Yves Petit-Berghem

Retour

Professeur en Écologie
Habilitation à diriger des recherches (HDR)

Géographe de formation, Yves Petit-Berghem a exercé plus de 20 ans dans plusieurs universités françaises (Lille, Arras, Caen) avant d’être recruté Professeur en septembre 2014 à l’École nationale supérieure de paysage de Versailles. Il participe à la formation conduisant au Diplôme d’Etat de Paysagiste (DEP) en mobilisant une pédagogie propre à la conception par le « projet de paysage ». Les cours abordent en particulier les savoirs théoriques et les méthodologies spécifiques d’une écologie intégrative adossée aux fondamentaux du projet de paysage. Parallèlement, il assure la formation des doctorants de l’école doctorale ABIES qui accueille également les mastérisants de la spécialité de master « Théories et Démarches du Projet de Paysage » (M2 TDPP) de l’Université Paris-Saclay. Yves Petit-Berghem est membre du laboratoire de recherche en paysage (LAREP) et développe ses activités de recherches dans l’axe 1 du laboratoire consacré aux « Savoirs et pratiques du projet de paysage ». Les travaux réalisés ces dernières années se sont inscrits dans le champ des sciences du paysage et de l’environnement. Autour d’objets géographiques variés (les littoraux, les forêts, les écosystèmes urbains), les recherches ont mobilisé savoirs et savoir-faire et se sont adossées à des parcours de formation puisant dans les sciences humaines et sociales, dans les sciences de la vie et de la terre et dans les sciences pour l’ingénieur. Résolument appliquées, elles ont été orientées en direction des acteurs en charge de l’aménagement et de la gestion opérationnelle des territoires.

CV intégral (pdf)

Publications (pdf)

Alexis Pernet

Retour

Maître de conférences en sciences humaines

Thématiques professionnelles et/ou de recherche
Alexis Pernet a construit sa pratique professionnelle et sa pratique de recherche de façon croisée – voire volontairement confondues. En abordant des missions d’évaluation et de prospective sur les politiques publiques de paysage, il a été confronté à la nécessité de porter un éclairage d’ordre épistémologique sur les outils manipulés par les paysagistes – approche qu’il a approfondie au travers de sa thèse sur la notion de grand paysage. Attentif à la dimension de l’expérience du paysage, il a développé, à l’intérieur d’équipes pluridisciplinaires, des outils de médiation et de projet ouverts à la participation du public. Ses recherches portent notamment sur la représentation de ces processus de projet, à la fois dans une optique d’ouverture (accessibilité, implication) et sous un angle réflexif. Pratique assidue du dessin et exploration des formes de relation écrite du projet de paysage font le lien entre pratique professionnelle, de recherche et d’enseignement.

Mini CV
Paysagiste DPLG (ENSP Versailles, 2000), DEA Jardins-Paysage-Territoires (2005), Docteur en géographie (2011. Titre de la thèse : Le grand paysage en projet, entre trajectoires institutionnelles et territoires vécus ; l’expérience de l’atelier des paysages en vallée de l’Ance, PNR Livradois-Forez, Auvergne. Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, UMR Géographie-Cités, équipe EhGO, sous la direction de Frédéric Pousin). Maître assistant associé à l’École nationale supérieure d’architecture de Clermont-Ferrand (de 2009 à 2013) et responsable de formation à AgroParisTech (de 2004 à 2010). Membre du comité de rédaction de la revue Les Carnets du paysage, du réseau d’enseignement et de recherche Espace rural & Projet spatial.

CV intégral (pdf)

Site internet

Sophie bonin

Retour

Maître de conférences
Membre du Conseil d’Administration et du Conseil des enseignants de l’ENSP
Co-responsable de la commission des stages de DEP2
Membre du comité de pilotage de la chaire Paysage Energie

Thématiques professionnelles et/ou de recherche
Paysage fluvial ; grands aménagements et risques sociaux ; esthétique du quotidien et relations entre les notions de paysage, de cadre de vie, et les politiques publiques (objets récents : trames vertes, nature en ville, qualification des paysages périurbains, territoires agri-urbains)

Enseignements dispensés
Participation à la formation des paysagistes DEP (2ème année, UE Atlas et UE Politiques, acteurs et enjeux; 3ème année, Mémoire de recherche)
Responsable du module « Politiques publiques et projet de paysage » dans le Master 2 Théories et Démarches du Projet de Paysage (ENSP)

