Les débuts de la recherche

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Les débuts de la recherche à l’ENSP (1980-82)

Version du 1er décembre 2018

Pierre Donadieu revisite la période où a été réalisé le premier programme de recherches de l’ENSP.

Les pionniers

À la fin des années 1950, aucun enseignant de la Section n’avait soulevé le problème d’une recherche permettant de mieux former les apprentis paysagistes. Car le modèle lointain restant les ateliers de l’École des Beaux-arts, il allait de soi que les enseignants d’ateliers détenaient les savoirs les plus pertinents, techniques et de création, pour former des concepteurs de projets de jardins et de paysage, c’est-à-dire des architectes de jardin et de paysage.

Le premier à parler de recherche dans les conseils d’enseignants fut Bernard Lassus à partir de 1963. Ancien élève de l’historien et critique d’art Pierre Francastel et de l’atelier du peintre Fernand Léger, jeune professeur de l’École des Beaux-Arts en 1968, il détenait le capital de prestige et de compétences plasticiennes qui lui permettait d’introduire des pensées et pratiques innovantes dans les formations de paysagistes de la Section. N’étant pas architecte, mais peintre coloriste, il s’était distingué par de nombreux travaux de recherches sur la couleur et les ambiances, puis par des publications remarquées dans le cadre de commande de recherches de la Direction Générale de la recherche scientifique et technique. Elles aboutiront aux premières publications qui l’introduisirent dans le champ paysagiste : Le jardin de l’Antérieur en 1975, Les habitants paysagistes en 19771.

Il fut à l’origine de la notion de recherche associée à l’enseignement pratique d’atelier dans le premier Institut national du paysage imaginé par la commission Harvois (1969-1972). Voir chapitre 3.

Quand l’ENSP fut créée, l’idée d’une recherche liée à l’enseignement fut à nouveau proposée par B. Lassus. Elle fut comprise de manière très différente par les enseignants présents selon leur domaine.

D’un côté les enseignants de l’ENSH, scientifiques biologistes, technologues ou économistes en majorité, connaissaient peu les travaux de B. Lassus, contrairement aux enseignants d’arts plastiques et de techniques de représentation. Ils les accueillirent au mieux avec la réserve des non spécialistes …

De l’autre côté, les praticiens associaient l’idée de recherche à celle de conception du projet de jardin, d’espaces verts et de paysage, sans relation avec la posture académique et scientifique du chercheur professionnel. Alors que les chercheurs (jeunes et moins jeunes) de l’ENSH et de l’ENSP disposaient d’une culture scientifique que le ministère de tutelle, l’Agriculture, souhaitait développer. Autant dire que les échanges furent rares entre ces deux groupes. Seuls les économistes de l’ENSH Jean Carrel, puis Philippe Mainié, seuls représentants du champ des sciences sociales, maintinrent ce lien ténu jusqu’en 1983.

Formé à la recherche scientifique expérimentale en écologie à l’Université de Montpellier, j’étais intrigué par le discours et les publications de B. Lassus. Il développait la compréhension de l’imaginaire du paysage et du jardin, non comme un psychologue ou un neuroscientifique, mais comme un artiste curieux des processus perceptifs qu’il souhaitait maitriser et surtout expliquer. Je le situais d’autant plus dans le champ des sciences humaines, et en particulier l’anthropologie, que je venais de côtoyer au Maroc les pratiques des ethnologues et des agronomes en étudiant le partage des communaux pastoraux.

Je venais de découvrir un monde de savoirs pour lequel je n’avais pas été formé. Je les trouvais fort pertinents puisqu’ils me permettaient de comprendre les relations entre les hommes et leur milieu de vie. Et surtout de pouvoir agir sur elles. Ce qui semblait l’enjeu principal des recherches à entreprendre.

Que pouvions nous apporter M. Rumelhart et moi, qui nous intéressions aux relations entre les végétaux dans le champ de la phytosociologie, notre domaine de compétence ? Quel projet de recherche pouvions nous proposer, alors qu’aucun indice ne permettait de dire que ce champ était important pour former les paysagistes ? Nous étions, de fait, limités par notre spécialité héritée des enseignements de l’écologue Jacques Montégut. Et les études écologiques que nous menions pour divers commanditaires publics (autoroutes, Directions départementales de l’Équipement, collectivités) ne nous en disaient pas plus sur le choix du thème des recherches à entreprendre.

La commande du ministère

Une commande de travaux de recherche fut adressée à l’école en 1979 par Alain Riquois, responsable de la mission du Paysage du ministère de l’Environnement et du Cadre de vie (rattachée à la Direction de l’urbanisme et des paysages -DUP- du ministère de l’Équipement et du Logement )2. Sa direction fut en partie confiée par R. Chaux à P. Mainié, un agro-économiste et chercheur à l’INRA de Versailles qui s’intéressait à l’ENSP à l’économie des agences de paysagistes autant qu’aux paysages ruraux.

Cette commande était adressée à d’autres chercheurs en France par la sociologue Isabelle Billard de la DUP, notamment Abraham Moles psychologue, Judith Epstein, Michel Conan historien et sociologue, François Béguin philosophe, Jean-René Hissard artiste, Pierre Sansot, anthropologue, Marie-Hélène Chassagne et quelques autres.

Le financement de la Mission fut réparti entre plusieurs personnes, au titre de leurs agences respectives, à M. Corajoud et B. Lassus, et pour les autres via la prise en charge directe par l’ENSP.

M. Corajoud se consacra, avec les paysagistes M-H. Loze et J. Coulon, aux jardins de Versailles ; B. Lassus, seul, à un travail sur « La profondeur » et les autres (P. Donadieu, M. Rumelhart, G. Clément, P. Dauvergne, …) à une étude prospective des paysages de la vallée de la Mauldre à l’ouest de Versailles.

À cette époque (la fin des années 1970), la recherche scientifique sur le paysage était émergente et vigoureuse en France. Elle intéressait les géographes (G. Bertrand à l’Université de Toulouse notamment), les géoagronomes (J.-P. Deffontaines à l’INRA-SAD de Versailles), les sitologues (les architectes J.-P. Faye et M. Tournaire), les paysagistes d’aménagement (B. Fischesser et H. Lambert) au CEMAGREF de Grenoble, les phytoécologues (G. Long et M. Godron au CEPE-CNRS à Montpellier), les phytosociologues (J.-M. Géhu à Bailleul), sans compter les historiens de l’art et des jardins (M. Conan) et bien d’autres spécialistes comme, entre autres, le philosophe Alain Roger (Nus et paysages, essai sur la fonction de l’art, 1978).

