Giuseppe Vaccaro

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Architettura e skywalk

Soluzioni tecnologiche ecosostenibili per la valorizzazione dell’ambiente rurale mediterraneo

Architecture et skywalk. Des solutions éco-durables pour la valorisation de l’environnement rural méditerranéen]
Didapress, Université de Florence, juin 2020

Giuseppe Vaccaro


Préface de Roland Vidal (version française) :

Le paysage, c’est ce qui nous manque quand on est confiné

L’expérience inédite que nous vivons tous en ce printemps 2020 est une occasion de nous demander ce qui nous manque le plus lorsque nous sommes tenus de rester chez nous.

Dans ce sentiment de « vide » que nous ressentons, il y a bien sûr ces liens sociaux que nous nous efforçons de compenser avec les techniques de communication dont nous disposons aujourd’hui, mais il y a aussi ce besoin d’un ailleurs, d’une ouverture sur la poésie du monde, ce manque de ce que l’on va ordinairement chercher lorsque l’on sort de chez soi… pour le plaisir.

C’est la quête de cet « ailleurs » qui motive nos pratiques de loisir ou nos pratiques touristiques, ce besoin de dépaysement, qui est tout simplement le besoin d’un autre paysage.

Car le paysage, le vrai, il peut être partout sauf chez nous. Comme si la maison que l’on habite appartenait à un autre monde.

Et pourtant…

Le paysage, ce n’est pas seulement un ensemble de vues pittoresques, originales, mises en valeur in visu par les guides touristiques, ou in situ par les aménagements réalisés, avec plus ou moins de bonheur, à l’attention des touristes.

Le paysage, c’est aussi un territoire habité par les hommes. Et la manière la plus évidente, la plus lisible, d’habiter un paysage, c’est d’y construire sa maison.

Car si le paysage, c’est « tout sauf chez moi », ce « chez moi » fait partie du paysage des autres.

Architecture et paysage

Voilà donc deux disciplines qui se trouvent étroitement liées. Mais elles devraient sans doute l’être davantage dans les professions de l’aménagement et, d’abord, dans leurs cursus de formation. C’est en tout cas ce que propose Giuseppe Vaccaro, tout en reconnaissant que ce rapprochement progresse depuis quelques décennies.

Mais de quel paysage parle-t-on ?

Pour l’auteur, il faudrait nous éloigner de ce regard que nous portons trop exclusivement sur les espaces que nous considérons comme « naturels » pour mieux voir en quoi les paysages résultent principalement de la manière dont les populations humaines ont transformé leurs territoires pour en valoriser les ressources locales.

C’est principalement en ce sens que l’architecture est un élément important de la lecture du paysage.

D’abord parce que le premier travail d’un bâtisseur, c’est de choisir le lieu d’implantation de sa construction, et que ce choix résulte d’une fine connaissance du paysage dans lequel elle s’inscrit. La maison, par la position qu’elle occupe dans le territoire, est un élément important du « récit » que vient chercher le visiteur, et notamment le touriste. Ce récit qui se donne à lire à travers le paysage et qui raconte non seulement la beauté des lieux, mais surtout la longue histoire des populations qui les ont façonnés.

Ensuite, parce que l’architecture, telle qu’on la voit, est aussi le résultat du travail du maçon, celui du charpentier, du bucheron, celui de ceux qui ont creusé la roche pour en extraire la pierre dont on a fait les murs, l’argile dont on a fait les briques ou les tuiles, la loze dont on couvre les toits… Chacun des éléments qui composent le bâti traditionnel est comme une des lettres d’un alphabet architectural qui, à lui seul, bien au-delà de la forme de la maison, raconte l’histoire de toute une région et de son économie.

Tourisme et projet local

C’est cette histoire là que Giuseppe Vaccaro aimerait que les touristes viennent chercher lorsqu’ils visitent le Parco Nazionale del Cilento, Vallo di Diano e Alburni.

Classé comme réserve de biosphère, puis comme patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO, ce territoire ne manque pas d’attrait, mais ce sont surtout ses hauts-lieux et ses paysages d’exception que recherchent les touristes, tandis que les naturalistes, eux, viennent admirer sa remarquable biodiversité ou la richesse de son socle géologique.

Pourtant, s’il est classé « parc national » depuis à peine trente ans, ce territoire est habité depuis 250 000 ans par les populations humaines qui s’y sont succédées en y apportant les multiples couches d’une épaisseur culturelle considérable.

En concentrant son attention sur de petites communes isolées comme Trentinaro, Giungano, Capaccio, situées dans la partie montagneuse du Parc, loin de la côte, l’auteur choisit de s’intéresser de près à ce « petit patrimoine » diffus dans le territoire et qui passe trop souvent inaperçu.

Au-delà d’un simple inventaire patrimonial, l’auteur cherche à réinterpréter les archétypes architecturaux et leur mode de représentation pour défendre l’idée qu’une éco-construction biorégionaliste serait de nature à rendre lisible un paysage culturel bien plus complet que la vision simplifiée qu’en donnent les sites remarquables. C’est la condition pour que le tourisme passe d’une simple ressource financière à un véritable projet local capable de reconstruire le lien entre le paysage que l’on vient admirer et l’économie qui l’a façonné depuis que l’homme y habite.

Skywalk

Avec l’attention portée à cette dimension patrimoniale qu’il associe, au-delà des villages étudiés, à l’ensemble du paysage culturel méditerranéen, l’auteur interroge la pertinence de ces objets architecturaux singuliers que sont les skywalks. Le plus célèbre d’entre eux, celui du Grand Canyon inauguré en 2007, connaît un grand succès touristique en même temps qu’il soulève de nombreuses interrogations. La prouesse technique (un surplomb de 1200 mètres) de cette réalisation, si elle apporte des dollars à l’économie locale, ne masque-t-elle pas la richesse du patrimoine local au seul profit d’une vue exceptionnelle sur un espace perçu exclusivement comme naturel ?

Reprenant le motif très classique du « belvédère », le skywalk n’en est finalement qu’une ré-interprétation nourrie des techniques de construction modernes. Mais au paysage « pittoresque1 » qu’il donne à voir, le skywalk en s’inscrivant lui-même dans le paysage y apporte un autre récit, celui de sa propre réalisation. Et ce nouveau récit, selon la manière dont on conçoit et réalise le projet, peut apparaître comme une histoire venue d’ailleurs, ou comme un nouveau chapitre dans le récit du territoire où il s’implante.

Il peut entrer dans le paysage comme on entre dans une conversation : brutalement, en coupant la parole aux autres, à ceux qui sont déjà là, ou avec politesse, en commençant par les écouter.

Pour l’auteur, la différence tient surtout à la manière dont la population locale, avec ses savoir-faire archétypiques liés aux ressources propres du territoire, est impliquée dans le projet. C’est le sens de cette « éco-construction biorégionaliste » qu’il appelle de ses vœux et qui doit, selon lui, s’appuyer sur des initiatives locales dans un processus de bottom-up. C’est toute l’économie locale qui peut ainsi être re-dynamisée, avec bien plus d’efficacité qu’un développement touristique ordinaire qui profite bien plus à des investisseurs extérieurs qu’aux habitants eux-mêmes auxquels on n’apporte que des emplois de services peu valorisants.