Autres activités professionnelles et/ou responsabilités hors ENSP
Membre du Conseil Scientifique du programme ITTECOP (Infrastructure Terrestre de Transport, Ecosystème et Paysage) du MEEM, de l’ADEME, du CILB et de la FRB
Co-responsable du projet AGRIGE (Archipels agriurbains, résistances et gouvernances) dans le cadre du PSDR4 (voir www.psdr-agrige.fr)
Participation au programme Didactique du Paysage (financé par le Fonds National de la Recherche Suisse, piloté par Anne Sgard, Universite de Genève) ; membre du comité d’organisation d’un colloque sur le sujet à Genève en octobre 2017

Membre du comité de rédaction de la Revue de géographie alpine/ Journal of Alpine Research
Membre du comité d’organisation des Entretiens du Pradel, septembre 2017, Design territorial et agronomie
Participation au groupe Agroécologie et climat de l’IAVFF
Interventions en Master 1 Espaces Ressources Milieux (AgroParisTech, UE Diagnostic paysager et agroécologique d’exploitation agricole), dans la Dominante d’Approfondissement du cursus d’ingénieur : Ingénierie des Espaces Végétalisés en Ville (AgroParisTech, IE2V, UE Agriculture urbaine)et Master 2 Tourisme et environnement (Université Versailles St Quentin en Yvelines)

Mini CV
Sophie Bonin est maître de conférences à l’ENSP Versailles, après un parcours d’étude et de recherche sur le paysage, orienté surtout par les approches géographiques (matérielles et sociales). Ingénieur agronome et ingénieur civil, après une thèse à Paris I sous la direction d’Yves Luginbühl, son premier poste de maître de conférences a été à l’Institut de géographie alpine, à Grenoble, dans l’UMR PACTE-Territoires. Puis après un détachement au CETE (Centre d’études techniques de l’équipement) de l’Ouest, à Nantes, elle a rejoint l’ENSP en 2009. Ses travaux ont porté sur les paysages fluviaux, la Loire en particulier et ses aménagements, en ville ou par rapport aux grandes infrastructures ; sur les trames vertes, et sur la qualification des paysages périurbains ; et récemment sur les territoires agri-urbains et sur la didactique du paysage. Le fil directeur de ces recherches est la saisie des relations entre les paysages vécus, quotidiens, et les modèles paysagers institutionnalisés.

CV intégral (pdf)

Publications (pdf)

 

Pierre Donadieu

Retour

Professeur émérite
Docteur en géographie (Université Paris 7), diplômé d’études approfondies (master) d’écologie végétale (Université de Montpellier), ingénieur d’agronomie (ENSSAA de Dijon) et ingénieur horticole (ENSH Versailles), membre titulaire de l’Académie d’Agriculture de France, Pierre Donadieu est professeur émérite en sciences du paysage à l’École nationale supérieure de paysage de Versailles-Marseille (ENSP). De 1971 à 1977, il est enseignant-chercheur successivement à Dijon, à l’Institut agronomique d’El Harrach (Algérie), et à l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II de Rabat-Agadir (Maroc). À partir de 1977, il enseigne à l’ENSP. Il y créé le département d’enseignement d’écologie, puis celui de sciences humaines et sociales, les ateliers pédagogiques régionaux de quatrième année, le laboratoire de recherches (LAREP), la formation doctorale et le master Théories et démarches du projet de paysage avec l’Université Paris Panthéon Sorbonne et AgroParis Tech (Université Paris-Saclay). Parallèlement, il participe, avec Bernard Lassus et Augustin Berque, à la création de la formation doctorale « Jardins, paysages, territoires « de l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-La -Villette avec l’École des Hautes études en sciences sociales. Il est professeur invité à l’Université de Sousse (Tunisie) de 2002 à 2011. Ses travaux de chercheur ont concerné successivement la phytoécologie et la bioclimatologie méditerranéenne, le développement agropastoral en Méditerranée, la conservation des zones humides en France, les politiques publiques de paysage en Europe, les agricultures urbaines et les formations des paysagistes dans le monde.

Publications (pdf)

Martin Prominski

Retour

Martin Prominski est l’invité du Séminaire LAREP le 7 juin 2017, salle Édouard André, 14 h.