Les notions de paysage et d’environnement séduisaient de nombreuses disciplines universitaires, mais sans rapport immédiat avec le métier de paysagiste encore peu professionnalisé. Il était représenté par la Société Française des Paysagistes et la Chambre syndicale des paysagistes conseils

À l’école était donc posée, par le gouvernement, la question de la création de démarches de recherches, qui satisfassent autant les paysagistes maîtres d’œuvre que les tous nouveaux métiers du « paysagisme d’aménagement », autre dénomination énigmatique d’une pratique qui ne voulait pas s’appeler planification des paysages, ni planification écologique sur le modèle américain (Design with nature, I. McHarg, 1969), jugé trop naturaliste et peu créatif.

Les uns voulaient éclairer le processus créatif de projet de paysage, les autres expliquer l’origine et les transformations des paysages, afin d’en maitriser les changements controversés (le mitage, les remembrements, les équipements touristiques, les lotissements …). Dans ce contexte, qu’avons-nous fait dans la vallée de la Mauldre ?

La vallée de la Mauldre

Assez vite, je me suis convaincu que je ne pouvais reconduire les démarches scientifiques de la phytoécologie dans ce projet de recherche. Pourtant, je m’apercevais que P. Dauvergne connaissait les travaux de cartographie écologique du CEPE-CNRS de Montpellier sur la Sologne et y faisait référence dans les travaux menés au CNERP. J’avais acquis cette compétence car, formé au CNRS de Montpellier en 1970, j’avais pu cartographier, avec d’autres, de vastes régions pastorales selon cette méthode en Algérie steppique pour la FAO, et au Maroc. Était-il pertinent dans la vallée de la Mauldre ? Il eut fallu en parler collectivement ce qui se révéla impossible dans une école qui ressemblait plus à un hall de gare qu’à une communauté de chercheurs. Et où les enjeux de pouvoirs commençaient à être visibles.

N’ayant pu définir une problématique de recherche, et en l’absence de directives de la part du commanditaire, je décidais d’explorer le terrain choisi, une petite vallée résidentielle de banlieue, au milieu de vastes plateaux céréaliers au sud de la vallée de la Seine à l’Ouest de Paris.

J’ai beaucoup photographié la vallée, son urbanisation, les architectures pavillonnaires, les bords de la rivière et les jardins, sans en tirer de conclusions probantes. Et pour cause : je ne savais pas ce que je cherchais … Jusqu’au jour où je me suis joint aux enquêtes que menaient l’économiste P. Mainié et le sociologue Marc Chopplet auprès des habitants. Je me suis souvenu de mon expérience marocaine auprès des éleveurs transhumants. Là où j’avais recours aux filtres de la science botanique et phytogéographique pour décrire l’acheb (l’herbe) des parcours, les bergers me répondaient en termes de préférence, de rejet ou de danger des plantes pour les troupeaux de moutons. Là où je disposais de deux mots latins pour désigner une plante, ils en utilisaient trois au quatre pour rendre compte de ses usages alimentaires, pharmacologiques ou symboliques. Là où je distinguais soigneusement des genres, des espèces et des variétés, ils les regroupaient sous un nom berbère qui signifiait que les moutons ne les mangeaient pas (les plantes épineuses ou vénéneuses par exemple).

En écoutant les habitants de Mareil-sur-Mauldre et de Maule nous parler de leur cadre de vie, j’ai fait le parallèle avec mon expérience nord-africaine. Je me rendais compte qu’ils parlaient d’abord d’eux, de leur histoire, de leur origine (la Bretagne souvent), de leur famille, et surtout de leur jardin. Ce que je regardais avec intérêt (les plantes évidemment), ils n’y accordaient de l’importance que s’ils pouvaient en évoquer l’usage alimentaire ou décoratif. Ils décrivaient des paysages familiers, des lieux intimes, insoupçonnables et inépuisables. Les plus bavards racontaient des souvenirs, de leur enfance ou de leurs voyages. Tous nous faisaient partager des bribes de leurs récits de vie, souvent émouvants.

Comment relier le monde matériel, objectif, que je savais décrire en termes de séries de végétation ou d’activités agricoles et forestières, et les mondes insaisissables de chacun ? Fallait-il avoir recours à la psychologie (les coquilles emboitées d’Abraham Moles) ? A la sociologie poétique de Pierre Sansot ? Au triptyque du géographe G. Bertrand (Territoire, géosystème, paysage) ? A la logique systémique du géoagronome J.-P. Deffontaines ? Sans compter tous les auteurs que j’écartais involontairement parce que je ne les connaissais pas !

En fait, je m’en suis aperçu ensuite, il ne fallait pas choisir, car toutes les entrées avaient un intérêt descriptif, explicatif ou interprétatif. Ce qui obligeait soit à une posture méta disciplinaire surplombante (philosophique par exemple), soit à un point de vue holiste, globalisant, prometteur de synthèses impossibles et de difficultés avec ses pairs scientifiques. Mais ce dernier problème ne se posait pas encore.

Au début des années 1980, mon projet personnel était en effet de rendre compte de mon expérience scientifique de phytogéographe et de pastoraliste méditerranéen en soutenant une thèse de doctorat à l’université de Montpellier. Ingénieur d’agronomie, je n’étais pas destiné à devenir enseignant-chercheur bien que cette perspective se concrétisa dix ans après. À cette époque, j’étais surtout un ingénieur fonctionnaire d’un corps d’État employé à mettre en place, avec d’autres, une politique publique de formation de cadres paysagistes. Je ne prétendais à aucune œuvre personnelle, ni à une carrière dans un ministère. Je tentais d’éclairer le mystère de la notion de paysage, laquelle était restée pour moi d’une limpidité surprenante grâce au paradigme de la plante indicatrice qui fonctionnait très bien au sud de la Méditerranée. Un vrai plaisir pour le voyageur curieux d’Essaouira à Gabès, et de Tanger à Bizerte. Mais l’idée de paysage s’était brutalement obscurcie en France au contact de la planète paysagiste.

Toujours est-il que le mélange de praticiens paysagistes libéraux, de jeunes enseignants des écoles d’architecture et d’ingénieurs horticoles formés récemment à la recherche scientifique créait un milieu incertain pour faire émerger une recherche cohérente à l’école. Chacun fit la sienne, indépendamment des autres, y compris sur le même lieu (la vallée de la Mauldre) et en publia les résultats significatifs quatre ans après la commande du ministère de l’Environnement et du Cadre de vie.

Les résultats des recherches

Ils furent publiés en 1983 dans le dossier « Des paysages » des Annales de la Recherche urbaine, n° 18-19, sous les titres : « Lecture d’un jardin » (Corajoud, M., et al), « Profondeurs » par B. Lassus et « La démarche de projet » par P. Mainié et al.