Paysage et mémoire

J’essaie, en rédigeant cette petite introduction d’un ouvrage portant sur le paysage alors que je suis confiné chez moi, de raviver les quelques souvenirs que j’ai du Cilento, et je réalise à quel point ces souvenirs sont loin de se réduire à des images.

Impossible de dissocier ces « points de vue remarquables » de ce goût inégalable de la mozzarella di buffala dégustée quelques heures après sa fabrication… quelque chose d’impossible à exporter et qui raconte tellement d’histoires, de celle du Vésuve qui donne depuis des millénaires sa fertilité aux sols, à celle des agriculteurs qui la valorisent encore aujourd’hui.

La gastronomie est certainement la forme patrimoniale la mieux comprise des touristes, et c’est d’ailleurs son régime alimentaire qui a valu au Cilento d’être reconnu comme patrimoine immatériel de l’humanité. Pourquoi les autres formes de l’activité économique locale, et notamment celles liées à l’architecture, n’occuperaient-elles pas la même place dans les souvenirs que les touristes en rapportent ?

Il ne s’agit pas, en valorisant les figures archétypiques du Cilento et de son bâti traditionnel, d’en faire un musée grandeur nature, mais bien de revisiter ces archétypes pour les intégrer dans des processus de projet contemporains.

Dès lors, le paysage ne serait plus seulement un bien commun à préserver, il serait aussi un vecteur de projet partagé par l’ensemble des habitants.

Roland Vidal, le 27 mars 2020

Accéder à l’ouvrage en ligne


1 Notons que les mots italiens « belvedere » et « pittoresco » sont passés presque à l’identique en français (belvédère, pittoresque) et en anglais (belvedere, picturesque).

Michel Viollet – Témoignage

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Biographie de Michel Viollet

Témoignages de Michel Viollet 

Les travaux de l’OREAM et leur dimension paysagère

« J’ai présenté les études des “vallées autour de Nantes” et  “reconnaissance du littoral atlantique » au cours du séminaire Plan Paysage n°8 organisé les 30 et 31 janvier 2020, à Nantes par Frédéric Pousin et Denis Delbaere (ENSA PARIS-BELLEVILLE) ». M. Viollet, 27 05 2020.

Michel Viollet. – Je vais vous parler de notre approche paysagère. Comme André l’a rappelé, nous n’avons pas réellement participé à l’élaboration du schéma d’aménagement car il était déjà très engagé quand nous sommes intervenus en 1970. Notre souci a été de montrer le rôle essentiel des données du site et du paysage dans la transformation des territoires et la nécessité de les prendre en compte au même titre que les infrastructures viaires et autres données socio-économiques.

Nous avons mené deux études : la première étude portait sur la transformation des paysages dans l’aire métropolitaine, pour le compte de l’OREAM Nantes-Saint-Nazaire. La deuxième étude portait sur le littoral Atlantique entre les estuaires de la Vilaine et de la Gironde, pour le compte de l’ALCOA.

L’histoire est assez simple. Jeune paysagiste, enseignant à la section paysage, j’ai été mis en relation avec une chargé de mission de la DATAR qui m’a proposé d’intégrer l’équipe de l’ORERAM à Nantes. Je n’avais ni la connaissance des paysages du territoire de l’aire métropolitaine, ni une expérience suffisante dans le domaine du paysage à cette échelle. C’est pourquoi, j’ai proposé d’associer ma participation à l’équipe de l’OREAM, à la réalisation d’une étude de reconnaissance des paysages de l’aire métropolitaine.

Il me paraissait essentiel d’avoir au préalable une bonne compréhension des paysages existants, des caractéristiques géomorphologiques et écologiques, mais également des occupations et utilisations humaines, avant d’exprimer un point de vue. Les études ont été réalisées dans les années 1970/1972, dans la cadre de la coopérative d’études de paysage API, fondée à la même époque.

Une première exploration de l’ensemble des paysages de l’aire métropolitaine a mis en évidence des problèmes récurrents de dégradations des paysages au fur et à mesure des transformations et changements d’utilisation des sols. Sans être exhaustifs, nous constations :

  • Une prolifération d’éléments d’occupation isolée, générant des espaces résiduels, perdus et sans intérêt, recouverts de déchets et rebuts en tous genres,

  • Une régression du couvert végétal entrainant des problèmes d’érosion des sols et de gestion des eaux pluviales,

  • Un effacement des contrastes et différenciations du paysage.

De notre point de vue, l’altération visuelle du paysage constituait un indice de rupture des relations entre les différentes composantes du territoire. Le déséquilibre enclenchait des processus régressifs conduisant à l’appauvrissement des milieux biologiques, mais également, par conséquence, du cadre de vie des habitants. Pour donner à voir et comprendre les processus de dégradation en cours, mais également les potentiels des paysages existants, nous avons développé dans un premier temps, nos analyses et propositions sur les cas symptomatiques des Vallées autour de Nantes, puis dans un deuxième temps, sur les paysages du Littoral Atlantique entre les embouchures de la Vilaine et de la Gironde, soumis à une forte pression d’urbanisation.

Les premières analyses ont montré comment les occupations et les utilisations inappropriées du sol détruisaient les ressources naturelles liées à la configuration des sites et au fonctionnement hydraulique. L’échelle du territoire de l’aire métropolitaine nous a conduit à examiner le système hydrographique des fleuves, rivières, zones humides et marécages qui occupent des étendues prépondérantes, alors que les préoccupations des différents acteurs étaient toutes focalisées sur les données économiques et les dessertes routières. Personne n’abordait la question du fonctionnement hydraulique du territoire et des ressources que ces étendues et rivières représentaient pour les paysages et l’écologie. Or, la gestion hydraulique est essentielle dans ces pays où la plupart des terrains sont drainés ou asséchés ou irrigués. Le système des étiers1 des plaines humides du bord de mer, notamment représentent des surfaces importantes aussi bien au Nord qu’au Sud de la Loire.

La carte montre les grandes limites de paysage, avec la Loire qui est au centre. On voit l’importance des zones humides : la Brière, les marais de Guérande, le lac de Grand-Lieu et tout ce qui accompagne les zones basses de la Loire et autour de l’Erdre. Définir de grandes unités de paysage de ce type était nécessaire pour produire un schéma à l’échelle du territoire considéré.

Notre souci était de donner à voir et à comprendre le paysage de l’aire métropolitaine comme une ressource et une composante importante pour l’organisation des transformations à venir. Dans un premier temps, nous avons travaillé sur les vallées et autour de Nantes, avec l’idée de faire reconnaître la réalité de ces territoires et de montrer comment elles pouvaient jouer un rôle dans la transformation et l’organisation du développement en cours.