Martin Prominski est professeur à la Leibniz University Hannover (Allemagne) depuis 2009. Il a étudié le projet de paysage à l’Université Technique de Berlin et à l’Université de Harvard. Sa thèse de doctorat, soutenue à l’Université Technique de Berlin et publiée en 2004, s’intitule « Concevoir le paysage ». Il est le co-fondateur du Journal of Landcape Architecture (JoLA) en 2006 et participe à son comité éditorial jusqu’en 2010. Depuis 2008, Martin Prominski est aussi membre du Studio Urbane Landschaften [Atelier des Paysages Urbains], plateforme interdisciplinaire sur la recherche, la pratique et l’enseignement sur les paysages urbains.

 

Son intervention dans le cadre du séminaire LAREP intitulée « Research and Design » aura lieu à 14h en salle Edouard André et portera sur la recherche et le projet de paysage.

Image ci-dessus : Landscape Laboratory, Martin Prominski

Sarah Vanuxem était l’invitée du Séminaire Communs et Paysage le 10 mai 2017

Retour

Les sections de communes pour la protection du paysage ?

Sarah VANUXEM est juriste et maître de conférences en droit de l’environnement à l’Université de Nice Sofia Antipolis. Elle a soutenu sa thèse en droit intitulée Les choses saisies par la propriété en 2010, publiée en 2012. Questionnant à l’époque les principes de la propriété des choses et des personnes, ses recherches actuelles portent sur les biens de sections.

Son intervention au Séminaire Communs et Paysage s’intitule Les sections de communes pour la protection du paysage ? Après avoir introduit les problématiques que soulèvent le paysage aux fondements de la propriété, Sarah VANUXEM détaille en quoi l’existence des biens de section dans le Massif Central permettent de penser la propriété comme collective et inclusive, plutôt qu’individuelle et exclusive, c’est-à-dire sous d’autres rapports de force et de domination. Malgré leur ancienneté et la volonté des chambres législatives d’en opérer la disparition lente depuis 2013, les biens de section et leurs usages génèrent encore aujourd’hui des situations de jurisprudence et de droit singulières. Elle présente ainsi en détail son étude de terrain menée à Sagnes-et-Goudoulet sur le plateau ardéchois auprès de la municipalité, la section et des habitants. La coupe de bois, le pâturage, la culture des myrtilles et des jonquilles y font partie des pratiques quotidiennes des habitants, qui exercent ainsi leur droit d’usage sur les biens sectionaux. Attachés et mobilisés à la spécificité locale de leurs biens, les habitants revendiquent en effet, une propriété détachée des sujets de droit, puisque ce sont en définitive les murs des maisons qui sont propriétaires des biens de section. Les rapports de force et de domination se jouent ainsi sur d’autres plans que pour une propriété communale. Questionnant l’identité et les valeurs spécifiques de cette communauté habitante, ainsi que leur engagement pour cette propriété collective, Sarah VANUXEM souligne ainsi que le bien de section n’est pas une fermeture du paysage, mais bien une reconquête des mobilisations collectives par des usages agricoles et paysagers qui perdurent encore aujourd’hui.

Séminaires du LAREP

Séminaire itinérant à Reims « Des communs paysagistes? A partir du Parc St John Perse et de l’oeuvre de Jacques Simon » a lieu le 5 juillet 2017
Lire les détails

Martin Prominski est l’invité du Séminaire LAREP le 7 juin 2017, salle Édouard André, 14 h. Son intervention portera sur : « Research and Design »
Lire les détails

Sarah Vanuxem est l’invitée du Séminaire Communs et Paysage le 10 mai 2017. Son intervention s’est intitulée : Les sections de communes pour la protection du paysage ?
Lire le compte-rendu de sa présentation

• Séminaire Communs et paysage, Lieux, pratiques, projets, janvier-juillet 2017
Télécharger le programme
Ce séminaire est co-organisé par l’équipe EhGO (Épistémologie et histoire de la géographie, UMR Géographie-Cités), le GGH-Terres (Groupe de géographie et d’histoire des territoires, EHESS) et le Larep (Laboratoire de recherche en projet de paysage, ENSP Versailles). Sur le premier semestre 2017, il comprendra quatre séances en salle (à l’ENSP et à l’EHESS), ainsi qu’une visite de terrain à Reims, sur les pas du paysagiste Jacques Simon (1929-2015).

• La recherche en projet de paysage : les séminaires et événements scientifiques du LAREP en 2016-2017.
Télécharger le programme

Quelles gouvernances pour les paysages agricoles ?