M. Corajoud et ses associés rendirent compte d’une analyse très fine des bosquets des jardins du château de Versailles, appuyée sur des mesures et des observations. « Nous avons fait le choix, écrivaient-ils en introduction, d’aborder cette recherche selon des modalités proches de celles que nous utilisons dans notre propre démarche de projet, c’est-à-dire en décomposant l’espace selon certains processus de son élaboration et en privilégiant un de ses aspects (…). Pour nous, la conception du jardin commence par la maîtrise du site, par le bâti général à partir duquel les lieux s’organisent, les formes s’installent. ».

Ils concluaient la publication ainsi : « Nous avons cependant quelques raisons de croire qu’elles (nos observations) laissent transparaître des ruptures évidentes dans les modes d’élaboration du jardin(…). En considérant seulement l’intervalle de temps qui va de 1660 à 1775, nous pouvons isoler trois grandes périodes formelles. La première, à Versailles, trouve son terme avec la représentation du jardin tel qu’il figure sur le plan «de l’Institut», trouvé par Alfred Marie (…). La seconde période correspond à la maîtrise d’œuvre effective de Le Nôtre et de ses collaborateurs de Vaux (1662-1663). Après Monceaux, Rueil et Vaux-le-Vicomte, l’influence italienne transforme le Versailles de Louis XIII, le jardin s’ouvre et annexe tout le territoire. Pour ce faire, Le Nôtre utilise des tracés qui introduisent une dynamique. Les figures instaurent un mode de croissance du jardin par des relations homothétiques et additives, des correspondances ouvertes et subtiles entre longueurs, surfaces et volumes, un enchaînement continu de proportions qui, partiellement, rompent avec la symétrie pour introduire l’équivalence (…). La troisième période correspond, pensons-nous, à la reprise en main du jardin par Mansart. A la fin de sa vie, Le Nôtre lui-même avait déjà modifié son vocabulaire formel et simplifié ses figures ».3

De son côté, B. Lassus a réuni plusieurs travaux personnels sous l’intitulé « Profondeurs ». Le Jardin vertical proposé pour le concours du parc de la Villette ; le Jardin des Planètes qui a fait également partie du projet pour le site des anciens abattoirs parisiens ; et deux textes plus anciens, « Le puits » et « Le monument », destiné à illustrer la dimension incommensurable de l’imaginaire poétique des lieux4.

Enfin, au nom de l’ENSP, l’économiste P. Mainié a rassemblé les travaux des autres enseignants dans un texte synthétique « La démarche de projet ». Neuf enseignants y ont participé : deux paysagistes, M. Corajoud et P. Dauvergne, deux écologues (et non écologistes !), P. Donadieu et M. Rumelhart, une historienne S. Hoog, un agronome économiste P. Mainié, un sociologue M. Chopplet, une plasticienne F. Blin et une documentaliste C. Bou5.

Le premier texte, rédigé par les paysagistes (essentiellement par P. Dauvergne), fait surtout état du rôle souhaitable des paysagistes dans l’établissement des documents d’urbanisme, notamment dans la conception des plans d’occupation des sols (POS). Il plaide l’idée que le Plan d’occupation des sols devrait devenir un véritable projet de paysage. Et il discute le droit, sinon le devoir, de juger « du beau et du laid » pour les habitants et les praticiens. Le texte s’appuie sur les travaux de B. Lassus (Le Jardin de l’antérieur, 1976 ; le Jeu des points rouges, 1978) et de l’historien dix-huitièmiste M. Conan.

Le second texte, intitulé « Les hommes et le milieu », expose succinctement l’étude sociologique : « les perceptions et satisfactions des habitants en matière de paysage » dans la vallée de la Mauldre, insiste sur le mitage du paysage, évoque des catégories de jardins (d’invention et de reconduction), et souligne l’intérêt de la mémoire et de l’histoire des lieux. Mais il est peu question des paysages de la vallée de la Mauldre qui ne sont pas décrits, ni évoqués. En conclusion, des « propositions pour des recherches ultérieures » sont indiquées. P. Mainié constate que « la vie difficile du groupe de recherche a reproduit le divorce qui bloque la création dans le domaine paysager ». Il suggère d’étudier les pratiques professionnelles qui sont diverses et peu connues, d’analyser la demande sociale et les formations dans ce domaine et de proposer une politique publique gouvernementale ambitieuse de paysage.

Toutes ces questions recevront des réponses de chercheurs au cours des trente années suivantes.

Conclusion

L’étape fondatrice de la recherche à l’ENSP peut paraitre hétérogène. Elle est en fait à l’image des acteurs principaux des débuts de l’école. Deux écoles nouvelles de pensée paysagiste (dite plus tard « école française de paysage » par la Fédération française du paysage) se juxtaposaient (avant de s’affronter) en indiquant leurs postulats, celui d’une matérialité à gérer par la maitrise formelle, dessinée, globale et de détail, du projet dans le cas de M. Corajoud, qui s’inscrivait dans les pas d’André le Nôtre ; celui d’un imaginaire du paysage à susciter par « apport sur un support » en s’appuyant, notamment sur les théories du jardin pittoresque de Williams Chambers et de l’abbé Delisle (1776).

A côté de ces deux pôles majeurs du débat, la recherche académique dans les autres disciplines était balbutiante à l’école. Les sciences écologiques n’émergeaient pas pour des raisons que j’ai expliquées. Elles se développeront à partir d’un foyer franco-américain dix ans plus tard au CNRS et à l’INRA en dehors de l’école sous la forme de la landscape ecology. Seules les recherches en sciences humaines et sociales (géographie, sociologie, ethnoécologie, histoire des jardins, des paysagistes et du paysage, sciences politiques), portées d’abord par P. Dauvergne puis par A. Mazas, P. Donadieu et D. Bouillon, poursuivront ensuite leur développement avec la création du LAREP (laboratoire de recherches de l’École du Paysage) en 1993. Quatre années après que Bernard Lassus eut créé à l’École nationale d’architecture de Paris-la-Villette le diplôme d’Études approfondies (DEA) « Jardins, paysages, territoires » et sa formation doctorale avec l’École des hautes études en sciences sociales de Paris.

Bibliographie

Pierre Donadieu : Retour sur la recherche à l’École nationale supérieure de paysage de Versailles-Marseille (1995-2011). Publié dans Projets de paysage le 16/01/2012.

Notes

2 Ce rattachement reste à vérifier.

3 http://corajoudmichel.nerim.net/10-textes/01-versailles-lect.htm

5 http://www.persee.fr/doc/aru_0180-930x_1983_num_18_1_1075

Soutenance Claire Fonticelli

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Thèse de doctorat en sciences du paysage

Laboratoire de recherche en projet de paysage (LAREP), laboratoire de recherche de l’école nationale supérieure de paysage de Versailles-Marseille (ENSP) / École doctorale n°581 Agriculture, alimentation, biologie, environnement et santé (ABIES) / Financement R2DS).