Nantes implanté au point de convergence des vallées vers la Loire

Les images suivantes présentent les unités de paysage définies par les bassins versants et l’utilisation des sols ainsi que les structures hydrographiques ou végétales qui les relient. En complément des croquis suggèrent des solutions alternatives prenant en compte les paysages existants, susceptibles d’accueillir les transformations dans un nouveau cadre de vie.

La carte IGN au 1/25 000e montre que toutes les rivières, la Sèvre, l’Erdre, le Cens et la Chézine, convergent vers la Loire et le site d’installation de Nantes, carrefour des axes de circulation et de développement implantés sur les plateaux.

A l’échelle de l’espace de la Loire, nous constations que les berges étaient en pleine transformation avec deux tendances paradoxales : soit la mise hors d’eau avec des remblaiements des zones inondables pour faire des quais et des choses relation avec la Loire ; soit des zones d’abandon et polluées, car il n’y avait à la fois le déversement de gravois dans l’eau mais également le rejet des eaux usées toutes sans aucun traitement. La Loire était considérée comme un dépotoir, alors que les paysages naturels présentaient une grande qualité. En outre, il n’y avait absolument aucune correspondance entre le paysage des rives nord et sud. L’activité économique se développait au nord alors qu’elle était en déshérence au sud.

L’idée est venue très rapidement d’alterner implantations industrielles et espaces aménagés pour rendre les bords de Loire accessibles.

Nous pensions qu’il était important d’avoir des espaces suffisamment larges qui arrivent jusqu’aux bords de Loire, ouverts au public Nantais. Ce type de croquis avait pour objectif de faire voir et comprendre qu’il y avait une autre possibilité d’aménager les bords de Loire en alternant activités et loisirs.

Nous étions très frappés par l’état du village de Trentmoult, qui avait connu autrefois une activité industrielle et qui était complètement en déshérence. Les croquis suggèrent la revitalisation des villages et l’installation de larges coulées vertes pour accéder à la Loire. Cependant, la question se pose pareillement au nord. Il s’agissait de redonner une valeur à cet espace et surtout, depuis la berge opposée, depuis le nord, d’avoir une image un peu plus attractive de la silhouette du sud Loire. Il était en effet important de redonner un intérêt à la rive sud ignorée dans la plupart des projets, comme l’a rappelé André Sentenac.

Les Paysages du Sud de la Loire

Pour analyser les paysages de la vallée de la Sèvre et du sud-Loire, nous avons poursuivi notre approche à partir du réseau hydrographique. Nous avons délimité les bassins versants à partir des courbes de niveaux et mis en évidence les relations entre les plateaux et les plaines alluviales des bords de Loire. La Sèvre est la seule rivière relativement importante, mais il y a beaucoup d’autres petits talwegs qui aboutissent à la plaine alluviale. Cette approche a permis de révéler des unités paysagères malgré les faibles variations du relief. La couverture végétale présente une mosaïque de zones maraîchères associées à des boisements, des vignobles et de grandes cultures. La partie aval de la Loire est beaucoup moins dense en boisements et cultures maraîchères que la partie amont.

Dans ce paysage peu différencié, deux composantes ressortaient : le paysage remarquable de la vallée de la Sèvre avec un relief plus accentué et les étendues couvertes des cultures maraîchères. Nous pensions que ces éléments pouvaient servir à installer une structure paysagère support du développement de l’urbanisation.

Dans les paysages au sud de la Loire, l’horizon visuel prend une importance prégnante quand on s’élève sur les plateaux. Les châteaux d’eau, l’unité d’habitation de Rezé, la centrale de Cheviré et les lignes aériennes à haute tension qui contournent Nantes sont très présentes et se détachent sur l’horizon. Ces composantes du paysage pouvaient contribuer à installer une structure paysagère à l’échelle du territoire.

Les transformations en cours : créations de routes, grands ensembles dispersés, essaimage de zones pavillonnaires disséminées… ajoutaient à la perception d’un paysage existant complètement désorganisé.

Pour remédier à l’absence de cohérence des implantations nous proposions d’installer des coupures, des ruptures ou des interfaces entre les zones de construction, suffisamment importantes pour accueillir de l’agriculture et le maraîchage. Nous considérions en effet, les activités agricoles et maraîchères comme des modes d’occupation productive des sols, mais également profitables pour maintenir et entretenir des espaces ouverts à l’échelle de l’agglomération.

Nous imaginions une lisière construite ouvrant sur un espace agricole. Les espaces sous les lignes à haute tension étaient réservés aux cultures agricoles et maraîchères pour constituer les grandes structures paysagères du site accueillir l’urbanisation dans ses bords.

En résumé, nous disposons de quatre outils pour organiser et structurer le territoire : les vallées, les couloirs à haute tension, les espaces maraîchers et la ceinture boisée.

Un programme de reboisement important avait été envisagé et préconisé à l’échelle de l’ensemble de l’aire métropolitaine pour compenser les destructions effectuées dans le cadre du remembrement. Notre proposition de compléter les boisements existants pour accompagner les grandes structures paysagères s’appuyait sur ces données

Les paysages du nord-Loire

Les vallées du nord-Loire comprennent les vallées du Cens, de la Chézine et de l’Erdre qui convergent la ville de Nantes. Dans un premier temps, je vous présente Le Cens et la Chézine qui forment de petites encoches dans le territoire des plateaux. La distance entre les deux rivières est d’environ 2 km. Elles sont toutes deux très encaissées.

Les boisements installés sur les pentes et les fonds de rivière offrent une ambiance de bocage, avec une utilisation agricole intéressante à proximité du développement de l’urbanisation sur le plateau.

L’extension de l’urbanisation sur le plateau engage un processus de dégradation du paysage existant. On commence par venir s’installer en bordure du plateau pour profiter du paysage de la rive d’en face, mais la pression foncière entraine à pousser les terres de déblais et à agrandir le rebord du plateau. Progressivement, on détruit la végétation des coteaux, enfin on canalise les rivières et on remblaie les fonds de vallée.

Nous suggérions de préserver non seulement les fonds de vallée mais l’ensemble de l’espace qui appartient à la vallée, c’est-à-dire à la fois la vallée, les coteaux et le rebord qui constituent une unité de paysage. Cet espace est essentiel pour maintenir et développer les relations visuelles et les échanges entre le développement de l’urbanisation sur le plateau et les espaces ouverts des fonds de vallée.

L’échelle des structures paysagères conduit à rechercher une gestion équilibrée des paysages associant la sauvegarde et les utilisations de l’espace. Plusieurs formes d’utilisation peuvent coexister et sont compatibles, notamment les cultures agricoles ou maraîchères et les usages récréatifs. Nous mentionnions les critères de compatibilité suivants :

  • Accessibilité : rendre accessibles les sites des vallées par un réseau de chemins reliés à la ville ;

  • Associativité : associer et combiner les différentes utilisations possibles ;

  • Complexité : diversifier le plus possible pour éviter l’appauvrissement écologique et visuel ;

  • Continuité : assurer la continuité des aménagements et du cadre végétal sur l’ensemble de l’espace appartenant aux vallées pour éviter le morcellement ;

La vallée de l’Erdre comprend également le Gesvres, son affluent. L’Erdre a des dimensions importantes encore augmentée par les nombreuses zones humides qui jalonnent son parcours.