D’abord un petit rappel de vocabulaire pour deux mots polysémiques.
Gouvernance : tout mode de décision et d’évaluation, public et/ou privé, qui associe toutes les parties prenantes de ce qui est à décider et à évaluer.
Paysage : Partie de territoire, telle que perçue par les populations, et dont le caractère résulte de l’actions de facteurs naturels et/ou humains, et de leurs interrelations (article 1 de la Convention européenne du paysage de Florence, 2000).

Ces deux définitions signifient que la production des paysages agricoles par les agriculteurs dépend à la fois des conditions naturelles de leurs terroirs (notamment du climat et du sol), des conditions techniques, sociales et économiques des exploitations agricoles, ainsi que de leur cadre politique (la politique agricole commune européenne en particulier). Comme ces paysages sont également ceux des publics qui les perçoivent, ces derniers sont loin d’être indifférents à leur nature.
En résulte l’idée que la liberté de produire des paysages agricoles a des limites. Elle doit tenir compte des jugements de goût et de valeur des habitants des territoires autant que de leurs visiteurs. Depuis environ un siècle en France, il existe en effet des politiques publiques de paysage, qui visent autant la conservation de la nature, des monuments et des sites, que l’accompagnement de la production des paysages ordinaires par les services de l’Etat.
En France, les paysages sont administrés par l’application des codes de l’urbanisme, rural,  du patrimoine et de l’environnement. Comme les paysages agricoles concernent la moitié de la surface du territoire national, et que les modes de production de l’agriculture conventionnelle peuvent être remis en cause pour des raisons de santé publique et environnementale, les restrictions apportées à la liberté des agriculteurs d’entreprendre doivent être éclairées.
De manière plus positive, comment « écologiser » les modes intensifs de production agricole ? Par exemple en diminuant les quantités de pesticides sans diminuer la rentabilité de l’exploitation.
La première méthode, la plus courante, est de légiférer et de faire appliquer les normes prévues par la loi. Ce qui ne suffit pas, si l’on en juge par la persistance des proliférations d’algues vertes sur les rivages bretons, par la pollution chronique de nombreux cours d’eau et nappes phréatiques, due aux pesticides, par le drainage des zones humides, par la destruction des réseaux de haies et la régression continue de la biodiversité dans les espaces agricoles. En bref par la réduction de la diversité des paysages cultivés au profit de modèles intensifs spécialisés dans quelques productions.
En sont en partie responsables les incitations financières de la PAC qui privilégie le premier pilier (soutien aux marchés et aux revenus des agriculteurs), aux dépens du second (environnemental).
Dans ce contexte, l’inflexion des exploitations vers les chemins de l’agroécologie apparaît difficile si les incitations de la PAC ne changent pas radicalement. Les injonctions législatives récentes (lois Grenelles et Biodiversité) ne suffiront pas.

La seconde méthode consiste à renoncer à la seule administration descendante (top down) de l’agriculture par l’Etat, surtout si elle est fondée sur des normes non négociées avec le monde agricole concerné, ou si aucune évaluation de l’action publique n’est prévue ou possible.
En revanche, si dans chaque territoire (commune ou groupe de communes), il est possible de réunir des représentants de toutes les parties prenantes de la transformation des paysages (agriculteurs, propriétaires fonciers, acteurs publics, associations locales …), une gouvernance multiacteurs des paysages peut se mettre en place. Elle aura pour objectif de décider en parlant des paysages souhaitables, des modes de production les plus appropriés à la société locale. Les tensions et les conflits seront inévitables. Ils emprunteront des chemins juridiques (mobilisation d’un principe de précaution ou de prévention ?). Ils modifieront surtout la conscience locale des questions environnementales lorsque seront adoptés des indicateurs de processus de transformation des paysages agricoles.
Par exemple : le taux de boisement et de linéaires de haies de la commune, la surface de milieux favorables à la biodiversité ou à la réduction des GES, ou bien le retour de populations animales choisies localement ou encore le nombre d’espèces cultivées dans les assolements. Ces débats poseront également le problème local de la proximité et de la qualité des produits agroalimentaires surtout dans les régions urbaines.
Pour y parvenir, il faudra des professionnels du paysage pour organiser la médiation locale, car les élus ruraux n’en ont pas en général la capacité. Malheureusement, ces professionnels sont rares, et il faudra les former.
Pour approfondir le fond théorique de cette alternative : le pragmatisme démocratique du philosophe américain John Dewey,  l’ouvrage de Joëlle Zask (Introduction à John Dewey, Paris, La Découverte, coll. « Repères », 2015, 128 p.) est conseillé.