CONSTRUIRE DES IMMEUBLES AU ROYAUME DES MAISONS
La densification des bourgs périurbains franciliens par le logement collectif : modalités, intérêts et limites.

Jury :

M. Eric Charmes, directeur de recherches, ENTPE Rapporteur
M. Xavier Desjardins, professeur, Sorbonne Université Examinateur
M. Jean-Claude Driant, professeur, École d’urbanisme de Paris (Université Paris Est) Examinateur
Mme Marie-Christine Jaillet, directrice de recherches CNRS, Université de Toulouse Examinatrice
Mme Lucile Mettetal, chargée d’études à l’institut d’aménagement et d’urbanisme d’Ile-de-France Membre invitée
Mme Monique Poulot, professeur, Université Paris Nanterre Rapporteur
M. Patrick Moquay, professeur, ENSP, directeur de thèse Directeur de thèse

La thèse sera soutenue publiquement le 27 novembre 2018 à 14h au 19 avenue du Maine 75015 Paris amphithéâtre B208 (2ème étage, couloir B).

Résumé : ­

Alors que le périurbain est souvent vu comme le royaume du logement individuel, le parc de logement des communes périurbaines se diversifie en Ile-de-France. Le logement collectif y représente 40% des opérations de construction de logement (Sit@del 2009-2013).
Ces logements – souvent des opérations modestes comprenant en moyenne une vingtaine de logements – permettent de diversifier le parc existant pour réaliser des logements locatifs ou plus petits. Ils permettraient alors de répondre aux besoins des jeunes ménages, des familles monoparentales ou des personnes âgées qui n’ont pas nécessairement les moyens ou l’envie d’habiter dans du logement individuel. Ce serait une opportunité de de renforcer la maturation périurbaine (Berger, 2014), tout en de dynamisant la commune et en favorisant la transition démographique, souvent souhaitée par les élus.
Pourtant, la densification est loin d’être évidente sur ces communes : les difficultés à densifier sont importantes. Le coût direct de la densification pour la collectivité est le plus souvent très élevé, et le marché laissé libre ne produirait – sauf exceptions – que des maisons individuelles. L’argent public devient ainsi indispensable pour construire du collectif en densification dans ces communes : il est largement subventionné. Le manque d’acteurs pour réaliser ces opérations est également un frein, que ce soit en termes d’ingénierie pour aider à réaliser la construction qu’en termes d’opérateurs ou de promoteurs. Si ce parc de logement se construit, le plus souvent, c’est parce que l’imbrication réglementaire et législative propre à l’Ile de France l’impose, souvent à l’encontre des volontés des maires.
Alors, sur ces bourgs périurbains, la plupart des constructions revêtent un style standardisé : les immeubles de petit collectif utilisent le plus souvent des formes architecturales dites de « néo-village » qui imitent l’architecture traditionnelle des bourgs sans hésiter à la détourner. L’architecture des centres-bourgs se doit être la plus consensuelle possible pour ne pas rajouter des crispations complémentaires pour les habitants. Elle se traduit par des façades sur rue, peu rythmées, qui interdisent les balcons et les terrasses auxquelles les habitants aspirent. Or, dans ces communes où habiter dans une maison est la norme, et où le rêve d’un jardin est important, ces appartements peinent à répondre aux aspirations de leurs habitants.
En cela, la densification révèle un côté irréconciliable entre les attentes des habitants et celles des élus. L’investissement important que la densification demande pour se réaliser – aussi bien en termes de risque politique que d’argent public – en comparaison à la satisfaction en demi-teinte par laquelle elle se traduit, une fois achevée, questionne la pertinence des politiques de densification sur les territoires périurbains.

Le Grand Pari(s) d’Alphand

 

Le Grand Pari(s) d’Alphand

Création et transmission d’un paysage urbain

Sous la direction de :
Michel Audouy, Jean-Pierre Le Dantec, Yann Nussaume, Chiara Santini
Édition de La Villette,  Paris, 2018

 

Invitation à l’exploration d’une œuvre ayant façonné le paysage du Paris moderne, cet ouvrage propose un hommage critique à Adolphe Alphand (1817-1891). Ingénieur des ponts et chaussées ayant débuté sa carrière à Bordeaux, il y est remarqué par Georges-Eugène Haussmann qui, peu après sa nomination par Napoléon III comme préfet de la Seine, le place à la tête du service des Promenades et Plantations parisiennes.
Féru de progrès et de rationalisme, Alphand conçoit et réalise, avec ses équipes – constituées de jardiniers-paysagistes, d’architectes et d’ingénieurs de talent -, un système d’espaces verdoyants allant des plantations d’alignement jusqu’à l’aménagement paysager des bois de Boulogne et de Vincennes, en passant par celui des squares et des parcs intérieurs. Après la disgrâce d’Haussmann et la fin du Second Empire, Alphand continue à régner sur l’ensemble des Travaux de Paris et dirige l’organisation de l’Exposition universelle de 1889, qui a légué la tour Eiffel. On lui doit également le monumental ouvrage Les Promenades de Paris, annonciateur d’une discipline nouvelle : l’urbanisme paysager.
Tirée d’un oubli immérité, la figure de ce grand commis de l’État, dont l’œuvre a connu un rayonnement mondial, était le sujet du colloque international « Le Grand Pari(s) d’Alphand », dont les contributions sont ici rassemblées. La sélection de textes qui conclut ce volume vise à prolonger l’analyse de l’œuvre d’Alphand par des extraits des Promenades de Paris, avec ses traités techniques et de l’art des jardins, de témoignages mais aussi de textes de grands auteurs de son temps.

Avec les contributions de :
Cedissia ABOUT, Michel AUDOUY, Henri BAVA, Jean-Pierre BÉRIAC, Philippe CLERGEAU, Stéphanie DE COURTOIS, Rosa DE MARCO, John Dixon HUNT, Pierre DONADIEU, Catherine FRANCESCHI-ZAHARIA, Adrien GEY, Christophe GIROT, Laurent HODEBERT, Michel HÖSSLER, Bernard LANDAU, Jean-Marc L’ANTON, Jean-Pierre LE DANTEC, Bertrand LEMOINE, Isabelle LEVÊQUE, Luisa LIMIDO, Guilherme MAZZA DOUARDO, Alexandre MOATTI, Yann NUSSAUME, Michel PÉNA, Pierre PINON, Chiara SANTINI, Gideon FINK SHAPIRO, Catherine SZANTO.

La guerre des métaux rares

 

Guillaume Pitron : La guerre des métaux rares. La face cachée de la transition énergétique et numérique. Préface d’Hubert Védrine. Édition Les liens qui libèrent, 2018.