Les études visuelles montrent l’intérêt de la rivière qui, par endroits, est aussi large que la Loire. La succession des coudes et élargissement fait apparaître des points de vue différents. Le champ visuel est chaque fois extrêmement diversifié. Le parcours sinueux de la rivière définit cinq séquences qui décrivent l’unité de paysage.

L’urbain caractérise les trois premières séquences, jusqu’à Port la Blanche ; au-delà, le paysage est rural. La vallée de l’Erdre reliait le cœur de la ville de Nantes à l’espace champêtre remarquable et attrayant de la plaine de Mazerolles. Les constructions historiques sur les coteaux constituent des points d’intérêt très forts qui rythment le parcours en bateau. La sinuosité de la rivière donne chaque fois la possibilité de découvrir le paysage sous un angle différent.

Par contre, l’accessibilité aux rives était très réduite et se réduisait de plus en plus avec le développement de lotissements privés sur les coteaux boisés. Les nouveaux lotissements privatisaient des bords de la rivière et réduisaient les possibilités d’accès du public, déjà fortement contraints par les propriétés privées existantes. Les nombreux projets de lotissements envisagés avaient entrainé une manifestation publique2qui revendiquait la possibilité d’une accessibilité continue le long des rives de l’Erdre.

Les zones sensibles de l’unité de paysage de la vallée s’étendent au-delà des parties visibles directement liées à l’eau et concernent toutes les parties voisines où des transformations peuvent entraîner des répercussions visuelles et écologiques sur le plan d’eau. Le développement de l’urbanisation devait être reportée au de-là de ces limites pour préserver les structures existantes et les boisements.

Au processus d’un développement résidentiel continu sur les coteaux de l’Erdre, nous proposions une évolution alternative conciliant les différentes formes d’utilisation :

  • En aval de Port la Blanche, alterner les zones résidentielles avec des espaces récréatifs.

  • A l’amont, dans la partie rurale, répartir les différentes formes d’utilisation agricole, récréative et résidentielle en conservant une prédominance pour les espaces ouverts et boisés.

La préservation de ces sites de grande qualité, mais fragiles exigeait de bien dimensionner les équipements pour favoriser une fréquentation extensive.

Le schéma souligne le report du développement de l’urbanisation à l’arrière des boisements qui l’accompagnent et la réalisation de liaisons facilitant l’accessibilité et la continuité des circulations le long de l’Erdre.

Le littoral atlantique

Les bassins versants définissent les unités de paysage en relation avec le littoral. Les rivières et les thalwegs constituent les éléments du site qui établissent les relations visuelles et fonctionnelles les plus évidentes avec l’arrière-pays. La côte, dans sa partie nord, est caractérisée par l’alternance de plages rocheuses et sableuses. Elles sont orientées à l’ouest dans l’embouchure de la Loire et au sud après la Pointe Saint-Gildas. Pointe la plus avancée de la côte au sud de la Loire, la pointe Saint-Gildas offre des vues remarquables vers le nord sur l’embouchure de la Loire et les plages de la Baule, et au sud vers la baie du Croisic et l’île de Noirmoutier.

L’exemple de la pointe Saint-Gildas à Préfailles montrait un site remarquable encore peu investi par le développement pavillonnaire, contrairement à Saint-Brévin où l’urbanisation coupait complètement le littoral de l’arrière-pays. Dans cet ensemble côtier, le site de Saint-Gildas était représentatif du patrimoine existant qu’il convenait de préserver pour sauvegarder l’ambiance sauvage du littoral marin et des accès à la mer en relation avec l’arrière-pays rural.

Le littoral au sud de la Loire, moins investi que le littoral breton au nord, présente davantage de possibilités pour engager une politique de sauvegarde de l’aspect naturel des paysages de bord de mer. La fréquentation des sentiers piétons longeant le rivage révèle la diversité et la qualité des paysages traversés. Elle constitue un facteur important de reconnaissance et de protection des sites. Les secteurs artificialisés ou dégradés peuvent être améliorés par des plantations à l’échelle du paysage existant.

L’ambiance littorale actuelle est réduite à une portion très petite derrière laquelle on retrouve une médiocrité des constructions qui évoquent les banlieues parisiennes ou nantaises. Nous remettions en cause les voies routières en bordure de mer et proposions de libérer un espace littoral plus généreux en reportant les parkings et les voies de circulation à l’arrière des constructions. Pour anticiper le développement d’un tourisme de qualité, il convenait de réserver des espaces d’accueil généreux, mais également de préserver les échelles et les ambiances sauvages recherchées par les publics urbains.

Le développement de l’urbanisation parallèle au bord du rivage installe une coupure qui empêche les relations avec les nombreux points d’intérêt situés dans l’arrière-pays. De meilleures connexions permettraient une plus grande capacité et diversité des accueils pour les différents publics. En mettant en valeur le paysage côtier sur une plus grande profondeur, on éloigne la route du rivage, on prolonge les structures paysagères de l’arrière-pays, boisements, cultures, etc. vers la mer.

L’urbanisation peut s’organiser en bordure de ces grandes structures paysagères, perpendiculairement au rivage. Le principe d’organisation de l’utilisation du sol reste le même : diversifier et alterner cultures, habitat équipements de loisirs en relation avec la capacité et la qualité des sites. Nous proposions les recommandations suivantes :

  • Maintien et développement d’une activité agricole susceptible de cultiver le paysage ;
  • Occupation discontinue de la façade maritime alternant équipements touristiques et espaces naturels boisés ou agricoles ;
  • Associer une plus grande part de l’arrière-pays au développement touristique ;
  • Valoriser la topographie des thalwegs qui relient la mer aux bassins versants de l’arrière-pays ;
  • Modifier les règles actuelles d’urbanisme qui favorisent la dispersion de l’habitat.

Ce dernier point était important, car nous nous étions aperçus que les plans d’urbanisme, appliquant le principe du zonage, allaient à l’encontre d’une gestion cohérente du développement de l’habitat et de la préservation des paysages. Les zones à moyenne et à basse densité favorisaient une dispersion de l’habitat. Sans doute fallait-il agir sur les plans d’urbanisme et en modifier les règles.

Le littoral faisait une centaine de kilomètres entre la Vilaine et la Loire. Nous avions identifié environ 30 km de littoral sur lesquels il nous paraissait important de bannir toute construction et de développer ce que nous avions appelé un tiers sauvage pour restituer une ambiance de la mer et du littoral, avec ses échelles et son climat.

Des idées pour procéder à des classements étaient envisagées, mais nous étions convaincus que sauver le paysage, c’était l’aménager différemment.

