agriculture devenue “ bien public commun ” dans son processus de développement urbain. Il s’agira de voir comment ces procédures d’aménagements à l’œuvre autour des grandes agglomérations évoluent aujourd’hui vers l’invention de nouveaux territoires – à l’image des projets de territoires agri-urbains institutionnalisés en France depuis 2001 – qui intègrent leur agriculture périurbaine dans leur projet de développement urbain et associent pour leur gouvernance acteurs urbains et ruraux.

Les communications attendues s’inscriront dans l’un des thèmes correspondant aux trois sessions du colloque qui, durant les trois premières demi-journées, mettront respectivement l’accent sur la position des agriculteurs dans leurs nouvelles relations à la ville, le rôle de l’agriculture dans les projets urbains, et les différences et convergences entre les Nords et les Suds. Les contributions centrées sur des études de cas feront l’objet de discussions en ateliers dans la dernière demi-journée.


 
Session 1 : Agriculteurs et agricultures dans leur relation à la ville

Les évolutions contradictoires et nécessaires des métiers de l’agriculture ont débouché sur la notion d’agriculture multifonctionnelle. En effet, si l’agriculteur est un producteur de biens agroalimentaires, il participe aussi à la création de biens immatériels comme la qualité d’un paysage rural ou le goût du “ terroir ”. Cette tension s’applique tout particulièrement aux agricultures périurbaines insérées dans des systèmes agricoles régionaux et comprises par les nouveaux habitants comme les infrastructures vertes de leur nouveau cadre de vie.

Cet atelier souhaite recenser les stratégies et les nouvelles dynamiques à l’œuvre dans un monde agricole s’ouvrant aux souhaits et aux besoins de la société urbaine dominante.

Quelles stratégies les agriculteurs mettent-ils en œuvre pour s’adapter à la proximité urbaine, aussi bien pour mieux résister aux contraintes qui en découlent que pour tirer parti des nouvelles ressources qu’elle peut engendrer ?

Comment passent-ils de la simple diversification de leur production destinée à satisfaire de nouveaux marchés (circuits courts, agriculture bio, etc.) à une pluri-activité leur permettant de répondre à des attentes autres qu’alimentaires (fermes pédagogiques, gîtes ruraux, agri-tourisme, etc.) ?

Comment répondent-ils, directement ou indirectement, aux attentes citadines de cadre de vie, construisant ainsi une forme d’économie agricole à dimension multifonctionnelle ?
Comment la modernité de l’agriculture trouve-t-elle sa place face à une demande citadine souvent nourrie d’images traditionnelles et de valeurs patrimoniales ?

Il s’agira tout particulièrement de voir comment le concept d’agriculture est amené à évoluer du fait du renouvellement de ses relations à la ville, et quels sont les éléments de différenciation en fonction des caractéristiques agricoles (systèmes de production, pratiques et trajectoires agricoles, formes de faire-valoir, insertion territoriale…) mais aussi des rapports à la ville et des rapport des urbains à la campagne. En quoi cette agriculture est-elle innovante et comment cette innovation progresse-t-elle?


 
Session 2 : Agriculture et projet de territoire urbain

Cet atelier veut interroger la place et le rôle de l’agriculture et des agriculteurs dans les projets de territoire en émergence dans l’espace périurbain. Ce n’est plus simplement le maintien d’une ceinture verte autour des villes qui est en jeu mais la recherche de nouvelles imbrications entre espaces agricoles et sociétés urbaines. Il s’agira tout particulièrement d’identifier comment les agriculteurs deviennent des acteurs territoriaux et quels sont les outils facilitant leurs actions.

Quels types de territoires urbains se structurent en lien avec le monde agricole ?  Comment le territoire agricole, fruit des relations entre la population agricole et son espace cultivé, peut-il s’articuler avec le territoire urbain, fruit des relations de la population citadine avec sa campagne ?

Quelles sont les agricultures concernées ? Quelles fonctions ou valeurs de l’agriculture y sont privilégiées ? Comment y apparaît le débat nature/agriculture ? Quel doit être le rôle de l’agriculture dans le maintien des espaces ouverts et la construction de “ paysages-infrastructures ” propices au développement économique ? Dans ces projets, l’agriculture est-elle un outil de cohésion ou de fracture sociale et spatiale ?