Note de lecture de Roland Vidal

Praséodyme, lanthane, indium, beryllium, néodyme, niobium…
Le premier mérite de l’ouvrage de Guillaume Pitron est de nous familiariser avec ces noms, pour la plupart inconnus, dont on risque pourtant de parler de plus en plus dans les années qui viennent. On en parlera parce qu’ils seront de plus en plus l’enjeu de conflits commerciaux et industriels, parce qu’ils seront l’objet de cette nouvelle « guerre des métaux » qu’évoque l’auteur.

Mais on peut aussi se demander de quels paysages ces « métaux rares » sont les acteurs. Et, là, la réponse dépend de quel coté de la chaîne de production l’on se trouve. Car derrière ces conflits qui s’esquissent aujourd’hui se dessine une fracture paysagère et environnementale qui commence tout juste à sortir du cadre néo-colonial dans lequel elle s’était installée.

D’un côté de la chaîne de production, donc, on trouve ces fameux paysages de la transition énergétique, avec panneaux photovoltaïques sur les toits des habitations, éoliennes à l’horizon et véhicules électriques dans les rues. Des paysages dont on débat, dans nos démocraties de plus en plus participatives, mais pour des raisons d’ordre esthétique bien plus qu’environnemental.

De l’autre côté, c’est-à-dire à l’autre bout du monde, ce sont les paysages de la « face cachée » de cette même transition énergétique. Cachée à nos yeux… pas aux yeux de ceux qui y habitent encore et tentent d’y survivre.

À Ganzhou, par exemple, la ville natale de Gao Xingjian (Nobel de littérature 2000), où des « montagnes de déchets toxiques » se dispersent au point d’obstruer les affluents du fleuve bleu, « des hommes et des femmes, nez et bouche recouverts de simples masques, travaillent dans une atmosphère saturée de particules noircies et d’émanations acides » (page 42).

À Baotou, principale ville de Mongolie-Intérieure et première région productrice de terres rares au monde, les rejets toxiques et la radio-activité1 ont fait fuir la plupart des habitants de leurs lieux de vie qu’ils appellent maintenant les « villages du cancer ».

Et aussi dans d’autres parties du monde, comme l’Indonésie, l’Amérique latine ou l’Afrique.

Là, tout comme en Chine, les nappes phréatiques sont infestées par toute sorte de rejets toxiques. L’eau potable manque2, les terres empoisonnées aux métaux lourds deviennent incultes et même les pluies deviennent acides. 

Selon l’endroit d’où on l’observe, la transition énergétique ne produit donc pas les mêmes environnements ni les mêmes paysages. Elle est « une transition pour les classes les plus aisées : elle dépollue les centres villes, plus huppés, pour mieux lester de ses impacts réels les zones plus miséreuses et éloignées des regards » (page 81). C’est en ce sens qu’elle s’inscrit dans la continuité d’un néo-colonialisme qui a toujours exporté les externalités négatives des pays dominants vers les pays dominés.

Car les métaux rares ne le sont pas plus en Amérique ou en Europe qu’en Chine. Ils sont présents un peu partout sur la planète. Ce sont les conditions de leur extraction, très dommageables pour l’environnement, qui font que les régions du monde qui en ont les moyens ont renoncé à les exploiter sur leur territoire. Les États-Unis, qui en avaient encore le leadership mondial il y a une trentaine d’années, ont fini par fermer leurs mines sous la pression des associations écologistes et de l’agence de protection de l’environnement. C’est à ce moment que la Chine, alors moins soucieuse de son environnement, a pris la place qui est la sienne aujourd’hui sur ce marché laissé libre par les Américains.

Mais les choses sont en train de changer. Outre la prise de conscience, tardive mais réelle, des autorités chinoises envers les questions environnementales, les Chinois ne veulent désormais plus exporter leurs terres rares vers des pays qui accaparent l’essentiel de la plus-value réalisée en laissant la pollution sur place.

La Chine, comme d’ailleurs les autres pays exportateurs comme l’Indonésie, continuera ses exploitations minières, mais au service de sa propre transition énergétique plutôt que de la nôtre.

Et la nôtre dépendra de notre capacité à ouvrir des mines de terres rares sur notre propre territoire, ce à quoi s’opposent les mouvements écologistes, désormais conscients des enjeux environnementaux qu’elle recouvre. Sur ce point, Guillaume Pitron pense que nous n’aurons guère le choix :

« La réouverture des mines françaises serait la meilleure décision écologique qui soit. Car la délocalisation de nos industries polluantes a eu un double effet pervers : elle a contribué à maintenir les consommateurs occidentaux dans l’ignorance des véritables coûts écologiques de nos modes de vie, et elle a laissé à des États dépourvus de tout scrupule écologique le champs libre pour extraire les minerais dans des conditions bien pires que si la production avait été maintenue en Occident. » (page 236)

La question des paysages de la transition énergétique est donc amenée à changer de forme. Il ne s’agira plus tellement de réfléchir à l’intégration des éoliennes ou des panneaux solaires dans nos paysages patrimoniaux, mais de s’interroger sur l’impact de ces nouvelles exploitations minières que nous ne pourrons plus ignorer puisque nous les aurons sous les yeux.

Et il sera toujours temps de se pencher sur cette évidence : la moins polluante des énergies sera celle que nous ne consommerons pas.

 


Présentation de l’auteur par l’éditeur :
“Journaliste pour Le Monde Diplomatique, Géo ou National Geographic (il est notamment lauréat de l’édition 2017 du Prix Erik Izraelewicz de l’enquête économique, créé par Le Monde), Guillaume Pitron signe ici son premier ouvrage. La géopolitique des matières premières est un axe majeur de son travail. Il intervient régulièrement auprès du parlement français et de la Commission européenne sur le sujet des métaux rares.”
Voir la 4e de couverture


Guillaume Pitron est également co-auteur, avec Serge Turquier, du documentaire “La sale guerre des terres rares”, diffusé sur France 5 l’année dernière, présenté ici, et visible sur Youtube.

Il a été l’invité de France Culture lors de plusieurs émissions podcastables ici.


1  Les métaux rares ne sont pas radioactifs mais leur extraction nécessite leur séparation d’avec des minerais qui, eux le sont. Dans les lacs toxiques de Baotou, la radioactivité est deux fois plus élevée qu’à Tchernobyl (page 81)

 Du fait de l’exploitation des terres rares qui en consomme des quantités considérables : 200 litres par kilogramme extrait (page 44)

Les agricultures périurbaines – Annexes

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Actes du colloque de 2007
Les agricultures périurbaines : un enjeu pour la ville
ENSP – Université de Nanterre

Annexes

Bilan scientifiqueInstitutions participantesListe des intervenants


 

Bilan scientifique

Un colloque international et multidisciplinaire

Aborder la question des agricultures périurbaines sous l’angle de leurs relations à la ville, envisager comment ces relations peuvent déboucher sur des projets de territoire, ne pouvait se faire sans rassembler pour un débat commun des chercheurs, des enseignants et des praticiens issus de domaines habituellement éloignés les uns des autres.