N’est-il pas naïf cependant de croire qu’il sera possible pour un médiateur du débat public de faire décider un public local partagé entre des logiques contradictoires, y compris avec des experts ? Pour une entreprise agricole  par exemple de maintenir son revenu en utilisant des pesticides sans polluer l’environnement. Cette incertitude ralentit considérablement la transition agroécologique.

Deux possibilités complémentaires existent pourtant pour  rendre compatible ce qui est contradictoire. L’on se souvient de la démonstration de la métaphore du chat d’Erwin Schrödinger : l’électron peut être simultanément dans deux états distincts de même que le chat dans la boite ou un danger le menace peut être à la fois mort et vivant pour l’observateur, même si c’est contre intuitif.  

De la même manière, l’on pourrait affirmer qu’une production agricole intensive aurait la possibilité d’être à la fois sous deux états : polluante et non polluante.  Mais il faudrait prouver scientifiquement comme Schrödinger l’avait montré avec la mécanique ondulatoire pour l’électron que deux états de l’exploitation agricole sont possibles en même temps : l’état polluant (les pesticides altèrent l’environnement) et l’état non polluant.

Pour y parvenir, il est possible de faire appel aux méthodes sophistiquées de l’agriculture raisonnée et de montrer que moins de pesticides, mieux utilisés, ne compromettent pas les revenus bruts de l’exploitation. Ce qui est constaté statistiquement par une enquête récente (Lechenet et al., Nature Plants, mars 2017) indiquant que « l’on peut réduire de 42 % en moyenne les pesticides sans effets économiques négatifs dans 59 % des  fermes sans label AB enquêtées en France) ».

Généralisons la perception de ces résultats. Pour les uns (des environnementalistes et des habitants exigeants), la diminution des pesticides ne sera pas suffisante (principe de précaution). Il n’en faut aucun ou des produits compatibles avec un label AB.  À leurs yeux, la production reste polluante et dangereuse pour la vie humaine et non humaine.

Pour les autres (les agriculteurs concernés par exemple), les normes environnementales locales prescrites (la qualité de l’eau des nappes de surface par exemple)  sont respectées et la production n’est pas polluante et dangereuse pour la santé humaine à leurs yeux. Ils dégagent leur responsabilité en cas de plaintes en la reportant sur les services de l’Etat qui définissent les normes.

De fait, les deux états contradictoires des exploitations agricoles (à la fois polluant et non polluant) se superposent, comme les états des électrons de Shrödinger. On pourrait penser que l’histoire de l’agriculture française sort ainsi de la trajectoire linéaire de la rationalisation qui respecte le principe de non contradiction : l’état non polluant souhaité doit éliminer l’état polluant. Ainsi interprété, le réel qui était simplifié devient multiple et avec lui l’incertitude réapparaît comme actrice légitime de la décision publique.

Le choix de la gouvernance paysagère s’en trouve alors modifié. Soit les décisions s’appuient sur des paysages agricoles univoques dépendant seulement des marchés et d’injonctions de l’Etat (leur sens est seulement économique comme aujourd’hui), soit sur des paysages plurivoques, multifonctionnels et multiusages (leurs sens -économique, écologique, social, culturel – seraient multiples, même en étant contradictoires dans la réalité). Dans ce dernier cas, celui des chemins agroécologiques à prendre, pourraient émerger de manière dialectique de véritables communs paysagers, construits collectivement dans les territoires. Lire de P. Donadieu, Paysages en communs, pour une éthique des mondes vécus, Presses Universitaires de Valenciennes, 2014)

 