Quelles sont les échelles des projets agriurbains ? Peut-on les penser comme des modèles utiles à une planification d’échelle régionale ? La mise en réseau des expériences est-elle la clé qui permettra de passer de l’initiative locale au projet de territoire à l’échelle de la région urbaine ? Quelles organisations spatiales sont-elles mobilisées ?

Quels sont les acteurs qui portent l’agriculture dans ces différents projets ? Comment les agriculteurs interviennent-ils ? Comment s’articulent les acteurs ? Quelle forme de gouvernance voit-on se mettre en place ? Comment l’agriculture, en tant qu’activité économique dotée de sa propre logique spatiale, peut-elle s’intégrer dans ces nouveaux territoires et ces nouveaux modes de gouvernance territoriale ?

À travers quels outils la place de l’agriculture est-elle intégrée ou mobilisée (pays, PNR, PLU, SCOT…) ? Qu’en est-il du foncier ? Quelles représentations pour ces territoires et quelles actions sont mises en œuvre ?

 


Session 3 : Différences et convergences entre les Nords et les Suds

Les communications relatives à cette session ne seront pas nécessairement des approches comparatives entre nord et sud. Elles pourront relater des expériences singulières, mais on s’efforcera de synthétiser ce qui, dans ces expériences, est susceptible d’être transposable ou, au contraire, ce qui apparaît spécifique aux Nords ou aux Suds.

Entre la fonction première d’une agriculture productrice de denrées alimentaires et son nouveau rôle de gestionnaire de cadre de vie, comment se différencie la hiérarchie des attentes sociales entre les pays du nord et ceux du sud ?

Pour expliquer les nouvelles fonctions de l’agriculture urbaine, la notion de paysage est-elle pertinente dans les pays du sud, ou reste-t-elle un concept importé et mal assimilé par la majorité des habitants ?

À l’inverse, la fonction alimentaire, qui connaît un renouveau dans les pays du nord, représente-t-elle une réelle préoccupation en termes de sécurité alimentaire, ou reste-t-elle anecdotique et d’une importance économique nécessairement limitée ?

Les questions relatives à l’environnement ont-elles, quant à elles, une valeur plus universelle permettant de considérer, de ce point de vue, le rôle de l’agriculture de façon similaire au nord et au sud ?

Le rôle des femmes et des réseaux familiaux est-il un facteur différenciant nettement les pays du sud de ceux du nord ?

 


 

Ateliers

Atelier 1 : Agricultures périurbaines et expériences franciliennes
Thèmes envisagés : Programmes agri-urbains ; projets de Zone d’agriculture protégée ; mise en réseau des expériences ; parcs naturels régionaux ; produits de terroirs, labels et marques…

Atelier 2 : Agricultures périurbaines et gestion des risques environnementaux
Thèmes envisagés : gestion de l’eau ; gestion des incendies ; utilisations des déchets urbains ; pollutions réciproques…

Atelier 3 : Agricultures périurbaines et développement local
Thèmes envisagés : vente directe et circuits courts ; AMAP ; insertion sociale…

Atelier 4 : Agricultures périurbaines, paysage et patrimoine
Thèmes envisagés : paysages identitaires (arbres, vergers, vignes, céréaliculture et grand bocage…) ; sites remarquables ; reconversions du bâti rural…

Les propositions de communication doivent être soumises sous forme d’un résumé d’une page environ, accompagné de quelques mots-clefs. Elles doivent parvenir avant le 15 avril 2007 et être adressées par mail aux trois adresses indiquées sur la fiche d’inscription jointe.

Les réponses seront communiquées aux auteurs à l’issue de la réunion du comité scientifique, au cours du mois de mai 2006.

Note : cet appel a été diffusé le 31 janvier 2007. Plus de 70 réponses nous étaient parvenues à la date limite. Elles ont été soumises pour sélection au comité scientifique qui en a retenu 48. Le programme a ensuite été légèrement modifié pour s’adapter aux propositions retenues.