De ce point de vue, le colloque de Nanterre a largement atteint ses objectifs puisqu’une centaine d’organismes de toute nature (écoles, laboratoires de recherche, agences publiques ou privées, associations, etc.) ont répondu à l’appel (voir annexes). Les disciplines dont étaient issus les participants étaient, elles aussi, très diversifiées (agronomie, architecture, écologie, économie, génie rural, géographie, paysage, sociologie, urbanisme), ainsi que les origines géographiques, puisque 22 pays étaient représentés.

Réparties en trois sessions, les séances plénières ont permis d’une part de comparer les approches et les expériences analysées dans les pays du Nord et du Sud, et d’autre part d’observer comment, à partir des différentes formes de relations entre l’agriculture et la ville, peuvent naître et se développer des projets de territoire. Ces derniers ont été illustrés par des exemples européens (italiens, espagnols, suisses et français), qui ont mis en évidence des différences significatives qui semblent relever autant des spécificités liées aux cadres institutionnels et aux modes de gouvernance qu’à des spécificités géographiques ou agronomiques.

La comparaison Nord-Sud, qui a régulièrement été mise en question lors des débats, a révélé des différences bien plus complexes qu’elles n’y paraissaient au premier abord. S’il se confirme que les priorités alimentaires dominent dans les pays du Sud alors que les considérations d’ordre paysager ou environnemental l’emportent dans les pays du Nord, on observe également un souci croissant pour le cadre de vie dans les premiers et un intérêt de plus en plus prononcé pour une alimentation de proximité dans les seconds. Bien que modulée par des variantes contextuelles qui restent fortes, l’agriculture urbaine apparaît donc de plus en plus comme une discipline originale et spécifique qui peut contribuer à améliorer la gouvernance des territoires, notamment dans les grandes régions urbaines comme celle de l’Ile-de-France.

Un colloque scientifique ouvert aux débats interprofessionnels

Si les 28 communications en séance plénière ont été principalement présentées par des intervenants issus du monde de la recherche et de l’enseignement, les débats et les ateliers ont été largement animés par des acteurs du monde professionnel. Ces rencontres ont permis une confrontation fructueuse entre les aspects théoriques développés par les chercheurs et la réalité concrète de projets en cours, comme ceux de Marne-et-Gondoire ou du Triangle Vert dont les animateurs ont présenté les premiers résultats. Les expériences franciliennes, thème retenu pour l’un des ateliers, ont été particulièrement approfondies, tant du point de vue des fonctions alimentaires de proximité que des nouveaux liens sociaux qui se construisent entre la ville et le monde agricole, ou des projets agriurbains pour lesquels la Région est un terrain pionnier d’expérimentations. Les trois autres ateliers ont porté sur les relations entre l’agriculture et la planification urbaine, le développement local, et les questions de paysage et de patrimoine.

La participation des professionnels du projet d’aménagement, paysagistes, architectes ou urbanistes, a constitué un autre point fort de ce colloque et ajouté à son haut niveau scientifique un caractère inter-professionnel rare dans ce type de manifestation.
Ces diverses communications ont montré que l’agriculture urbaine, pour peu qu’elle poursuive l’effort de dépassement des clivages qui isolent encore trop souvent les disciplines et les professions concernées, promet d’être une thématique d’un intérêt majeur pour le développement durable auquel aspirent aujourd’hui la plupart des régions urbaines, et notamment l’Ile-de-France dans sa volonté d’être la première Eco-région d’Europe. L’avenir de cette thématique nous a semblé d’ailleurs bien assuré, puisqu’en plus des nombreux étudiants présents, 19 doctorants ou post-doctorants ont contribué aux communications, en séance plénière, en atelier ou par le biais de poster.

Les acquis du colloque et les perspectives

Ébauche d’un réseau
Une esquisse de réseau a été constituée à cette occasion. Il comporte actuellement quelque 200 adresses électroniques et permet un échange d’informations régulier entre toutes les personnes intéressées par le sujet. Il constituera un outil important pour l’organisation de nouvelles manifestations scientifiques.

Élargissement des collaborations scientifiques
En Ile-de-France, ce colloque a aussi été le point de départ de nouvelles collaborations ; un « collectif d’enseignement et de recherche en agriurbanisme et projet de territoire » (CERAPT) a été constitué avec l’Ecole d’architecture de Versailles et AgroParisTech. Son objectif est d’amener sur le marché du travail une nouvelle figure professionnelle, l’agriurbaniste, capable de concevoir et de conduire des projets agriurbains de territoire. Ces nouveaux professionnels seront les concepteurs et les animateurs, qui répondront à la demande croissante de la Région de co-construction de projets de territoire répondant à la fois aux attentes citadines en matière d’aménités (paysage, approvisionnement, etc.) et à celles des agriculteurs, soucieux de la viabilité durable de leurs systèmes agricoles par les stratégies d’entreprise qu’ils choisissent. Ce collectif délivrera les compléments de formation nécessaires aux étudiants issus des formations initiales d’agronomes, de paysagistes et d’architectes. Il commencera ce travail d’innovation pédagogique dès 2008-2009 en mutualisant des enseignements ad hoc délivrés par ces institutions.

L’objectif de ce collectif est également de contribuer à l’approfondissement des recherches sur le concept de territoire agriurbain. Les partenaires scientifiques seront recherchés en Ile-de-France, au-delà des deux équipes que le présent colloque a réunies. Puisque nous avons constaté que nombre de chercheurs travaillent sur ces thèmes sans réelle coordination, il serait utile qu’émerge un programme régional de recherche en agriculture urbaine et projet agriurbain de territoire. Des coordinations sont également à renforcer à l’international, notamment avec l’Italie, le Canada, la Tunisie et le Mexique, pays avec lesquels des liens existent de longue date.

D’autres collaborations franciliennes se mettent également en place autour de la nouvelle spécialité que proposera, à partir de la rentrée 2009, l’Université de Nanterre dans le cadre de son master « Aménagement et urbanisme ». Un parcours « Développement durable et pratique de l’aménagement dans les espaces urbains et périurbains » sera ainsi mis en place avec la collaboration de l’Ecole d’architecture de Paris Val-de-Seine, d’Agrosparitech et de l’Université de Cergy-Pontoise. L’Ecole du paysage de Versailles et l’IUT de Compiègne sont également sollicités, ainsi que des partenaires du monde professionnel avec l’EPASA, la Ville de Nanterre, l’IAURIF, l’Agence des espaces verts et les PNR franciliens.