Michel Viollet

texte transmis en mai 2020 pour publication sur la plate-forme de recherche www.topia.fr de l’ENSP de Versailles


Notes

1 Réseau de petits canaux qui régulent la circulation des eaux en relation avec la mer.

2 Cf. Article du journal Le Monde en date du 15 juin 1970 relate la manifestation d’un millier de personnes qui réclament l’accès aux bords de l’Erdre, dans la banlieue de Nantes.

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Témoignages de Michel Viollet

Michel Viollet

Paysagiste, enseignant

Sa formationSon parcoursSes réalisationsSes distinctions – Ses publications  – Ses idées 

Michel Viollet est né en 1939, en Haute Savoie.

Sa formation

Après son bac en 1958, il s’inscrit à l’ENH de Versailles comme auditeur libre pour se présenter au concours d’entrée de la formation des ingénieurs horticoles et reprendre la pépinière familiale. Ayant découvert la Section du paysage et de l’art des jardins, il préfère ce concours qu’il passe avec succès en 1960. À cette époque la section compte très peu d’élèves chaque année (5 ou 6). Les ingénieurs horticoles se détournent de cette formation prévue pour eux initialement : un seul a été admis : Michel Citerne. Un nouveau directeur vient d’être nommé Etienne Le Guélinel.

Pendant deux ans, il reçoit presque la même formation qu’Allain Provost qui est diplômé de l’ENSH en 1961 et s’inscrira ensuite à la Section.

De 1960 à 1962, il suit les enseignements de l’architecte et paysagiste Théodore Leveau, de l’architecte urbaniste René Puget, des ingénieurs en horticulture Albert Audias, Henri Thébaud et Lucien Sabourin, de l’historienne des jardins Jeanne Hugueney, entre autres. Appelés par le conseil des enseignants, deux jeunes paysagistes, J. Sgard et J.-C. Saint-Maurice, commencent à enseigner dans les ateliers de projet. Et Jacques Montégut vient d’inaugurer ses cours de botanique, de phytosociologie et de phytogéographie. La formation de paysagiste commence à s’ouvrir à de nouveaux horizons, différents de ceux de l’architecture des jardins et de l’urbanisme réglementaire et planifié.

Il obtient son diplôme et titre de paysagiste DPLG après un concours en loge en 1967.

Son parcours

1962-63 : Il est chargé d’étude à l’Institut d’aménagement et d’urbanisme de la région parisienne (IAURP).

1965-1970 : Il travaille à l’Atelier du paysage avec J. Sgard, J.-C. Saint-Maurice et G. Samel, atelier qui accueille également le jeune P. Pillet comme stagiaire de la Section (1966).

1970-1993 : Il créé avec Andréas Jaegli, architecte et urbaniste d’origine suisse, et les paysagistes Paul Brichet et Michel Delepierre, l’association de paysagistes et d’ingénieurs (API), coopérative d’études de paysage. Elle répond autant aux demandes d’études de paysage qu’aux missions de maitrise d’œuvre. Au début des années 1970, elle poursuit les projets que laisse le paysagiste J. Simon parti enseigner au Canada (notamment la ZUP Croix Rouge et la fin du parc Saint-John-Perse à Reims).

Dans ce cadre, ils mènent plusieurs études, notamment dans le cadre de l’OREAM de Nantes-Saint-Nazaire créée dans le cadre du 5ème plan (1966-1970) et de l’ ALCOA (Atelier d’Aménagement du Littoral Centre Ouest Atlantique).

Parallèlement, ils assurent de nombreuses missions de maîtrise d’œuvre :

  • Pour des aménagements littoraux dans le cadre de la MIACA (Mission Interministérielle d’Aménagement de la Côte Aquitaine,

  • Pour les bases de loisirs de la Région Parisienne et les opérations de logements dans le cadre de l’AFTRP (Agence Foncière et Technique de la Région Parisienne) et des Villes Nouvelles.

À partir de 1993 et de la dissolution de l’API, M. Viollet exerce des missions de paysagiste conseil auprès du ministère de l’Environnement, des DDE du Finistère, du Bas-Rhin, de la Réunion et de la Haute Savoie, et de sociétés autoroutières (ASF …).

Parallèlement à ses activités de praticien, il mène une carrière d’enseignant à l’ENSP de Versailles. De 2005 à 2017, il participe à la Commission Supérieure des Sites, Perspectives et Paysages au ministère de l’Écologie.

L’enseignement

Section du paysage de l’ENSH (1967-1974)

En 1967, l’enseignement de la Section commence à être ébranlée par l’insatisfaction des enseignants et des élèves en raison du manque de moyens humains et financiers. Les effectifs atteignent 19 élèves inscrits cette année-là. Ils ont quadruplé en 5 ans. Des grèves vont éclater, notamment des examens et du concours en loge.

M. Viollet est recruté comme assistant par J. Sgard et B. Lassus. Après le départ en 1968 de ces derniers, il accompagnera avec P. Dauvergne la transition pédagogique qui se traduira par l’arrivée de Jacques Simon et de Michel Corajoud deux ans après. Jusqu’à l’arrêt de la Section à l’été 1974.

L’ENSP (1997-2017)

À la suite du nouveau programme pédagogique adopté en 1986, le stage de quatrième année en agences ou en bureaux d’étude est remplacé par un « atelier régional ». Il s’agit de mettre en situation professionnelle les étudiants de manière plus encadrée et plus efficace que dans l’ancien système créé en 1976. De 1988 à 1996, Pierre Donadieu et B. Follea installent ces ateliers expérimentaux grâce à des conventions financières et pédagogiques entre l’école et les commanditaires en général publics.

En 1997, M. Viollet reprend la direction des « ateliers pédagogiques régionaux » et leur développement en France et à l’étranger. Chaque année 10 à 15 ateliers sont organisés, chacun d’entre eux concernant 2 à 4 étudiants encadrés par un enseignant paysagiste habilité.

En 2007, à l’âge de 68 ans, M. Viollet cède la place au paysagiste Pascal Aubry, ancien enseignant à l’ENSP (1975-1986), et maitre-assistant à l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-la-Villette. Cependant, M. Viollet continue à assurer des vacations d’enseignement pour l’encadrement des Travaux Personnels de Fin d’Études et des Ateliers Régionaux jusqu’en 2018.