Pierre Donadieu, 24 mars 2017

L’incertitude est inévitable, mais ce n’est pas une mauvaise nouvelle …

Dans un monde incertain, l’essentiel n’est-il pas de faire face aux événements ? C’est-à-dire  » à ce qui échappe à la prévision, et arrive de lui-même tel un fait accompli qui m’affecte au plus près » (Jean-Luc Marion, Philosophie Magazine, n° 108, p. 69). L’événement est effectif avant d’être rationnel ou explicable. Il s’impose émotionnellement et irrévocablement.
Les attentats du « 11 septembre » en 2001 furent un événement majeur pour le monde entier. Comme ceux de Charlie Hebdo, du Bataclan et de Nice en 2015 et 2016. Mais d’autres faits, moins tragiques, relèvent de la même qualification.
La tempête de 1999 qui ravagea les forêts et les parcs français ; la canicule de 2003 ; la tempête Xynthia de 2010 ou l’épizootie qui amena, en 2016, à l’extermination des canards d’élevage, ont frappé de stupeur les opinons publiques. Ce n’est qu’ensuite que ces événements ont été plus ou bien expliqués.
Le réchauffement climatique va probablement apporter son lot de conséquences dramatiques sur la vie des habitants de la planète. Les uns ne sont pas prévisibles comme les inondations, les sécheresses et les tempêtes, ni même évidemment imputables aux dérèglements climatiques. Ce sont de véritables événements au sens philosophique. Il faut les « encaisser » avant de les accepter.
Les autres sont réels, explicables, mais peu perceptibles : les migrations climatiques des populations humaines, végétales et animales, le dégel du permafrost, la fonte des banquises, la montée lente du niveau des océans ne sont pas des événements, mais des faits qui n’impressionnent pas. L’on peut même en douter.
L’événement climatique m’interpelle. Il appelle une réaction de ma part. Vais je m’engager pour la cause écologique et militer pour la réduction des émissions de GES, ou rester indifférent, voire m’inscrire dans le déni ? C’est le dilemme qu’engendre l’événement.
Peut-on et doit-on alors s’armer de règles claires pour résister aux événements, notamment climatiques ? Le philosophe J.-L. Marion suggère de se munir de « principes ». L’on pense au principe d’incertitude : le monde est incertain et il est illusoire de vouloir le maîtriser ou le prévoir. Savoir cela pour soi ne prémunit pas contre les tragédies, mais indique qu’il est préférable de s’engager pour la réduction des GES plutôt que de ne rien faire et de se résigner en imitant les autruches !
Pierre Donadieu, 23 mars 2017.

Biblio_Sandra

« Offrir la ville ». Entretien avec Anne Querrien, réalisé par Vincent Casanova & Joseph Confavreux, Revue Vacarme, 2008. Télécharger

« Le pavillonnaire, un mauvais remède aux grands ensembles ». Entretien avec Cristina Conrad, réalisé par Sybille Vincendon, Libération, 16-09-2008. Télécharger

« Le retour de la politique des modèles », entretien avec Cristina Conrad, Le Moniteur, 13 mars 2008. Télécharger

« Lutte de places », entretien avec Christophe Guilluy,  réalisé par Vincent Casanova & Joseph Confavreux, Revue Vacarme, 23-01-2008. Télécharger

« Le choix de l’habitat pavillonnaire en France ». Revue Les Cahiers de l’Oise, n° 103, mars 2008. Télécharger.

« Hisser le pavillon ? », par Vincent Casanova & Joseph Confavreux, Revue Vacarme, 28-01-2008. Télécharger

« Accompagner les turbulences : une périurbanisation durable », François Mancebo, Les Annales de la recherche urbaine n°102, 0180-930-X, 2007, pp.51-57 ©MEDAD, PUCA. Télécharger

« Trajectoires pavillonnaires », par Marie Cartier, Isabelle Coutant, Olivier Masclet & Yasmine Siblot, Revue Vacarme, 23-01-2008. Télécharger

« Sortir de l’impasse », par Nicolas Laruelle, Revue Vacarme, 23-01-2008. Télécharger

« Édification », par Gaël Clariana, Revue Vacarme n°42, 2008. Télécharger

« Aux Portes du Royaume » par Jürgen Nefzger, Revue Vacarme n°42, 2008. Télécharger

Comité interministériel aux ruralités, 2015 :  Nos ruralités : une chance pour la France

Éric Charmes : « Le malthusianisme foncier », 2007

Éric Charmes : « L’artificialisation est-elle vraiment un problème quantitatif ? », 2013

Xavier de Jancy et Vincent Remy : « Comment la France est devenue moche », Télérama, 12-02-2010. Accéder à l’article sur le site de Télérama. Télécharger le PDF

Arnaud Gonzague : « La campagne fout le camp! », Le Nouvel Observateur, 25-09-2014. Télécharger le PDF.

Philippe Panerai : Analyse urbaine, Parenthèses 1999, chapitre « Croissance ». Télécharger.

Thomas Sieverts : Entre-ville, une lecture de la Zwischenstadt, Parenthèses 1999. Télécharger un extraitAccéder à l’ouvrage intégral

Olivier Mora, Guy Riba, Bernard Hubert : « Trois cas de prospective spatiale. Vers de nouvelles ruralités ? » (~2010). Télécharger le PDF.