Avril 2008

Monique Poulot, André Fleury, Roland Vidal

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Les institutions participantes  ^

45 établissements d’enseignement

AgroParisTech    France
Colegio de Postgraduados en Ciencias Agrícolas (México)    Mexique
Ecole d’Ingénieurs de Purpan    France
Ecole nationale de la nature et du paysage (Blois)    France
Ecole nationale supérieure d’architecture de Versailles (EAV)    France
Ecole nationale supérieure du paysage (Versailles)    France
Ecole Polytechnique de Tours    France
Ecole supérieure d’agronomie (Angers)    France
ENESAD (Dijon)    France
ENFA Toulouse Auzeville    France
Facoltà di Agraria di Perugia     Italie
Faculté d’Architecture de Palerme    Italie
Institut supérieur d’agronomie de Chott-Mariem (Sousse)    Tunisie
ISARA Lyon    France
Katholieke Universiteit Leuven    Belgique
Politechnico Bari    Italie
Politecnica delle Marche    Italie
TECOMAH Chambre de commerce et d’industrie de Paris    France
Universidad Nacional del Sur    Argentine
Universita’ IUAV di Venezia    Italie
Universitat de Girona    Espagne
Université Catholique de Louvain-La-Neuve    Belgique
Université d’Angers    France
Université de Bologne    Italie
Université de Caen Basse-Normandie    France
Université de Cologne    Allemagne
Université de Florence    Italie
Université de Genève    Suisse
Université de Lausanne    Suisse
Université de Liège    Belgique
Université de Milan    Italie
Université de Ngaoundéré    Cameroun
Université de Provence    France
Université de Tours    France
Université Hassan II    Maroc
Université Libre de Bruxelles    Belgique
Université Lille I    France
Université Lumière Lyon II    France
Université McGill (Montréal)    Canada
Université Paris IV Sorbonne    France
Université Paris X Nanterre    France
Université Rennes II    France
Université Ryerson (Toronto)    Canada
Université Technique Nationale d’Athènes (NTUA)    Grèce
Université Toulouse-Le Mirail    France

28 organismes d’étude et de recherche

Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD)    France
Centre de Recherche sur la Culture Japonaise de Rennes    France
Centre de recherche sur les espaces et les sociétés (CRESO, Caen)    France
Centre International des Hautes Etudes Agronomiques de Montpellier (CIHEAM)    France
Centre national de la recherche scientifique (CNRS)    France
Centre national du machinisme agricole, du génie rural, des eaux et des forêts (CEMAGREF)    France
Institut Agronomique Méditerranéen de Montpellier (IAMM)    France
Institut d’estudis territorials (Barcelone)    Espagne
Institut de Recherche Agricole pour le Développement (Yaoundé)    Cameroun
Institut für Ethnologie und Afrika-Studien (IFEAS, Mainz)    Allemagne
Institut National de Cartographie de Yaoundé    Cameroun
Institut national de la recherche agronomique (INRA)    France
Institut sénégalais de recherche agricole (ISRA, Dakar)    Sénégal
Instituut voor Sociale en Economische Geografie (Leuven)    Belgique
Laboratoire de Géographie comparée (GECKO, Nanterre)    France
Laboratoire « Territoire, ville, environnement et société » (TVES, Lille)    France
Laboratoire de recherches et d’études en sciences sociales (LARESS Angers)    France
UMR 5185 ADES (Bordeaux)    France
UMR 6173 CITERES (Tours)    France
UMR 6570 Telemme (Aix-Marseille)    France
UMR 6590 ESO-CESTAN (Nantes)    France
UMR 7145 LOUEST (Paris)    France
UMR 7533 LADYSS (Paris)    France
UMR Agir (INRA, Toulouse)    France
UMR Dynamiques rurales (Toulouse)    France
UMR Innovation (Montpellier)    France
UMR Métafort (Clermont-Ferrand)    France
UMR SAD-APT (INRA, Paris)    France

27 autres institutions, organismes ou associations

Agence d’Urbanisme du Pays d’Aix (AUPA)    France
Agences des Espaces Verts d’Île-de-France    France
AMAP “Rêve de Terre”    France
ARASEA Ile-de-France    France
Assemblée générale des Chambres d’agriculture    France
Association Alternatives Durables pour le Développement (Mbalmayo)    Cameroun
Association des études foncières (ADEF)    France
Bergerie nationale (Rambouillet)    France
CAUE 78    France
Centre National d’Appui au Développement (CNAD, Kinshasa)    Congo (RDC)
Centre national des Arts et Métiers (CNAM, Paris)    France
Chambre d’agriculture de Seine et Marne    France
Chambre Régionale d’Agriculture PACA    France
Chemin Faisant (agence d’urbanisme et paysage, Paris)    France
Communauté d’agglomération de Marne et Gondoire    France
Communauté urbaine de Lyon    France
Diputació de Barcelona    Espagne
Division Forest, Nature and Landscape (DFNL, Leuven)    Belgique
DRIAF Ile-de-France    France
ETC Urban Agriculture / RUAF    Pays-Bas
Fédération nationale des Safer    France
Institut d’aménagement et d’urbanisme de la Région Ile-de-France (IAURIF)    France
Pays du Chalonnais    France
SICA Versailles Ile-de-France    France
Triangle Vert des villes maraîchères du Hurepois    France
Terres en Villes    France
UNESCO-ALECSO    Tunisie

22 pays représentés

Par les intervenants : Allemagne, Argentine, Belgique, Cameroun, Canada, Congo RDC, Espagne, France, Grèce, Italie, Maroc, Mexique, Pays-Bas, Sénégal, Suisse, Tunisie.

Par les autres participants : Algérie, Chine, Liban, Portugal, République Tchèque, Syrie.

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Liste des intervenants  ^

 

AMEMIYA

Hiroko

Centre de Recherche sur la Culture Japonaise de Rennes

ANDRIEU

Dominique

UMR6173 CITERES

ANTHOPOULOU

Théodosia

Université Technique Nationale d’Athènes

ARNAL

Clément

Université Lumière Lyon2

AUBRY

Christine

UMR SADAPT

BA

Awa

Doctorante AgroParisTech

BACCONNIER

Sandrine

Université Toulouse-Le Mirail

BAKAYOKO

Issa

Institut für Ethnologie und Afrika-Studien

BANZO

Mayté

UMR 5185 ADES

BEN ATTIA

Ons

ISA-ENSP-ENGREF

BERNARD

Cécile

ENESAD Dijon

BERNETTI

Iacopo

Université de Florence

BHATT

Vikram

Université McGill Montréal

BOISCUILLE

C. de

ENSNP

BONNEFOY

Serge

Terres en Villes

BOPDA

A.