Les principales études de paysage :

1970-1972 : Vallées autour de Nantes pour le compte de l’OREAM Nantes-Saint-Nazaire,

1972-1973 : Reconnaissance des paysages du littoral atlantique entre les embouchures de la Vilaine et de la Gironde,

1972 : Étude sur l’aménagement des terrils du bassin houiller du Nord-Pas-de-Calais pour le compte du Ministère des Affaires Culturelles en collaboration avec le cabinet d’architectes GGK,

1974 : Étude pour la mise en place d’un schéma d’aménagement paysager de la plaine industrielle du Havre pour le compte du Ministère de l’Environnement et du Port Autonome du Havre,

1977 : Étude préliminaire du plan paysager de la coupure verte de Gravelines pour le compte de l’Agence d’urbanisme de la Région Dunkerkoise en collaboration avec OVE ARUP France,

1977 : Étude préalable à l’élaboration des SDAU et POS, sur les relations entre les tissus urbains anciens et nouveaux pour le compte du Ministère de l’Environnement (Région Centre),

1984 : Diagnostic paysager du Bassin Houiller de Lorraine pour l’amélioration de l’image régionale, effectuée pour le compte du Conseil Régional de la Moselle en liaison avec le G.E.P/DDE de Moselle,

1994-1997 :Plan Paysage de Monts de la Goëlle (Seine et Marne) en collaboration avec J.P. Carrette.

Les principales réalisations1

1970-1973 : Espaces verts de la ZUP de la Croix-Rouge à Reims,

1975-1978 : Mails de Saules et cheminements du quartier des Prés, ville nouvelle de Saint-Quentin en Yvelines,

Cl. Florence Morisot

1975-1980 : Parc du Coudray, le Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis)

« Vaste de 24 hectares, ce cœur de verdure est le plus grand parc municipal de Seine-Saint-Denis. Il bat au rythme de nombreuses festivités familiales : Beach-Mesnil et sa plage estivale, Symphonie sur l’Herbe et ses plages musicales, etc. Il offre un cadre d’arbres remarquables. Au fil d’un parcours botanique et pédagogique, les promeneurs y croisent le tulipier de Virginie, le parrotier de Perse ou l’arbre de Judée.

Il accueille des manifestations soignées qui accompagnent les familles au fil des saisons. À chaque été, il prend des allures de station balnéaire avec sa plage de 600 tonnes de sable chaud, ses palmiers et sa piscine géante. » (blancmesnil.fr)

cl. Lisa Ekimova, 2007

1975-1992 : Base de loisirs de Cergy-Neuville, ville nouvelle de Cergy-Pontoise, aujourd’hui Ile de Loisirs de Cergy-Pontoise.

« L’implantation de la base de loisirs de Cergy a été prévue en 1965 par le schéma directeur d’aménagement et d’urbanisme de la région parisienne pour à la fois offrir aux habitants de la région des possibilités nouvelles de loisirs et donner un attrait plus important à la ville nouvelle de Cergy. Les premiers travaux d’aménagements ont démarré en 1972 sous le contrôle de l’agence foncière et technique de la région parisienne (AFTRP) et le plan d’aménagement de la base de loisirs a été confié à la Coopérative d’études de paysages API. » W.

19771980 : Parc Pereire à Arcachon (Landes),

« Les maisons de style côtoient les sites naturels ; ici, urbanisme rime avec environnement. Le plus bel exemple en est le Parc Pereire, propice aux promenades et à la détente. La pinède s’étend jusqu’au bord du Bassin d’Arcachon pour former la plage Pereire : une étendue de sable fin bordée d’une longue promenade piétonne et d’un jardin maritime verdoyant, idéale pour les amateurs de bains d’ombre et les fervents des bains de soleil. » Gironde-tourisme, 2020 » (W.)

1980-1990 : Zone d’activités de Paris-Nord II

Située le long de l’autoroute du Nord, à proximité de l’accès à l’aéroport de Roissy, elle s’étend sur une superficie de 300 hectares. Une ossature verte d’une soixantaine d’hectares définit un maillage qui organise et distribue les différents quartiers de la zone d’activité.

1983-1989 : Parc de Belleville à Paris (20ème)

« Le parc a été conçu par l’architecte François Debulois et la coopérative de paysage API dirigée par le paysagiste Michel Viollet. Il a été inauguré en 1988. Orné de 1 200 arbres et arbustes (chênehêtretilleulmarronniernoyertulipier de Virginiearbre de Judéeoranger du Mexiquefrêne d’Amériquesavonnierpommiercatalpasophoraarbre à encenscyprès chauvearbre aux 40 écus), de plantes vivaces, grimpantes et tapissantes et de rosiers, le parc est une réalisation de la ville de Paris. Afin de reprendre une tradition et une activité historiques du lieu, quelques pieds de vigne, de cépage pinot meunier ont été plantés ». W.

Parc et panorama vus depuis le belvédère des rues Piat et des Envierges, API, W.

1984-1990 : Parc des Lais de mer (4 hectares), Tourgeville/Deauville,

« On peut s’y délasser sur un banc, faire une promenade, s’essayer le jogging sur son parcours sportif ou faire des exercices sur ses équipements en bois. On apprécie en famille l’aire de jeux pour les plus petits ou pour les amoureux le “jardin des coeurs” pour accrocher un cadenas et peut-être échanger des serments, promesses, envies ou secrets… On se retrouve aussi entre amis au skatepark ou sur l’un des deux terrains multisports en plein air ». (indeauville.fr)

 

1988-1990 : Plage des Cavaliers (9 hectares) à Chiberta Anglet (Pyrénées Atlantiques)

« Reconnue mondialement pour ses vagues puissantes, elle accueille de nombreuses compétitions de surf professionnel. Cette longue plage de sable est bordée au nord par la longue digue de la Barre. Elle est dominée par de nombreux espaces verts et le complexe de thalassothérapie Atlanthal. Des promenades bétonnées entrecoupent les longues bandes gazonnées, fréquentées par les familles… La plage est très facile d’accès et les parkings sont très bien aménagés. » (TripAdvisor)

1988-1993 : Ambiances végétales du Magic Kingdom pour Disney Imaginering

Associé à l’agence de paysage Brian Clouston and Partners de Londres, Michel Viollet a réalisé la mise en œuvre du paysage végétal du Magic Kingdom de Marne-la-Vallée.

Les distinctions

Membre d’honneur de la Fédération française du paysage

Membre du comité de rédaction des Carnets du paysage

Ruban d’argent, 4ème palmarès des paysages routiers (1997)

Les principales publications

M. Viollet, Etude paysagère du littoral martiniquais. DDE Martinique, Paris, Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable, 2003, 

« Cette étude a été faite dans le cadre de l’application de la loi littoral préconisant d’identifier et d’analyser les sites, les éléments de paysage et secteurs à protéger et à mettre en valeur pour les motifs esthétiques ou naturels. Son objectif est d’établir : une cartographie au 1/100000e faisant apparaître pour l’ensemble de la Martinique, les grandes unités paysagères et leurs sous-ensembles ; une cartographie au 1/25000e faisant apparaître pour chacun des grands ensembles paysagers du littoral, les unités de paysages remarquables ou espaces sensibles à préserver ou à mettre en valeur ». MEDD.