Institut National de Cartographie de Yaoundé

BOSSUET

Luc

INRA SADAPT

BOURAOUI

Moez

ISA Chott-Mariem (Tunisie)

BOURDIN

David

Université de Lausanne

BRANDUINI

Paola

Université de Milan

CALLAU

Sonia

Diputació de Barcelona

CHOUIKI

Mustapha

Université Hassan II

CISSE

Cheikh  Tidiane

Université de Genève

COLANTONIO

Rita

 

COLLIOT

Christèle

Chambre Régionale d’Agriculture PACA

CONSALES

Jean-Noël

Université de Provence

DARLY

Ségolène

INRA SAD-APT

DEL BONIFRO

Roberta

Politecnica delle Marche

DELFOSSE

Claire

Université Lyon2 LER

DUBBELING

Marielle

ETC Urban Agriculture / RUAF

DUFOUR

Annie

ISARA Lyon

DUVERNOY

Isabelle

INRA – UMR Agir

FANFANI

David

Dupt – Université de Florence

FARAH

Leila

Université McGill (Montréal)

FERRARIO

Viviana

Universita’ IUAV di Venezia

FOFIRI NZOSSIE

Eric Joël

Université de Ngaoundéré (Cameroun)

FORTIER

Rémi

Chambre d’Agriculture de Seine et Marne

FRAZDI

Emmanuelle

Marne et Gondoire

FROMAGEOT

Audrey

UMR Metafort

GABILLEAU

Typhaine

LARESS ESA Angers

GALLI

Andrea

 

GUEDJE

Nicole Marie

Institut de Recherche Agricole pour le Développement Yaoundé

GUERRINGER

Alain

UMR Métafort

HAMMAMI

Saïda

ISA Chott-Mariem / INA-PG

HAMPARTZOUMIAN

Hélène

Bergerie nationale

HANICOTTE

Violaine

ESA Angers

HIROKO

Amemiya

Centre de Recherche sur la Culture Japonaise de Rennes

HOUMAN

Boubaker

UNESCO (Tunisie)

JARRIGE

Françoise

UMR Supagro – Inra – Cirad

JOIRIS

Véronique

Université Libre de Bruxelles

JOLY

Nathalie

ENESAD Dijon

JOUVE

Anne-Marie

IAMM/CIHEAM

KÉBIR

Leila

UMR SADAPT

LARDON

Sylvie

UMR Métafort Clermont-Ferrand

LAURENS

Lucette

UMR Innovation Montpellier

LE GUEN

Roger

LARESS ESA Angers

LEJOLY

Jean

Université Libre de Bruxelles

LERETRIF

Jeanne

LARESS ESA Angers

LO PICCOLO

Francesco

Faculté d’Architecture de Palerme

LORDA

María-Amalia

Universidad Nacional del Sur (Argentine)

LOUDIYI

Salma

UMR Métafort Clermont-Ferrand

MACCAGLIA

Fabrizio

UMR LOUEST

MARCHEGGIANI

Ernesto

Politecnica delle Marche

MARGETIC

Christine

UMR 6590 ESO – CESTAN

MAROTTA

Paola

Faculté d’Architecture de Palerme

MARRACCINI

Elisa

UMR Métafort

MININI

Maria-Valeria

Dep. ICAR   Politecnico Bari

MELOT

Romain

INRA SAD-APT

MONACCI

F.

Dupt – Université de Florence

MONBUREAU

Barbara

Paysagiste D.P.L.G.

MONDY

B.

UMR Dynamiques rurales (UTM ENSAT ENFA)

MONLLOR RICO

Neus

Universitat de Girona (Espagne)

NAVARRO-GARZA

Hermilio

Colegio de Postgraduados en Ciencias Agrícolas (México)

NDAME

Joseph Pierre

Université de Ngaoundéré (Cameroun)

NGUEGANG ASAA

Prosper

Université Libre de Bruxelles

NIKOLAÏDOU

Sofia

Université Technique Nationale d’Athènes (NTUA)

NOUGAREDES

Brigitte

UMR Supagro – Inra – Cirad

OLIVARES-RODRIGUEZ

Felipe

Colegio de Postgraduados en Ciencias Agrícolas (México)

OLIVIER

Valérie

UMR Dynamiques rurales (UTM ENSAT ENFA)

PARADIS

Sylvie

Ecole d’Ingénieurs de Purpan

PARROT

Laurent

CIRAD département Amis/département Flhor

PASQUIER

C.

UMR SADAPT

PAÜL CARRIL

Valerià

Institut d’estudis territorials (Barcelone)

PELTIER

Christian

LADYSS Paris 1

PEREZ-OLVERA

Ma. Antonia

Colegio de Postgraduados en Ciencias Agrícolas (México)

PERRIN

Coline

UMR Telemme 6570 Aix-Marseille

PILLEBOUE

Jean

Dynamiques rurales  U.T.M.

PLANCHAT-HERY

Claire

UMR Métafort Clermont-Ferrand

POLI

Daniela

Dupt – Université de Florence

QUIBLIER

Gérard

Chambre Régionale d’Agriculture PACA

RAYMOND

Richard

UMR Métafort Clermont-Ferrand

RENARD

Jean

UMR 6590 ESO – CESTAN

RIBAS PALOM

Anna

Universitat de Girona (Espagne)

ROCA TORRENT

Anna

Universitat de Girona (Espagne)

ROUGET

Nicolas

GECKO Nanterre

RUBINO

Adalgisa

Dupt – Université de Florence

RUEGG

Jean

IPTEH-Université de Lausanne

SABATIER

Bruno

UMR Innovation Montpellier

SALAMAÑA SERRA

Isabel

Universitat de Girona (Espagne)

SALOMON CAVIN

Joëlle

Université de Lausanne

SANGIORGI

Franco

Université de milan

SANVITO

Daphne

 

SCAZZOSI

Lionella

Université de Milan

SCHILLECI

Filippo

Faculté d’Architecture de Palerme

SCHWEIGER

Jean-Baptiste

Marne et Gondoire

SEINGIER

Anne

Agricultrice

SEINGIER

Pascal

Agriculteur

SERRANO

José

Ecole Polytechnique de Tours

SERVAIN-COURANT

Sylvie

Université de Tours – UMR6173 CITERES

SOULARD

Christophe

UMR Supagro – Inra – Cirad

STREITH

Michel

CNRS / Laboratoire LADYSS

TASSINARI

Patrizia

Université de Bologne

THAREAU

Bertille

LARESS ESA Angers

TORRE

André

INRA SAD-APT

TROGNON

Laurent

UMR Métafort Clermont-Ferrand

TRUCHET

Stéphanie

UMR Métafort Clermont-Ferrand

VERDELLI

Laura

UMR6173 CITERES

VIANEY

Gisèle

INRA – IAMM

VINCQ

J-L

UMR Dynamiques rurales (UTM ENSAT ENFA)

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