Michel Viollet, Béatrice Fanny, Base paysagistes : Paysage, régulation et gestion des eaux pluviales, Paris, MEDD, 2003

« La multiplication des aménagements de régulation comme les retenues d’eaux pluviales réalisées ponctuellement sans prise en compte du contexte paysager risquent d’entraîner des modifications importantes sur la perception de ces paysages remaniés. La DNP du MEDD a souhaité évaluer les conséquences importantes de cette nouvelle pratique : parallèlement, la sensibilisation des acteurs favorise la mise en œuvre de dispositions particulières à définir. C’est seulement dans ce contexte que sera assurée une meilleure intégration de ces aménagements dans les structures paysagères existantes.». MEDD.

M. Viollet, J.-P. Carette, Routes et paysages dans les parcs naturels régionaux. Guide à l’usage des gestionnaires, Montpellier ENSAM, 1993.

« Le présent document concerne les parcs naturels régionaux, et par extension, la partie périphérique des parcs nationaux ainsi que les territoires sur lesquels une démarche de qualité paysagère est engagée. Pour aider les aménageurs et les gestionnaires des PNR dans leur mission de qualification du territoire, ce guide a pour objet : d’identifier les interrelations entre routes et paysages en fonction des parcours. De décrire les composantes du paysage routier et de proposer des recommandations d’aménagement. »

EXTRAITS DE PRESSE :

  • Sciences et Avenir, la science du paysage (1974) : Le miroir d’une societé (M.Viollet/P.Dauvergne), le littoral en péril (M.Viollet/A.Jaeggli)

  • Landscape Architecture (1978) : Innovative design at Cergy

  • Urbanisme, Pratiques du paysage (1980) : Quatre aménagements, quatre échelles

  • Urbanisme, Présence de l’eau (1984) : Les jardins de Belleville (API/Debulois), Jeux urbains avec canaux (API/C.Guislain)

  • Paysages actualités (mars 1995) : Un parc de mer à Arcachon

  • Paysages actualités (1985) : Les étangs de Cergy-Neuville

  • Urbanisme, Jardins de ville (1985) : Renforcer le végétal (M.Viollet)

  • Paysages actualités (1986) : L’aménagement des lais de mer à Deauville et Tourgéville

  • Urbanisme (avril 1988) : Aménagement de deux places à Nogent-le-Rotrou

  • Landscape Architecture (1989) : Global landscape, Industrial evolution, le parc de Belleville à Paris Marylin Clemens)

  • Paysages actualités (1990) : API Paysages, 20 ans d’études et de réalisations.

Les idées

Dans la carrière de M. Viollet, il y a deux périodes principales d’activités, celle de la coopérative API (1970-1993), et celle où il dirige la quatrième année de l’ENSP (1997-2007) tout en exerçant son activité de paysagiste conseil de l’État.

Dans la première il est autant, et sans doute plus, paysagiste concepteur et maitre d’œuvre que conseiller de la maitrise d’ouvrage avec ses collaborateurs de l’API.

« En utilisant souvent des matériaux de décharges contrôlés, issus des chantiers importants de cette époque, ils interviennent sur les modelés de sol et la topographie, créent des massifs boisés importants, et veillent aux usages sociaux des espaces créés :

Dans la base de loisir de Draveil (avec l’agence Latitude Nord), la proposition était de créer des lieux identifiables permettant à chacun de de s’inventer un territoire en s’appropriant à certaines heures de la journée le banc de bois, celui où est inscrit Je t’aime pour la vie, la butte rappée par les pas quotidiens, l’ombre légère du saule ou celle plus épaisse du marronnier. Toute action consiste au préalable à remettre en cause les idées concernant la séparation des fonctions“2.

En revanche, dans la seconde partie de sa carrière, son activité de paysagiste conseil et d’organisateur des ateliers pédagogiques régionaux de l’ENSP lui permet surtout de développer la formation des maitres d’ouvrage et des acteurs de la gouvernance publique des paysages en même temps que celle des étudiants. Il participe à la « mise en politique » de la notion de paysage, traduite en capacité de projets et de médiations pour les futurs paysagistes, et en accompagnement des programmes et projets d’aménagements locaux et territoriaux.

Pour conclure

Dès les années 1970, M. Viollet a contribué à construire, avec d’autres paysagistes de sa génération ou plus anciens (notamment J. Sgard, Jean- Claude Saint-Maurice, P. Dauvergne, G. Samel et M. Corajoud), la figure professionnelle de l’expert en paysage, devenu depuis 2016, « paysagiste concepteur ».

Avec la création des paysagistes conseils de l’État en 1995, et comme enseignant, il a montré quelles compétences de conseil de la maitrise d’ouvrage devaient être transmises pour que cette profession désormais réglementée répondent avec clarté et efficacité à la demande sociale et politique.

Validées par le ministère de la Transition écologique et la FFP, ces compétences, au nombre de sept, définissent désormais les démarches des paysagistes concepteurs, adaptables aux différentes échelles géographiques et temporelles de l’action.

Ce qu’Henri Bava, président de la Fédération française du paysage (FFP) en 2018, résumait :

« La Maîtrise d’ouvrage doit pouvoir profiter de toutes les évolutions en matière de qualification, de formation, et de développement du métier de paysagiste concepteur, depuis la planification jusqu’à la maîtrise d’œuvre.

L’évolution des formations des écoles de paysage permet de générer une jeune génération de paysagistes concepteurs qui a compris et intégré la nécessité d’une adaptation rapide de la profession face aux enjeux planétaires, pour être en capacité de produire pour chaque lieu une approche visant l’excellence située.»

Pierre Donadieu avec le concours de Michel Viollet

Mars/mai 2020


Notes

1 D’après Michel Viollet, in Créateurs de jardins et de paysages, 2002.

2 M. Audouy, Michel Viollet, in Créateurs de jardins et de paysage, 2002

POPSU Revue AVF

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Bulletin de l’Association des Amis du Vexin Français


Extraits

Périllon Yves : “Une visite à Magny”. N° 62 (2009)

Périllon Yves : “Magny-en(core?)-Vexin”. N° 69 (2013)

Cavard Jean-Claude et de Magnitot Étienne : “Agriculteurs et agricultures en Vexin. N° 70 (2014)

Cavard Jean-Claude : «La question du logement en Vexin. “Le logement, une priorité pour le Vexin français”». N° 70 (2014)

Cavard Jean-Claude : “Tourisme en Vexin”. N° 70 (2014)

de Magnitot Étienne : “Mobilisation” [à propos de la Demi-Lune]. N° 71 (2015)

Amiot Daniel (pour le bureau) : Halte à la défiguration des entrées de villes… Magny-en-Vexin par la RD 983″ [à propos de l’extension de la Demi-Lune]. N° 72 (2016)

Cavard Jean-Claude : “Les relations Vexin français Cergy-Pontoise (1970-2016)”. N° 72 (2016)

Deroudille Régis et Guéhéneuc de Lano Françoise : “L’église de Magny-en-Vexin en danger !”. N° 73 (2017)

Cavard Jean-Claude : “Le département de Seine-et-Oise, urbanisation et politique départementale d’aménagement de 1950 à 1965”. N° 73 (2017)

Cavard Jean-Claude : Dossier sur Bertrand Warnier, architecte-urbaniste, initiateur du PNRVF. N° 74 (2019)

Boulanger Marie-Claude : “Comment la CDAC contribuera à sauver les centres-villes”. N° 74 (2019)

Coll. : “Eglise de Mgny-en-Vexin, de l’espoir à l’expectative. N° 74 (2019)

Cavard Jean-Claude : “Être petite ville en Île-de-France”. N° 74 (2019)

De Lano Françoise : “Notre-Dame de la nativité de Magny-en-Vexin. Restauration : rapport d’étape”. N° 75 (2020)


Sommaires des numéros en ligne sur le site des AVF

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POPSU Repères biblio

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POPSU et crise sanitaire

repères bibliographiques

par ordre chronologique

 

27-05-20 : Gerbeau Delphine et Picot David : “Et si on misait enfin sur le périurbain ?”, la Gazette des communes.

27-05-20 : Faburel Guillaume, interviewé par Delphine Gerbeau : “Un autre modèle se dessine dans les périphéries”, la Gazette des communes.

27-05-20 : Jacques Lévy, interviewé par Jean-Baptiste Forray : « L’abandon des territoires périurbains est une légende », la Gazette des communes.

10-03-20 : Connolly Creighton, Keil Roger et Ali Harris : “Extended urbanisation and the spatialities of infectious disease: Demographic change, infrastructure and governance”, Urban Studies (University of Lincoln)

17-03-20 – Mignerot Vincent : “Covid-19 : ville ou campagne ?”. Linkedin

29-03-20 – Faburel Guillaume : “ La métropolisation du monde est une cause de la pandémie”. Reporterre

03-04-20 – Verdeil Eric : “Urbanisation et mobilité : réflexions sur les logiques spatiales du COVID-19”. Rumor (hypothèse.org)

06-04-20 – Verdeil Eric : “La métropolisation, coupable idéale de la pandémie ?”. The Conversation

08-04-20 – Durand A-A et Breteau P. : “Coronavirus : quels départements ont gagné ou perdu le plus d’habitants depuis le confinement ?”. Le Monde

27-04-20 – Ferrier Jacques : “La ville dense a trahi ses habitants”. Métropolitiques

12-05-20 – Charmes Éric & Rousseau Max : “La mondialisation du confinement, une faille dans la planétarisation de l’urbain ?”. La Vie des Idées

14-05-20 – Semi Giovanni [traduit par Clément Rivière] : “Sur les nouvelles formes d’inégalités urbaines post-Covid”. Métropolitiques

16-04-20 – Gilbert Pierre : “Le Covid-19, la guerre et les quartiers populaires”. Métropolitiques

19-05-20 – Leray Christophe : “Viens chez moi, j’habite le jardin du voisin”. Chroniques d’architecture

Un jour, un jardin – Jour 37

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Un jour, un jardin – Icono-bibliographie

Le bosquet du Théâtre d’eau contemporain

jardins du château de Versailles

 

Louis Benech, « Restitution ou réinterprétation. Les exemples des Tuileries et du bosquet du Théâtre d’eau à Versailles », in Martella Marco (dir.), L’Héritage d’André Le Nôtre. Les Jardins à la française entre tradition et modernité, Domaine du département de Sceaux -Hauts-de-Seine, 2014, p. 119-123.

La Restauration du bosquet du Théâtre d’eau, dossier pédagogique, Château de Versailles (lien).

Le Bosquet du Théâtre d’Eau, par Louis Benech & Jean-Michel Othoniel, Château de Versailles, 2014 (Youtube)

Un jour, un jardin – Jour 36

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Un jour, un jardin – Icono-bibliographie

Bosquet du Théâtre d’eau, jardins du château de Versailles

 

Jérôme de La Gorce, « Carlo Vigarani et Le Nôtre : la création du Théâtre d’eau », in Patricia Bouchenot-Déchin, Georges Farhat (dir.), André Le Nôtre en perspectives, Paris, Hazan-Château de Versailles, 2013, p. 282-291.

Michel Baridon, Histoire des jardins de Versailles, Arles-Versailles, Actes Sud-Château de Versailles, 2003.

Plan de travail du Théâtre d’eau, deux dessins à la plume et encre de Chine, 1677, BNF (lien  Gallica) :

Le Théâtre, dessin-plan à la plume et encre de Chine, 1677, BNF (lien Gallica) :

Le Théâtre, dessin, 1677, BNF (lien Gallica) :

Jean Cotelle (le jeune), Vue de la partie supérieure du Théâtre d’eau dans les jardins de Versailles, gouache, vélin, vers 1688, Château de Versailles et de Trianon. (lien RMN) :

Jean Cotelle (le jeune), Vue de l’entrée du bosquet Théâtre d’eau dans les jardins de Versailles, gouache,, XVIIe siècle, Château de Versailles et de Trianon (lien RMN) : 

Anonyme, Le Bosquet du Théâtre d’eau dans les jardins de Versailles au début du XVIIIe siècle, huile sur toile, début XVIIIe siècle, Château de Versailles et de Trianon. (lien RMN) : 

Franz-Anton Danreiter, Nouveaux plans des villes, château et jardins de Versailles. Le Théâtre d’eau, dessin encre et lavis, Château de Versailles et de Trianon. (lien RMN) : 

Un jour, un jardin – Jour 34

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Un jour, un jardin – Icono-bibliographie

Palais Farnèse, Caprarola, Italie

 

Denis Ribouillault, Rome et ses jardins. Paysage et pouvoir au XVIe siècle, Paris, CTHS-INHA, 2013.

Margherita Azzi-Visentini, Histoire de la villa en Italie, XVe-XVIe siècles, Paris-Milan, Gallimard-Electa, 1996. 

Braun et Hogenberg, «Caprarola arx et Horti Farnesiani», in Civitate Orbis Terrarum, vol. V, 1596-1640.

Jacques Lemercier, Scenografia generale del palazzo di Caprarola dell’illustrissimo signor cardinal Farnesio, plan, s.e., Rome, 1608, BNF (lien Gallica)

Israël Silvestre, Vue de Caprarola, estampe, XVIIe siècle, Musée du Louvre, (lien) : 

Jean-Jacques Lequeu, Maison de plaisance du Cardinal Alexandre Farnese, près Viterbe, dessin, 1777, BNF (lien Gallica)

Huber Robert, Villa Farnèse et ses jardins à Caprarola, huile sur toile, XVIIIe siècle, collection particulière.

Charles Percier, Fontaine dans le soubassement du pavillon du Plaisir dans le jardin du palais Farnèse de Caprarola, dessin, XVIIIe siècle, Institut de France, (lien)

Adrien Paris, Cascade dans les jardins du palais Farnèse à Caprarola, dessin, XVIIIe siècle, Musée des Arts décoratifs, de la Faïence et de la Mode, Marseille (lien)

Charles Percier, Pierre Fontaine, Choix des plus célèbres maisons de plaisance de Rome et de ses environs, 1809 (lien Gallica)